‹ Traité de chirurgie (volume 4)Chapitre 155 sur 162 · SYMPTOMES DE EA SCOEIOSE · texte numérisé non relu

SYMPTOMES DE EA SCOEIOSE

émet la mèinc opinion; la statistique de Kœllikcr(-) dénionlre le même lail. La fréquence très grande de la scoliose dorsale droite primitive s'explique par ce t'ait que la colonne vertébrale présente normalement, au niveau des ô'", A^ et o^' vertèbres dorsales, un point faible, répondant à lalTaissement de la partie latérale gauche des vertèbres produit par le passag-e de l'aorte. Cet allaissement des corps vertébraux du côté gauche donne au rachis lapparence dune courbure latérale à convexité tournée à droite; aussi a-t-on créé, pour désigner cette disposition, l'expression de :^roliose jjlnj!<iolo;/i(jife. On a discuté sur la cause du phénomène; Bichat et Béclard lont attribué à la prédominance d'action du membre supérieur droit sur le gauche; d'autres, comme Sabatier et Cruveilhier, attribuent cette disposition au passage de l'aorte. Ce qui démontre que telle est bien la véritable étiologie, c'est que, dans les cas de transposition des viscères, on trouve l'alïaissement vertébral du coté droit. Quoi qu'il en soit, la prédominance d'action du membre supérieur droit nous paraît pouvoir être invoquée pour expliquer la fréquence plus grande de la convexité du côté droit. Bouvier, fai.sant allusion à ce fait, dit que, dans la scoliose rachitique survenant pendant la première enfance, la convexité de la courbure s'observe presque indilféremment à droite ou à gauche. Plus tard, au contraire, les jeunes gens se servant de plus en plus du membre supérieur droit pour l'écriture et pour les4ravauxj)rofessionnels, c'est à droite que se dirige la convexité de la courbure dorsale primitive, du moins dans l'immense majorité des cas.

Comparées aux deux formes que nous avons surtout étudiées, la scoliose dorsale droite et la scoliose lombaire gauche, les autres formes ne constituent plus que de rares exceptions. D'après la statistique de Drachmann. la scoliose dorsale gauche ne représente que 7,9 pour 100, et la scoliose lombaire droite que 2,1 pour 100, de toutes les formes observées.

Symptômes fonctionnels. — Déjà nous avons signalé la tendance à la fatigue, les troul)les chloro-anémiques qui marquent souvent chez les jeunes filles le début de la scoliose. Il peut s'y joindre quelques douleurs rapportées par les malades, soit à lépaule répondant à la convexité de la courbure, soit aux espaces intercostaux. Mais ces douleurs, dues au tiraillement ou à la compression des éléments anatomiques. sont loin d'être assez fortes pour éveiller l'idée d'une alTection inllammatoire. C'est seulement lorsque s'exagèrent toutes les déformations auxquelles donne naissance la scoliose qu'on voit apparaître des troubles fonctionnels sérieux. Ils portent principalement suila respiration et sur la circulation. La diminution de capacité de la cavité thoracique gêne la circulation pulmonaire: il en résulte un besoin de respirer plus fréquent, une accélération du rythme respirr.toire. Quand la gibbosité est considérable, les malades ont l'haleine courte, ils sont essouftlés au moindre effort. De là, une prédisposition spéciale aux alVections l»ronchiques et pulmonaires, et une gravité plus grande de ces allectious, quand elles viennent à se montrer. De là aussi des modifications importantes dans les résultats fournis par la percussion et l'auscultation. Au niveau de la gibbo-

(') SciiREiBER, -•l//(/e»iejnr' und speciellc orthopadit^clic i'hir.. 1888. p. 11".

silé dorsale, la inalilé est eoniplète et le bruit respiratoire est conii)lètemenl efTacé.

Celte gène de la circulation pulmonaire retentit nécessairement sur le cœur; aussi observe-t-on souvent la dilatation des cavités cardiaques droites chez les bossus. La gêne <le la circulation se traduit par des palpitations fréquentes, de l'oppression, des douleurs précordiales. A l'auscullalion, les battements du cœur sont ])lus superficiels, plus forls et se t'ont entendre dans une étendue plus grande (pi'à l'état normal. Les troubles circulatoires entraînent parfois à leur suite des lésions organi(iues graves du cœur. Les fondions digestives sont elles-mêmes troublées, du fail de la compression éprouvée par les viscères abdominaux, par le foie en particulier. Souvent la nulrition est languissante et les malades soni amaigris. Parfois la compression des nerfs spinaux détermine des douleurs intercostales.

Diagnostic de la scoliose. — Lorsque la scoliose est déjà arrivée à un grand déveloj)pcment, lors([u'elle se compli({ue des déformations auxquelles donnent naissance la torsion des côtes et l'ad jonction de courbures secondaires, le diagnostic ne présente point en général de difficultés. Si l'on est appelé au contraire à examiner le mal tout à fait au début, il n'en est plus de même, et il faut un examen attentif pour ne pas laisser passer inaperçus les premiers degrés de la difformité. Le dos du malade à examiner doit être placé en pleine lumière, les vêlements sont attachés autour de la taille de façon à laisser à découvert les crêtes iliaques, les cheveux sont relevés sur la nuque, les bras tombant naturellement sur les côtés du tronc ; les deux membres inférieurs doivent appuyer également à terre, les talons rapprochés l'un de l'auti-e, la pointe des pieds tournée en dehors. Placé derrière le dos du malade ainsi disposé et bien éclairé, le médecin peut alors se rendre com[)te des moindres imperfections existant, soit du côté du rachis lui-même, soit du côté du bassin, des épaules et de la cage thoracique.

Comme le font très bien observer Bouvier et P. Bouland, deux cas peuvent se présenter : i" ou bien, la série des apophyses épineuses ne présente pas de courbure sensible; 2" ou bien les apophyses épineuses décrivent une ou jdusieurs courbvwes.

De ce (pi'il n'y a pas de déviation apparente des apophyses épineuses, il ne faudrait pas se lulter de conclure que toute trace de scoliose fait défaut. Déjà, en eiTel, il peut exister un certain degré de torsion (pii se traduit par le soulèvement des côtes, la projection de l'omoplate du côté de la convexité, des déformations di' la région antéi-ieure du thorax. Afin de bien mettre en lumière le moindre délaul (\c symétrie entre les deux moitiés correspondantes du thorax, il convient d'engager le malade à porter l(>s bras en avant, en embrassant avec la main le moignon de l'épaule du côté opposé. De cette façon, les omoplates étant projetées en a\aMl et en dehors, la face postérieure des côtes est mise à nu dans la |)lus grande paili(> de son étendue, et l'on peut se rendre aisément eoiii|)le du relief inégal foi nié |)ar les deux moitiés postérieures du llior;i\. Il ne l'iiut pas non pins négliger de eompai-(M- la hauteur des deux omoplates, r\ la saillie foi-inée par l'angh^ inféri(Mir de ces d(;ux os. Le défaut d'asymétrie des deux moitiés postérieures du thorax

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