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FiG. 1 12 — Relation du corps de l'aslragalc, séparé de sa tôle par fracture du col, autour de son axe transversal.
TRAITE DE CHIHUUGIE.
258 LUXATIONS MKDIO-TARSIENNES.
LUXATIONS DU CALCANÉUM
On comprend sons celle dénomination les déplacemenls dn calcanéum sur l'astragale et le cuboïde, ces deux os conservant leurs rapports normaux avec les os de la jambe et du pied. Ces luxations, niées par Broca, sont aujourd'hui jj^énéralement admises, mais leur rareté est très grande.
Des diverses variétés plus ou moins acceptées de luxations du calcanéum, celle qui est incontestable est la luxation du calcanéum en dehors de laslragale et en dessus du cuboïde. Deux faits publiés par Dumas, et observés dans le service de Jourdan de Marseille, démontrent ce déplacement (').
Dans le premier cas, la lésion fut produite par la chute d'un madrier sur la partie interne de la jambe et du pied. Au-dessous de la malléole externe, profondément enfoncée, on sentait une saillie considérable formée par les faces supérieure cl externe du calcanéum ; on reconnaissait en avant la grande apophyse de cet os séparée du cuboïde au-dessus duquel elle faisait saillie. Les articulations astragalo-scaphoïdienne et tibio-astragalienne étaient intactes.
Dans la seconde observation, les symptômes étaient à peu près les mêmes, seulement il y avait en même temps une luxation du cuboïde qui, presque complètement expulsé de sa place, faisait sur le bord externe du pied une saillie de plus de 2 centimètres.
Deux autres variétés de luxations du calcanéum : La luxation du calcanéiirn ni dehors de Vastragale et en dedans du cuboïde, admise d'api'ôs la dissection d'une pièce ancienne faite par Canton (^) et la luxation du calcanéum en deliors du cuboïde combinée avec une luxation de l astragale en avant et en dehors, ont })aru à Polaillon, à Stimson, etc., fort difficiles à admettre. Et l'on peut répéter avec Polaillon « que de pareils faits doivent trouver leur place dans la descriplion des grands délabrements lr;uunnli(pies du |)ied. mais ne sauraient èti-c rangés dans les luxations proprement dites du calcanéum (•'). »
X I X LUXATIONS MÉDIO-TARSIENNES
Ce déplacement est très rare. A coté des fails obscurs de Petit, C'ooper, Lister, il y a deux observations conckumtes, l'une de Thomas de Tours (*), l'autre de Benj. Angcr (*).
iJans le cas de Thomas, on trouva à l'aulopsie <pie la léie de l'aslragale et la surface cuboïdienne du calcanéum forniaieui au-dessus de la seconile rangée
(') Dumas, BuH.fjcti. da Ikévdp., IS.'ii.
(*) Canton, Lanccl, 1847, t. I, p.' f.O.-).
(') Arl. (Ialcankum du Diction. Dccluinilire.
(*) Thomas, Mdin. de la Suc. méd. dIndre-cl-Loirc, 18(17.
("') li. An(;i;ii, Iconogr. des malad. chirurg., ]). 0'2i.
LUXATIONS DU SCAPHOIDE. 259
(les os du tarse une saillie très prononcée. L'astrat^ale reposait sur la face supérieure du scaphoïdc; le cuboïde se trouvait encore en contact avec la surface articulaire du calcanéum, mais seulement dans la moitié inférieure de celle-ci. Les désordres étaient considérables: rupture du lijt^ament en Y et du ligament calcanéo-scaphoïdien interne. Chez le malade de Benj. Angcr, la tête de l'astragale était au-dessus et en avant du scaphoïde; la facette cuboïdienne du calcanéum se trouvait placée sur la face supérieure du cuboïde.
UXATIONS DU SCAPHOÏDE
Le scaphoïde se déplace : i" dans son articulation avec l'astragale (luxation f(Strogalo-scaplioïdienne); !2" dans son articulation avec les cunéiformes' [luxation scaphoïdo-ciDiéeiDie); o*^ dans ces deux articulations à la fois {c)U(déation du scaphoïde).
1° Lvxation astragalo-scaphoulienne. — Quelquefois désignée sous le nom i\c luxation médio-tarsienne incomplète, elle est extrêmement rare et est toujours décrite d'après l'observation de Chassaignac (') : la lésion était survenue dans une chute d'un cinquième étage; on trouva le pied sensiblement raccourci et présentant sur sa face dorsale à 1 centimètre en avant du tibia une saillie qu'on reconnut comme appartenant au scaphoïde. La dissection démontra que cet os, suivi des deux premiers cunéiformes et des deux premiers métatarsiens, avait passé par-dessus la tête de l'astragale et reposait sur son col.
2" Luxation scaplioido-cunéeune. — Outre les observations discutées de Burnett et de Rizzoli, il existe une pièce, déposée par Benj. Anger au musée Dupuytren (n° 705 a), sur laquelle on constate que le scaphoïde, resté uni à l'astragale, est complètement séparé des trois cunéiformes et fait saillie audessus de ces os. Le troisième cunéiforme a conservé ses raj)ports avec le cuboïde, mais les deux premiers sont luxés sur le troisième et rejetés vers la face plantaire. Le pied avait été écrasé par le passage d'une roue de voiture sur sa face dorsale.
5» Énudéation du scaphoïde. — Paulet a pu en réunir \) cas, i)armi lesquels il y a 6 exemples de déplacements du scaphoïde en haut («-as de Walther. Legouest, Schmitt, Goyder, Erichsen et Hancock), '■2 en dedans (cas de Piédagnel et de Bryant), et 1 en dehors (Adams) (-).
La tête de l'astragale forme sur le bord interne du pied une saillie au-devant de laquelle le doigt peut s'enfoncer dans une dépression. L"os luxé fait relief sous les téguments.
La réduction se fait sous lanesthésie par pressions directes exercées sur l'os déplacé. Si les manœuvres restent vaines, on pourra faire l'extirpation du scaphoïde déplacé.
(') Chassaignac, Bull, de la Soc. de chiv., 18C0, p. 507.
(-) Cas cités par Paulet et Ciiauvel, art. Pied du Dict. Dccitainhrc, p. Iir..
2G0 LUXATIONS DKS CUNEIFORMES.