DE L ENTORSE EX GENERAL
saire pour obtenir la disparition de la douleur ou tout au moins son atténuation notable ;
¥ Suivant l'intensité de la douleur ou la gravité de lenlorse on fera une ou plusieurs séances par jour.
La question de la durée de la séance de massage, qui est peut-être la plus unportante, est loin d'être également appréciée par les chirurgiens. Ouesnoy fixe une durée de une heure à une heure et demie, Servier de une heure à trois heures, Rizet d'une demi-heure, Ernoult de Saint-Malo de dix minutes, Reclus d'un quart d'heure. La règle qui consiste à cesser la séance de massage au moment où la douleur a disparu, ou s'est considérablement atténuée, est la plus généralement adoptée. Entre les séances de massage quelques-uns (Lebatard. Magne) (') conseillent aux malades de se servir de leur articulation, dautres au contraire, et ce sont les plus nombreux, recommandent de garder le repos absolu jusqu'à la disparition complète du gonflement.
On a proposé un certain nombre de théories pour expliquer les heureux elïets du massage (-). Ou'il nous suffise de dire que ces etfets sont incontestables et que. « tandis que la durée moyenne du traitement a été de quinze jours quand on a eu recours à la glace, à leau froide ou aux mélanges réfrigérants (Baudens), de dix jours lorsqu'on s'est servi du bandage inamovible de Burggraeve, elle n'est plus, quand on emploie le massage, que de c^uatre jours et demi pour Ouesnoy, de sept jours pour Servier (dans des cas d'entorse très grave), de trois jours et demi pour Lebatard, et enfin de trois jours pour Rizet » (Panas) ('■).
D'ailleurs il est, on le conçoit, impossible d'assigner une durée exacte au traitement. Suivant la gravité de l'entorse, suivant le moment auquel on commence le traitement, les résultats varieront, et rien de fixe ne peut être formulé, si ce n'est que le massage donnera des effets moins rapides mais encore très salutaires lorsque l'entorse s'accompagnera d'un léger degré d'arthrite.
Cette méthode ne doit donc pas être repoussée dans les cas où le chirurgien appelé auprès du malade au bout d'un temps déjà assez long trouve la jointure tuméfiée et douloureuse, mais les manipulations doivent alors être faites avec la plus extrême prudence.
B. Méthode de l'immobilisation. — La deuxième méthode de traitement, la plus communément employée, il faut bien le reconnaître, consiste dans l'immobilisation de la jointure. Elle est obtenue de bien des manières : on place le membre malade dans une gouttière de fil de fer, et on recouvre en même temps la région de compresses imbibées d'un liquide résolutif (eau blanche, alcool camphré, sac de glace), ou bien le membre est emprisonné dans un appareil inamovible, plâtré ou silicate.
Plus souvent encore on applique l'appareil ouaté de Burggraeve qui associe à l'immobilisation la compression faite sur la région malade.
Dans ces derniers temps Marc Sée {Revue de chirurgie, 188i) a conseillé
(') Magnk, Gaz. des hôpitaux, I85G.
(-) MossENGEiLT, Arch. fiiv klin. CItir.. XIX. 1876.
(^) Art. AnTicuLATiONS du Dictionnaire de méd. et de chir. jri'atiques, p. 'iQi.