‹ Traité de chirurgie (volume 4)Chapitre 47 sur 162 · MÉCANISME · texte numérisé non relu

MÉCANISME

plus haut cl prendre la position de la luxation iliaque (luxation dorsale proprement dite de Bigelow) (fig-. 100).

Dans cette variété, la tête fémorale est placée en arrière de la partie supérieure de la cavité cotyloïde et sa circonférence déborde légèrement le somme! de l'échancrure sciati(pie. La cuisse est étendue et en rotation inlerne. L'as, cension de la tète derrière le cotyle, permise par la déchii-ure Ac rohturaleur interne et de la partie postérieure de la capsule, relâche en eifet le faisceau vertical du ligament en Y et l'extension est dès lors possible. Mais le faisceau Iransversal reste toujours tendu et commande toujours la rotation interne.

Variétés excicptionnellks. — 1° On peut cependant, dans la luxation iliaque, observer exceplionnellement Vea'tension avec rotation en deliors du membre. (Vest une forme extrêmement rare qui s'accompagne de la rupture du faisceau transversal du ligament en Y.

!2" Avec déchirure du faisceau transversal, la cuisse peut encore prendre une attitude telle que le membre luxé croise transversalement celui du côté sain, et la luxation est dite ohlic/ue antérieure. Il faut pour cela (jue la force ([ui a produit le déplacement en arrière continue son action, et [jrojette en haut la cuisse comme pour l'amener au-devant de la symphyse, dans une direction perpendiculaire à celle du membre sain. Le faisceau Iransversal du ligament en Y alors partiellement rompu permet au membre de prendre cette direction et de s'incliner légèrement en dehors (fig-. 107).

La déchirure de ce faisceau n'est cependant pas absolument foicéc, et la luxation oblique antérieure peut se voir avec une simple éraillure de ses fibres.

Un degré de plus dans la violence et ^

nous aurons la luxation sus-épineuse. f

Le faisceau externe du ligament en Y est rompu. La tête de l'os a été chassée

Fig. 107. — Luxation obli(iuc aiiléiicurc. Fio. 108. — Luxation sus-épineuse

H, faisceau li-ansversal oraillc. (Hinclow.) A, laisceau vertical refoulé parle col (pii esl à

clieval sur ilui. — B, portion externe du faisceau transversal rompu. (Higelow.)

au-dessus et en dehors du ligament en Y, et le col du fémur est resté à cheval sur le faisceau vertical qui seul a résisté à leiïort. Le membre est demi lléchi et en légère rotation externe (fig-. 108).

I^>. Luxations en dedans obturatrices et pubiennes. — La luxation en l)as

avec déplacement de la tôle vers la branche ascendante de l'ischion, ou luxation jxh'inéale. en représente le premier terme. Mais il est rare que la tôle conserve cette position, et l'extension consécutive imposée au membre conduit la télc au-devant du trou obturateur ou plus haut, et nons avons les luxations obturatrices ou pubiennes.

Luxations obturatrices. — La tcte du fémur sortie toujours par le même point, en déchirant la portion inférieure de la capsule articulaire, s'est portée en haut et eu avant lorsqu'on a cherché à étendre le membre, et est venue se placer au niveau du trou ovale (fig. 109).

La résistance de la portion antérieure de la capsule qui n'a pas été déchirée et le point d'appui que la tête prend sur le bord antérieur de la cavité cotyloïde la maintiennent dans la fosse ovale et l'empochent de remonter plus haut.

Vu.. 10'.'. - r,iix;ilion f(l)l(ir;ili-ii-c.

A, r.-iiscciiii Milic.il. — R, faisccnii transversal. — C, ))Or(l (le la docliiriirc capsiilairc. La portion anlérienrc de la capsule noîi décliiréo liniilc l'asrcnsifin dn col. (l5ij,'elo\v.)

I''n.. 110. — Luxation piiliiennc.

A. laisccaii v<ili<al.— 1$, faisceau tran-^N l•r■^,ll.

Le nicnd)re est alors lléchi parce (pie le faisceau verlieal du lii^amenl en Y tendu au maximum ein|)èclie le col de s'abaisser si la lèle ne remonle i)as (et iiotis venons de voit- <|tie la jxulion aulériettic de la capsule non déeliiive eiiq)èche celle ascension) la cuisse est en rolalion exienie imposée par la tension <h's muscles })elvi-trochanlériens vt de la |)ailie postérieure de la caj)sule nul) (lccliir(''c.

I.i'j-ati.o)! j)i//>iciiiK'. l'ii<> décliiruic itib-fcssaiil la |)orlioii aiiléro-inlerne

SYMPTOMES. 213

(le la capsule articulaire permet à la tète fémorale de s'élever plus haut, elle; vient alors se placer au devant de la branche horizontale du pubis et le membre est dans lextension, l'abduction et la rotation externe (fii^'. llOj.

La variété exceptionnelle sok s -épineuse dans laquelle la tête fémorale repose sur le bord supérieur du cotyle, juste au-dessus de l'épine iliaque antérieure et inférieure, s'accompagne de la déchirure de la capsule à ses insertions supérieures et internes, la tête soulève et repousse en dehors le lig-ament en Y.

Tels sont les ditïerents groupes de luxations régulières établies par Bigelow, ils représentent à coup sûr la très grande majorité des cas.

