‹ Traité de chirurgie (volume 4)Chapitre 22 sur 162 · LUXATIONS IIKCIDIVANTES DE L'ÉPAULE · texte numérisé non relu

LUXATIONS IIKCIDIVANTES DE L'ÉPAULE

Les exemples de luxations récidivantes ne sont pas rares. Les variétés extracoracoïdiennes et sous-acromiales sont particulièrement sujettes à la récidive. Dupuytren aurait réduit à un de ses élèves une luxation de l'épaule plus de 100 fois. Le Fort (') a rapporté l'histoire d'un malade qui en était î\ sa 72" luxation, et nous avons soigné l'an passé un épilepticpie qui ne comptai! |>lus le nombre de ses luxations, certainement supérieur à 80.

On a expli<iué de dilVérentes manières la frécpience des récidives : 1" on l'a attribuée à la laxilé plus grande de la partie antérieure de la capsule articulaire cicatrisée; ti" à la fracture du rebord aidérieur de la cavité glénoide ou d une portion de la sphère humérale, (pii permettrait le glissement et le déplacement de cette dernière, sous l'influence la plus légère (Bardenhcuer); .")"■ à une largeur anormale de la communication entre la bourse séreuse du sous-scai)ulaire et la cavité articulaire: la tète s'échapperait par cet orifice de dimensions exagérées (Hoser); 4" à l'arracluMnent

(') I,i: l'oiiT, liull. de lu Sur. de. diir., 1880, \). 491.

«les insertions huméralcs des muscles sous-épineux et petit rond (Jossel) (').

Les muscles rotateurs de lliumérus en dehors étant désinsérés, ne contrebalanceraient plus l'aclion du sous-scapulaire devenue prédominante, et la tète serait ainsi facilement déplacée en dedans. Jossel exj)lique de môme la récidive de la luxation sous-acromiale par l'arrachement et la déchirure du tendon du sous-scapulaire. '

Avec Broca et Hartmann nous pensons que la luxation récidivante est une luxation extra-coracoïdicnne, caractérisée par un large décollement capsulopériostique au-devant de la cavité glénoïde. Après réduction, ce large décollement se reproduira facilement si le malade se sert trop vite de son membre, el la tête humérale, oscillant dans une cavité articulaire trop large, se luxera dès qu'un mouvement d'abduction et de rotation externe amènera la partie ])osIérievu'e de son col anatomique au-devant du rebord glénoïdien.

dette hypothèse repose sur ceci : dans la plupart des arthrotomies failes pour combattre des luxations récidivantes, la capsule n'a pas été trouvée déchirée, mais intacte et agrandie par im décollement capsulo-périoslique audevant de la cavité o-lénoïde.

Anatomie pathologique. - On a constaté l'arrachement plus ou moins èlondu des muscles sous-épineux et petit rond dans les luxations extra-coracoïdennes, du muscle sous-scapulaire, dans les sous-acromiales, l'aôsence de ilochirure sur la capsule articulaire dans les deux cas. Enfin la lésion particulièrement intéressante de celle variété de luxation est une encoche à bords (juelquefois mousses, souvent taillés à pic, qui siège sur la tête humérale, immédiatement au-devant du segment postérieur de son col anatomique (luxations extra - coracoïdiennes ) «»u sur son segment antérieur (luxations sous-acromiales) ; la perte de substance faite à la tète de l'humérus ressemble tout à fait à celle que l'on produit en coupant une tranche de melon. Cette encoche s'engrène avec le bord glénoïdien antérieur el est probablement due aux mouvements exécutés par la tète sur ce rebord (ils provoquent la résorption de la substance osseuse qui appuie sur lui). Celle encoche, déjà signalée par Malgaigne et Sédillol, a été particulièrement étudiée par Popke (-), et est mentionnée par la plupart des chirurgiens qui ont traité des luxations récidivantes. On conçoit qu'une fois produite, l'encoche facilite encore la reproduction de la luxation.

(') Jossel, Deutsche Zeitschrift f. Clni-urtj., 1S80, vol. XIM, |i. 107.

(■-) Popke, Zur Kasalst. vnd The.np., rie. Halle, 1882. Dis.serl. iiuuif,'.

Épaule itauclic

FiG. i'.t. - Luxation exira-coracoïdiciiiic rccidivanlc. (coupe hori/.oiilalo).

T, Iric Iniiiirralc. — G, ravilé fjléiioïdp. - n, coulisse hicipilnlc. — P, périoste dctaclic continu avec G portion antérieure de la capsule. (Broca el Hartmann. I

144 I,UXATIONS.

Traitement. — Pendant fort longtemps on n"a rien fait pour combattre rinfirmilé que constitue une luxation récidivante. Ou bien on a eu recours à des procédés qui, réussissant quelquefois, étaient le plus souvent impuissants. Tels sont l'usage des appareils ortJiopédiques et Y ignipuncturc .

Ces moyens sont généralement abandonnés aujourdhui ; on chercbe à modilier directement l'articulation. On a fait :

1" Des injections modificatrices dans la cavité articulaire. Oenzmer (') lit dans deux cas des injections de teinture diode pure dans la jointure:

2" L'excision d'une portion de la capsule de fac-on à la rétrécir ((iersler) (^);

5" La soudure des deux surfaces articulaires par arthrodicse. Albert (^) fit ainsi l'ablation du cartilage de la tête et de la cavité glénoïde au ciseau, puis sutura les extrémités osseuses avec un tendon de kanguroo.

4» Enfin la pratique généralement adoptée est la résection de la tête luimérale. Cramer (^), Volkmann (^), Kûster (^), Lobker ('), Jœssel, y ont eu recours. Les résultats obtenus dans ces différents cas ne furent pas égaux. Nous avons pratiqué l'an passé une résection dans des conditions analogues, et notre résultat reste fort médiocre : les mouvements sont très limités.

Classiquos. — Malgakim;, Tinilé dos luxations. — Demck, I^ingald, art. Colde dos Dictionnaires (**).

On décrit sous ce titre deux catégories de luxations absolument ilislinctes.

L'une est représentée par le déplacement simultané des deux os de l'avantbras sur l'humérus, c'est à proprement parler la lu.i-dliun du coude. L'autre comprend les luxations isolées du radius et du cubitus.

Nous pensons que l'étude des luxations du coude peut être divisée de la manière suivante :

Variétés conunti nés

idiroctoinonl en aiiioro.

on ariiôro ol on dehors, on arriôrc ("l on dodans.

1" Luxations des deux os de

LAVANT-iiHAS SUR LE BiiAS. . \ l'nrictés cxrcptionnellcs

, ,. , , { coinplôtos.

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