‹ Traité de chirurgie (volume 4)Chapitre 139 sur 162 · DÉTERMINATION DES CENTRES PSYCHO-MOTEURS · texte numérisé non relu

DÉTERMINATION DES CENTRES PSYCHO-MOTEURS

la calotte crânienne, nous les avons dénommés sinus découverts ou accessibles (').

Le sinus longitudinal supérieur suit la ligne sagittale et s'étend d'avant en arrière de la bosse nasale du frontal, à la protubérance occipitale externe; la ongueur de ce sinus est en moyenne de o2 centimètres. Sa largeur moyenne, d'après Poirier, est de i centimètre, mais cette largeur est triplée par la présence des lacs sanguins et des confluents veineux placés sur les côtés du sinus. Donc les appareils de trépan devront toujours être placés, à moins d'indication spéciale, sur les côtés de la ligne médiane antéro-postéricure, au moins à 1 centimètre 1/2 de cette ligne (Poirier).

Le pressoir d'IIéropltile, point de jonction des sinus découverts, correspond à la protubérance occipitale externe; il rayonne dans l'étendue de i centimètre J/2 environ autour de la protubérance (Gérard Marchant, loc. cit.).

Le sinus latéral n'est accessible au chirurgien (pie dans sa portion fiorizontale; celle-ci a « en moyenne de 7 à 8 centimètres pour chaque côté; elle répond intérieurement à la protubérance occipitale interne d'une part, et d'autre part à la base de la pyramide qui constitue le rocher; son trajet peut être dessiné extérieurement par une ligne à peu près horizontale, s'étendant de l'inion à la base de l'apophyse mastoïde. Dune façon plus précise encore, on peut dire que la direction de l'arcade zygomatique prolongée en arrière, rencontre parallèlement la portion droite du sinus latéral; cette ligne passe à 1 centimètre 1/2 environ au-dessus du conduit auditif externe. Pour avoir le point précis, où la portion droite du sinus latéral se continue avec la portion verticale, il suffit de prolonger verticalement en haut la pointe de l'apophyse mastoïde; à l'union de la rencontre de cette verticale mastoïdienne, avec Ihorizontale zijgon}atique, correspond la partie intermédiaire aux deux portions horizontale et verticale des sinus droits. » (Gérard Marchant, loc. cit.).

La largeur du sinus latéral est de i centimètre 1/2.

B. Rapport du thonc di-: l'ahtère amîmxgée avec l'exocrane et le crm CHEVELU (^). — Sur l'apophyse zygomatique, à égale distance du bord postérieur de l'apophyse montante du malaire et du trou auditif, élever une perpendiculaire, trépaner sur cette perpendiculaire, à 5 centimètres au-dessus de l'apophyse zygomatique (fig. 227, Mm).

La rondelle osseuse devra être détachée avec beaucoup de précaution, à cause du parcours intra-pariétal de l'artère à ce niveau; autant que possible, les deux bouts de l'artère seront liés, car le bout périphérique est uni à la branche postérieure par de nombreuses et larges anastomoses (Poirier).

C. Rapport des centres de localisation avec l'exocr.\ne et le cuir chevelu. — Après avoir tracé la ligne naso-lambdoïdienne et la ligne rolandique. bien peu de points du cerveau échappent à une détermination précise, qui sera faite extemporanement avec la plus grande facilité.

Prenons pour exemple, avec Poirier, les centres co)inus :

(') Gérard-Marchant, Des cpanchements sanguins intrd-crnniens consécutifs au Iraumalis7ne, p. 12 et 13. Thôse do Paris. 1881.

(^) Il est exceptioncl d'avoir à lier le tronc de l'artère méningée moyenne, les cpanchements de la zone dccolluble prenant leur source dans la lésion d'une des branches. (Voy. é.panchemenls sanguins.)