Li(xatio)is régulières prinulivcs. — Il est cependant un certain nombre de luxations dorsales, obturatrices ou sus-cotyloïdiennes dans lesquelles le déplacement de la tête vers la région qu'elle occupe est jjrimitif. C'est ainsi qu'on voit la tête fémorale écorner le rebord postéro-externc du cotyle, et déchirer ou désinsérer la capsule en ce point, pour se porter directement vers la partie supérieure de la grande échancrure sciatique. C'est alors une luxation iliaque primitive. De même, la tète violemment poussée en arrière peut émerger entre le pyramidal et l'obturateur interne (') ou au-dessus du pyramidal (') en rompant directement la capsule en arrière et en bas. C'est encore une luxation ischiatique primitive. Dans cette dernière position, la contraction des deux muscles (jui étranglent le col anatomique oppose un réel obstacle à la réduction.

Des luxations primitives obturatrices ou pubiennes ont aussi été rencontrées dans les mêmes conditions. Anatomiquement ces luxations primitives ne diffèrent des luxations régulières ou secondaires de Bigelow que par le siège de la déchirure capsulaire ; variable pour elles, comme le point où se concentre l'effort et où se fait le déplacement, toujours fixe et placé en bas dans les luxa-fions secondaires. Mais dans les deux cas, le ligament en Y est intact.

Les luxations irréguliêres beaucoup plus rares comprennent les déplacements qui s'accompagnent d'un délabrement considérable de la capsule et de déchirures du ligament en Y; la tête, se portant librement là où la pousse la violence extérieure, affectera une position quelconque autour du cotyle.

Symptômes. Luxations soua-cotyloïdiennes. — La cuisse est fléchie directement sur le bassin, il n'y a ni adduction ni abduction du membre, et la tête fémorale est sentie immédiatement au-dessous de la cavité cotyloïde (fig. 112). Avec une flexion extrême, une légère rotation en dedans accom- |)agne la luxation en bas sur la tubérosité de l'ischion et la luxation périnéale [)rovoque l'abduction et la rotation en dehors.

Luxations dorsales. — Le symptôme principal des luxations dorsales est l'adduction unie à la rotation interne. Cette attitude permet à elle seule de déclarer que le déplacement articulaire appartient au groupe des luxations dorsales.

Lorsqu'une luxation dorsale s'accompagne de flexion de la cuisse sur le bassin, cette attitude est imposée par l'intégrité du muscle obturateur interne et de la portion postérieure de la capsule, qui sont à cheval sur le col du fémur, le brident et empêchent l'ascension delà tête vers la fosse iliaque externe. La

(') Pahmentier, Bull, de la Soc. anat., 1850, p. 177. (-) SEnviER, Bull, de la Soc. de rlùr.. 1865. p. 485.

Fk;. 111. - Liix.itiuii >i)ns-cotyloï(lii.'niK'.

l'iG. 112. - I ii\;iliiiii i'^clii;iliijiii

FiG. lli. -- Liiv.ilioli filihiralrii'f

Ftc. 11Ô. I,ii\iiliijii iliui|iii-.

l'ff.. III, ii-'. iir.. III, II.'

Fif;. 11,"». I.ux.-ilioi) piil>itninc, .\l,lilil«lc> ili'S lii\;)li..ii, lie hi IkiiicIic.

SYMPTOMES

llcxion de la cuisse dans une luxation dorsale conduit donc forcément à admettre une luxation basse, au-dessous du tendon de l'obturateur interne, ischiatique (fig. 11 Î2).

L'extension du membre dans une luxation dorsale témoigne au contraire de la déchirure du tendon obturateur interne et de la partie postérieure de la capsule et indiqu(^ que la tète est montée plus ou moins haut : la luxation appartient alors à la variété iliaque. En môme temps la palpation permet de reconnaître et de circonscrire la tête fémorale déplacée au-dessous des fessiers et d'apprécier le niveau qu'elle occupe (fig. 115).

A ces symptômes de premier ordre, ajoutons le raccourcissement du membre plus ou moins considérable dans la variété iliaque, son allongement possible (?) dans la variété ischiati(pie, et l'impossibilité de faire exécuter à la cuisse des mouvements d'abduction et de rotation externe.

Luxations ohturalrkex. — L'abduction avec rotation du membre en dehors caractérise les luxations en dedans, luxations obturatrices ou pubiennes.

La flexion de la cuisse accompagnant une luxation en dedans est le signe que la tête est maintenue dans la fosse obturatrice par les portions antérieures de 4a capsule non déchirées. Cette flexion suffit donc à caractériser la luxation basse ou obturatrice (fig. 11 i).

Lorsque la violence extérieure a rompu au contraire les parties antérieures de la capsule, la tête remonte au-devant du pubis et le membre est dans l'extension et la rotation externe (fig. 115).

La présence de la tête au-devant du pubis ou dans la fosse ovale, le raccourcissement du membre, sont les autres symptômes des luxations en dedans. Ajoutons que l'adduction et la rotation interne sont impossibles à imprimer au membre luxé.

Les variétés exceptionnelles des luxations dorsales ont des symptômes différents des précédents :

1° Ainsi que sa désignation l'indique, la luxation dorsale avec rotation en ilehors diffère du type (M'dinaire par l'absence d'adduction et de rotation interne.

Des mouvements étendus de rotation externe peuvent être communiqués au membre qui est dans l'extension et la rotation externe ; la tête est plus ou moins haut en arrière du cotyle.

''1° La luxation oblique antérieure impose une attitude caractéristique.

Le membre luxé, très raccourci et dans une légère rotation interne, croise presque perpendiculairement le membre sain. Les orteils regardent en avant et eu dehors. « Cette

attitude n'est pas absolument disgracieuse et rappelle certaines positions des danseuses » (Bigelo\\) (fig. Hfi).

">'' La luxation sas-t-pineit>if' ([ui n'est que la luxation i)récédente exagérée,

Fig. lie.

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