‹ Traité de chirurgie (volume 4)Chapitre 52 sur 162 · LUXATIONS EX ARRIERE · texte numérisé non relu

LUXATIONS EX ARRIERE

fémur au-dessus des condyles, la fracture du lihia au-dessous du genou et la rupture du tendon du triceps.

FiG. lis et I-2'J. — Luxation incomplète du lii)iii en arrière. (Fulliii.

Symptômes. — La jambe est dans l'extension complète ou légèrement lléchie. Les condyles fémoraux proéminent à la partie antérieure du genou, les plateaux du tibia en arrière sont facilement reconnaissables à la palpation. La rotule obliquement dirigée en bas et en arrière appuie sur la face inférieure des condyles; elle est quelquefois luxée en dehors. Lorsque la jambe est étendue, le diamètre antéro-postérieur du genou est notablement augmenté.

Tels sont les symptômes communs a quelque différence près, aux luxations complètes et incomplètes, mais dans la luxation incomplète il n'y a point de raccourcissement, tandis que dans la luxation complète, le raccourcissement existe toujours.

Pronostic. — Lorsque la luxation n'est pas comj)liquce de déchirures vasculaires. le pronostic ne présente pas une bien grande gravité. La réduction est en général facile et le rétablissement des fonctions du membre se fait bien.

Lorsque la réduction n'a pas été obtenue, la marche est néanmoins possible et même facile au bout d'un certain temps, ainsi que le prouvent les faits récents rapportés par Bagnall-Oakeley ('), Karewski (-) et Lossen (^).

Malgaigne a du reste montré depuis longtemps que la luxation incomplète en arrière non réduite, ne s'opposait point à l'usage du membre.

Traitement. — La réduction généralement sim])le se fait par des pressions exercées directement sur les os déplacés, pendant qu'un aide pratique l'extension.

Spence (*), n'ayant pu corriger un semblable déplacement par les manœuvres ordinaires, pratiqua avec succès larthrotomie.

(') Bagnall-Oakeley, Lancet, 1882, t. I, p. 5.3.

(«) Karewski. Arch. f. klin. Chir., 1886, t. XXXIIL p. 525.

(^) Stimson, p. 475.

(') Spence, Lancet, 1876, t. II, p. 554.

LUXATIONS DE I/ARTICULATIOX FÉMORO-TIBIALE

LUXATIONS LATERALES

Les luxations latérales sont externes ou internes, les premières moins rares que les secondes, sont complètes ou incomplètes.

Lyxaiiuns en dehors. — Malgré une observation, d'ailleurs contestée, rapportée par jMalgaignc, l'existence des luxations complètes en dehors était restée douteuse, lorsque Pitha (') et Hughes (-), publièrent trois faits montrant la possibilité d'un déplacement très étendu du tibia en dehors.

Dans les trois cas, la surface tibiale articulaire était tout entière ou presque tout entière portée en dehors des condyles fémoraux. Les cavités glénoïdes se dessinaient sous la peau distendue ou rompue. Un angle rentrant, véritable coup de hache, existait au-dessus du tibia porté en dehors, tandis qu'en dedans les condyles fémoraux formaient une énorme saillie. La rotule déplacée en dehors avait son axe presque transversal.

Dans un des cas de Pitha, la surface articulaire tibiale débordant le fémur en dehors avait une largeur de quatre travers de doigt et dans le second cette surface était assez large pour « quun goblet de dimension ordinaire pût être posé sur elle. »

La luxation incomplète a été beaucoup plus souvent observée.

Causes. — La luxation peut succéder à \\\\ choc direct portant le fémur en dedans ou le tibia en dehors, mais elle est habituellement produite par une cause indirecte, qui incline la jambe en dedans et produit un diastasis externe de l'articulation du genou, bientôt suivi de la propulsion du tibia en dehors.

Les lésions qui accompagnent ce déplacement, sont celles indiquées par Malgaigne, d'après les dissections de Margrave et de Bonn. Dans le cas de Ilargrave, on trouve une rupture dos ligaments interne et externe, une déchirure du ligament croisé postérieur. Tantérieur demeurant intact. La dissection de Bonn, avait porté sur une luxation ancienne et ne donne aucun renseignement utile. La luxation peut se compliquer d'arrachement du condyle interne du fémur (^), de rupture de l'artère poplitéc et de déchirures des téguments (*).

Symptômes. Ils soni plus ou moins accusés suivant le degré du déplacement, mais le transport Fie. iM.- L.i.\;iii<.i> ino.nii.icio j^|^^ jji^j.^ p,-^ j^^i^ors n'est jamais assez prononcé pour

(lu lilii.'i en ilcliors. •"

(pie le condyle externe du tÏMuur ne repose pas au moins un jx'u sur le plateau interne du tibia.

{') IMni.v cl Hu.MîoTii, Cliirnnjic, L IV, 15. ii, p. 'i.'iS. (*) ni;<;iu;s, ImiiccI, 1880, L II, p. 974. (') WiiLLs, Amer, joiirn. of mcd. se, 18r>2, I. .\, p. '2'». (♦) NoTTA, in Iliuniltnn, p. 1152.

Page 1