648 TOPOGRAPHIE CRANIO-CKREBRALE.

Membre inférieur. — Tiers supérieur de la ligne rolandique, en ayant soin de se tenir à 2 centimètres de la ligne médiane, pour éviter le sinus et atteindre le cerveau en un point qui permettra d'explorer le bord de l'hémisphère et le lobule paracentral (en Ml, fig. '■1^1).

Membre supérieur. — Tiers moyen de la ligne rolandique. de façon que la couronne empiète un peu plus en avant qu'en arrière de la ligne (en Mti, fig. 527). Une couronne conliguë à celle-ci et placée en avant découvrirait le centre des mouvements de l'écriture (pied de la deuxième frontale, agraphie).

Face. — Langue. — Tiers inférieur de la ligne rolandique, en prenant comme centre l'extrémité môme de la ligne (en F, fig. l'H). Une couronne contiguë et placée en avant, découvrira entièrement la partie postérieure de la troisième frontale.

Lobe temporal. — Entre la ligne sylvienne et le conduit auditif, très près de la ligne sylvienne, si l'on cherche le centre de la mémoire, des sons, de la parole (surdité verbale); juste au-dessus du conduit auditif, si l'on soupçonne un abcès dans le lobe.

Pli courbe. — Centre visuel. — Sur la ligne sylvienne, à 6 centimètres du lambda (en Pc, fig. 2:27).

Lobule du pli courbe. — Sur la même ligne, à 9 centimètres du lambda, la couronne sera placée juste au-dessus de la ligne (en LPc, fig. 227).

Le sinus latéral suit la ligne qui va du trou auditif à l'inion; au-dessus de la moitié antérieure de cette ligne, c'est encore le lobe temporal; au-dessus de la moitié postérieure, c'est le lobe occipital, et ces deux lobes sont limités en haut par la ligne naso-lambdoïdienne.

Cervelet. — Au-dessous de la ligne allant du trou auditif à l'inion, mais à 1 bon centimètre au-dessous de cette ligne, pour éviter le sinus latéral, c'est le cervelet. Plus pratiquement encore, joindre par une ligne droite le sommet de l'apophyse mastoïdc à la protubérance occipitale externe, et trépaner au milieu de cette ligne; il faudra traverser une couche musculaire assez épaisse, mais l'ouverture répondra à la partie centrale du cervelet, et au point déclive de la fosse cérébelleuse ('). (Poirier).

(•) On sait i\\\c dcimis Hi-oca Tapliasio a éti- divisée on (|iiali-(> t'oriucs. ui'àcc surtout aii.x travaux de <;iiarcol, .Ma^iian. \'eriiii<(\ Ixussniaui.

.Surdilé vcrliale. — Le malade parle, lit. éerit, entend, mais ne ((iniprcnd i>as; il a pi'rdu la mémoire des sons de la parole.

Ccrilé verbale. — Le malade entend el comi>rend le langai^e i)arlé; il jiarle bien, il peut même écrire, machinalemenl. mais il ne peut lii-e ni ce (pi'il a écrit, ni l'imprimé, niianl perdu la mémoire des for)nes des lettres, et des mots èrrils ou ÏDipriiués; ce centre^ (>sl [ilacé vers le tiers antérieur de la deuxième cireonvolulion pariétale irauclu» (lol)ule pariétal iid'érieui").

Aijrapliie. — Le malade paile. entend, lit. ]ieid mèmi' copier un mot coimne il co|)iei'ail un dessin, mais il est ineapalile d'é<'rii'e, ayaut )>enh( la mémuire des mouveun^nts de l'érriture (pied de la deuxième frontale trauehe).

Aphéinie. — Le malade comprend le lani^agc parlé, il lit, éerit, émet (piehpies sons, mais il ne |)Cut plus jjarU'i", ayant perdu la taénioirc des mouvement na'llu)di(jues et ruordoiinés,(iui eorrespondenl à la syllahe rherehée; ce centre a son sièt^e dans le tiers postérieur de la Iroi- .sième circonvolution frontale gauche (Poirier).

Page 1