LUXATIONS DU MP:TATARSP
[alon contre le ilane du cheval el par la face dorsale de sa pointe sur le sol, pendant que l'étrier maintient immobile le tarse sur lequel il presse. Par suite de cette position, le poids du cheval produit au moment de l'accident un mouvement de flexion forcée (abaissement de l'avant-pied). Les ligaments dorsaux se déchirent, et les bases des métatarsiens passent au-devant des os du tarse. »
Luxation en ha>i. — Elle est très facile à expliquer lorsqu'elle succède à une cause directe, telle que le passage d'une roue de voilure sur la face dorsale du métatarse, par exemple, qui refoule l'avant-pied en bas.
Lorsque la luxation en bas se rencontre à la suite dune chute de cheval, Chavasse en a encore donné l'explication suivante : « L'extrémité du pied appuie par sa face plantaire contre le flanc du cheval, et le talon porte sur le sol par sa face postérieure. Il se produit donc un mouvement énergique de relèvement de l'avant-pied qui amène la rupture des ligaments inférieurs tarso-métatarsiens, et les bases des os du métatarse se luxent dans ce sens.
Claudot cependant ne croit pas à ce mécanisme de la luxation en bas, el pense que cette variété succède le plus habituellement à un abaissement forcé des métatarsiens accompagnant une violente torsion de l'avant-pied de dedans en dehors.
Le.s luxations lutérale^^ sont produites par une projection directe de l'avanlpied en dedans ou en dehors, ordinairement en dehors. Le bord externe du pied subit un mouvement d'inflexion latérale, s'incurve, les ligaments latéraux internes distendus se déchirent, mais il faut, pour que le métatarse se déplace ou bien que le deuxième métatarsien se rompe, ce qu'on croyait autrefois absolument nécessaire, ou bien qu'il élargisse par diastasis la mortaise qui le contient; c'est ce qui se passe le plus souvent (Monnier). Dans G observations réunies par Chavasse, le deuxième métatarsien n'était fracturé que deux fois.
Les luxations partielles sont dues, lorsqu'il s'agit des métatarsiens premier el cinquième, à une imj)ulsion dirocle qui projette l'os en haut ou en bas. les luxations des métalai-siens médians sont exceptionnelles et dues, tantôt à l'action directe d'un corps de petit volume, tantôt à une énurléaliou {>ar le uiécanisme, dit à\\ noyau de cerise (Begin).
Symptômes. — Nous ne parlerons point des symptômes communs à tous les traumatismes du pied : douleur, impotence fonctionnelle, gonllemenl. ecchymose, etc.
Les symptômes particuliers à la luxation dorsale sont : Une saillie dorsale abrupte du côté du cou-de-pied, au niveau de l'interligne de Lisfranc. s'abaissant graduellemenl vers les orteils. Sa hauteur est variable depuis (pu^hpies niillinièii-es (dé|)lacements incomplets) jusipi'à ^2(1 et !2ô millimètres.
La palpalion permet de recoimaître celte saillie, de l'accroclKM' avec les doigts cl d(> reconnaître à liavers les parties molles les surfaces ailiculaircs d(^s métatarsiens. En même hMups. l'exploration du tubercule du scaphoïdeel du lubei'cide du 5" métatarsien i)ermet de se reconnaître au milieu du gonllemenl et d'établir à (jud niveau exaclement siège le déjjlacemeul .
Le symptôme capital de la luxation du métatarse est purement et simplement cette saillie formée par les os <léplacès. Connue synq)tôm(^s accessoires signalons: 1" l'augmenlalioii <lu dianièlre vertical du pied; -" son iuiiii\alion
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plus OU moins grande en dehors; 5'' le raccourcissement de ses bords latéraux, lorsque les os du métatarse chevauchent sur le tarse, mais la mensuration faite de l'interligne métatarso-phalangien au bord antérieur de la malléole interne ou externe est souvent fort difficile à faire d'une façon précise.
Dans les luxations partielles, le diagnostic du déplacement se fait par la constatation de la saillie du métatarsien déplacé.
Dans les luxations en bas, la déformation du dos du pied se retrouve comme dans la luxation en haut. Mais ici la saillie dorsale est formée par les cunéiformes et le cuboïde, tandis que les extrémités supérieures des métatarsiens qui se sont enfoncées dans la région plantaire peuvent être senties par une palpation profonde.
L'épaisseur verticale du pied est augmentée; le raccourcissement de ses bords est souvent très net, ainsi que la tendance à l'incurvation en dedans.
Luxations latérales. — • Les luxations en dehors sont caractérisées par la déviation prononcée de la pointe du pied en bas et en dehors. Il en résulte un angle rentrant sur le bord externe du pied au niveau de l'extrémité du 5'' métatarsien et un angle très saillant formé en dedans par l'extrémité antérieure du !'''■ cunéiforme.
A ce niveau, le doigt pénètre facilement entre les surfaces articulaires du l""'" cunéiforme et du l'"" métatarsien totalement disjointes, lavant-pied est en valgus et la base des métatarsiens dépasse de quelques millimètres le plan de la face dorsale du tarse.
Les complications de ces luxations sont très fréquentes et consistent en fractures, contusions, plaies, écrasements de siège et d'étendue variables.
Pronostic. — Nous étudierons avec Chavasse, le pronostic à un triple point de vue : i" Résultats fournis par les manœuvres de réduction; 2° État fonctionnel du pied après la réduction ou la non réduction; 5'^ Mortalité.
a. Réduction. — Dans i!2 observations, Chavasse a relevé 28 réductions complètes. La réduction a été 4 fois imparfaite et a échoué 10 fois; o fois l'amputation immédiate a été nécessaire.
Dans les cas où la réduction a été possible, elle n"a été souvent obtenue quaprès des tentatives pénibles et réitérées. Le délai maximum après lequel la réduction resta possible fut de neuf jours.
b. État fonctionnel du pied. — Quand la réduction est obtenue, le malade peut d'ordinaire marcher au bout de quinze jours ou un mois. Sur 27 cas de réduction complète, Claudot a trouvé 24 cas de retour facile et rapide de l'usage du membre. Quand la réduction est restée incomplète, le retour des fonctions est beaucoup plus lent et parfois la marche reste toujours difficile et douloureuse. Sur 7 cas de réductions incomplètes, Claudot ne constate un rétablissement satisfaisant des fonctions que 4 fois.
Enfin, quand le déplacement n'est en aucune façon modifié, les fonctions du pied sont souvent beaucoup moins entravées qu'on ne le supposerait. Au bout de quelques mois ou de quelques semaines, les malades ont pu marcher sans peine avec une chaussure appropriée. Sur il cas de luxations non réduites, la statistique de Claudot, donne 8 cas de marche satisfaisante. De telle sorte que la réduction incomplète semble moins favorable au retour des fonctions du