‹ Traité de chirurgie (volume 4)Chapitre 130 sur 162 · KYSTES DERMOÏDES DU CRANE · texte numérisé non relu

KYSTES DERMOÏDES DU CRANE

inique, rudiment des centres nerveux, un groupe de cellules appartenant au revêtement épiihélial de la gouttière, c'esl-à-dire l'ectoderme reste enclavé, au milieu du feuillet moyen, dans le plan de soudure. C'est lui qui. en se développant, forme la tumeur dermoïde, de la même manière que l'îlot, resté anormalement dans le trajet d'une fissure embryonnaire de la face, produit le kyste branchial. A cette origine appartiennent non-seulement les kystes du breg-

ma qui nous occupent, ^^ ^ %CS \jf'V ^^1 ^/a\

mais aussi ceux de la gla- ffiifr^4'^\t '\ ^BL> ' ^ ''

belle et de l'inion, et ; i F ÎV -^ >!" ■"''^^, } ^fc\

même ceux qui sont si- . i if L 1 jd^^JJ!' . / „^ \ tués à la face interne de i\\ \ \ . 'v,- -^^ ' "

la dure-mère, tous ces i%\\ \^V«'^w'^ ■^ m^:^^^^ m n rmnim^*!

kystes sont situés sur la %%^ \''"»r''^J'* "- ' ! 1^)^ ^^Qfv/ *M ^^■>^'>!/

ligne médiane, particula- %mX^*V..„^^'fe=i====*=iu..^'^>:•'^^ %., -^/'Z-

rite qui est en rapport mm>?5

avec leur pathogénie. » «vp™ -«i&^t..-<=,^ ,-^.,,.,„„,„^

(Lannelongue, loco ciL, ''^'^'■^ ^

M . Lannelongue a cher- ^ '''^^''''^'^^KK^^Ê'^ll'^v

ché aussi à expliquer, pourquoi les kystes der- ^

, .1. 1 1 Fie. 221. — Kvsle dermoïde endo-crànicn. (Lanneloni,Mic.)

moïdes médians de la . , , , ... „ • •. , r. • ,• , . , . ,.

A, kyste dermoïde. — B, occipital. — C, pédicule médian qui relie voûte du crâne se mon- le kyslcendo-crànicn aux os. et l'occipilal au cuirclievelu.

trent de préférence en

certains points sur le bregina, l'inion et la glabelle, et pourquoi les kystes extra-crâniens siègent le plus souvent au voisinage du pressoir d'Hérophile, c'est-à-dire en face de l'inion.

Les trois régions indiquées correspondent aux points de rencontre des pièces osseuses du crâne, aux points de la ligne médiane, dont l'ossification se fait plus tardivement; il repousse l'hypothèse d'après laquelle on suppose que ce.'^ îlots ectodermiques, enclavés sur la ligne médiane, sont étouffés, pour ainsi dire, là où l'ossification est précoce, et qvi'ils rencontrent, au contraire, des conditions plus favorables à leur développement dans les régions fontanellaires dont l'ossification est plus tardive. « Nous croyons plutôt que le travail de formation des os a pour résultat de repousser les îlots enclavés, et de les reporter vers les espaces fontanellaires », opinion, que M. Lannelongue appuie sur la disposition d'une pièce anatomique de kyste dermoïde intra-crânien.

Symptômes. — Il s'agit d'une affection congénitale, mais qui, à l'exemple des kystes congénitaux, des autres régions, peut ne se révéler et ne s'accroître qu'à un âge très avancé, puisque la malade observée par Picard avait soixante et onze ans ! Mais c'est là un exception ; dans ce tableau est relevé l'âge des malades, d'après :

Giraldès 5 mois.

Arnolt. S —

Lannelongue 10 —

Ollior. i ans.

I,;uiiicloiimio 5 —

Wiaiiii cl XcMircnter, Eulel t» —

Lcnoir 17 —

Condaiiiiii -U\ —

Heiiikviux ,"(■> —

Ollicr iulullc

Au point (le vue du sexe, ces observations se balancent, puisque nous trouvons 8 garçons et 7 filles; le sexe du troisième malade d'Ollier n'est pas indiqué.

Le caractère le plus important de ces kystes est leur sièg-e constant, sur la fontanelle antérieure, à la partie supérieure et médiane du front, près de la suture sagittale.

Nous n'insisterons pas sur les particularités dévolution de ces kystes, quils partagent avec toutes les tumeurs congénitales; petit volume à la naissance, ne se révélant souvent que plus tard à l'occasion d'un traumatisme, auquel les parents attribuent le méfait, accroissement lent, graduel, ou par poussées actives (influence quelquefois réelle de la première enfance ou de la puberté. Heurteaux). Mais il y a cependant un i-apport à établir entre làge du sujet et le volume de la tumeur; si, chez les enfants, la tumeur a la dimension d'une amande, d'une noix, d'un œuf de pigeon, les comparaisons ne sont plus les mêmes chez l'adulte, où le kyste est comparé à une grenade (Spring), au poing (Picard), à un œuf d'oie.

Le kyste forme une tumeur arrondie, sphérique ou ovoïde, à surface uniforme, caractère commun à toutes les productions de ce genre. Ce kyste, libre dans ses deux tiers, s'applique par son troisième tiers sur la calotte crânienne à laquelle il adhère sans mobilité latérale, et dans laquelle il semble s'enfoncer, sans avoir aucune tendance à se pédiculiser (Lannelongue).

En explorant avec le doigt cette base adhérente, on sent au pourtour un bourrelet osseux.

Celte tumeur, sur laquelle la peau normale glisse facilement, est de consistance molle, tantôt fluctuante, tantôt rénilente, suivant la distension plus ou moins grande de la poche; transparente lorsque son contenu est liijuide. plus souvent opaque (7 fois sur l!2). — elle est constamment et complètement irréductible, et il faudra rechercher ce caractère avec d'autant i)lus de soin. <|u'il servira à sé[)arer les kystes dermoïdes, tumeurs indépendantes des méninges, des méningocèles.

Les kystes dermoïdes ne présentent pas de pulsations .vphks uix mois, c'est-àdire après le rétrécissement ou la fermeture de la fontcnielle antérieure, qui les isole de la dure-mère. Avant celte période, ils peuvent être soulevés par les pulsations de la fontanelle antérieure (cas d'Arnoll, de Lannelongue), qui sont la règle dans les premiers temps qui suivent la naissance.

Cette interprétation judicieuse appartient à M. le professeur Lannelongue.

Ces kystes n'occasionnent jamais de troubles cérébraux, et les douleurs locales ne se montrent qu'au moment des poussées d'accroissement, ou à l'occasion de complications infl-unuialoires.

Diagnostic. 11 faut éviter de confondre un kyste d(;rmo'ïde avec une méningocèlc; les jtriucipaux éléments du diagnostic se tirent :

CKPII ALÉMATUME . 605

a. Du siège de la lumeur : les encéphalocèles cl les méningocèles s'observent sur la lii^nc médiane, en arrière depuis l'inion, jusqu'au Irou occipital, et assez souvent en avant, au niveau de la racine du nez : mais ils .so/if exceptionnels au verlex, soit sur la suture sagittale, soit au niveau du bregina et à la partie supérieure du frontaL siège d'élection des kystes dernioïdes.

b. De V irréductibilité absolue de la tumeur et de l'absence complète de phénomènes cérébraux, sous Vinfluence de la compression, caractères propres, au contraire, aux tumeurs en communication avec la cavité crânienne.

c. Du volume de la tumeur au moment de la naissance. — Les kystes dernioïdes peuvent passer inaperçus pendant longtemps, tandis que la méningoencéphalocèle est;3rcs(7i^e toujours évidente chez le nouveau-né, et s'accompagne iY adhérences et d'amincissement cutané.

d. De la p>onction exploratrice. — Heurteaux put reconnaître, par ce moyen, le contenu sébacé du kyste; mais Giraldès, retirant d'une tumeur crânienne un liquide limpide contenant une quantité notable de chlorure de sodium, conclut à l'existence d'une méningocèle, alors qu'il se trouvait en présence d'un kyste.

La ponction exploratrice est donc ici un moyen infidèle, et qui en cas de wémn^ocè/e n'est pas inotTensive.

Traitement. — Le seul traitement à appliquer à ces kystes est leur ablation totale.

A quel moment faut-il intervenir?

Il y a tout avantage à attendre la diminution de l'espace fontanellaire, et que l'enfant se soit développé; Giraldès a opéré son malade à six mois, sans aucun accident; M. Lannelongue a opéré à dix mois, sans aucun inconvénient ; nous dirons donc que le kyste peut être enlevé de très bonne heure, mais qu'il vaut mieux attendre, pour intervenir, que l'enfant ait un an environ.

Nous n'avons qu'une remarque à faire au point de vue opératoire : il faut enlever toute la poche, et ne pas imiter Athol Johnson, qui, par crainte de blesser la dure-mère, qui était à nu et adhérente au kyste, laissa une petite partie de la paroi au centre de la dépression crânienne .

Agir ainsi, c'est ne pas se rappeler la puissance végétante d'une parcelle de la paroi des kystes dermoïdes, et c'est courir au-devant d'une récidive. Les précautions antiseptiques sont dans ce cas rigoureuses.

Page 1