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CONTUSIONS

dans les parties déclives de la région, affcclanl souvent une grande régularité dans sa diffusion; c'est ainsi que les hématomes frontaux, siégeant dans le voisinage de la ligne médiane, donnent lieu à une ecchymose bilatérale des paupières', l'ecchymose est si intense au niveau des paupières, qu'on pourrait croire à un traumatisme ayant agi directement sur ces appareils, si la bilatéralité (le la lésion, et la connaissance de cette migration du sang, ne devaient inuiiédiatement éveiller dans lidée du médecin légiste, ou du chirurgien, la notion du traumatisme médian de la région fronto-pariétale.

Parfois il existe un simple o'clème des paupières, sans teinte ecchymotique. ou si légère, quelle échappe; nous avons observé cette forme dans les coups portés sur le milieu du vertex.

Dans les hématomes sous-aponévrotiques et périostiques , le sang plus profondément épanché, mieux retenu dans sa loge, se résorbe plus lentement : sous l'influence même de causes locales {irritation du foyer, et surtout existence d'une excoriation légère, porte d'entrée de l'infection), ou générales {mauvaise constitution), la suppuration peut s'emparer de la poche : des douleurs lancinantes, une chaleur locale, un amincissement de la paroi, en môme temps qu'un changement de consistance de la tuméfaction, de légers phénomènes fébriles, annoncent la transformation purulente de l'hématome.

Traitement Le traitement des hématomes du cuir chevelu comporte

peu d'indications : il faut, dans les cas qui réclament un traitement : 1» Aider à la résorption de la collection sanguine. 2° Éviter la suppuratio)i.

La compression est un moyen vulgaire pour faire disparaître les bosses sanguines du cuir chevelu consécutives au traumatisme, et tout le monde connaît le procédé du son, de la pièce de 5 francs, du morceau, de carton ; il est préférable d'aider à la résorption du sang par une compression ouatée, méthodique avec une bande de flanelle, suffisamment serrée et maintenue pendant une ou deux heures.

Pour éviter la suppuration, surtout à craindre quand de légères excoriations, des égratignures coexistent et deviennent l'occasion de lymphangites, il faudra raser la région en dépassant les limites de la tuméfaction, désinfecter la surface cutanée parles procédés habituels (savonnage et sublimé), et ensuite appliquer un pansement sec ou humide, mais antiseptique et légèrement compressif.

Les hématomes sont quelquefois si étendus, si volumineux, que leur résorption est lente à se faire, même sous l'influence d'une compression méthodique: le chirurgien est autorisé alors à vider le foyer par une petite incision dans le point déclive, ou par une ponction en suivant toujours, bien entendu, les règles iilricles pré- opératoires et post-opératoires de la méthode antiseptique; un bandage compressif appliqué sur le pansement antiseptique aidera à l'approcher les parois du foyer.

Enfin, lorsque malgré toutes ces précautions la suppuration existera dans un hématome, il faudra l'ouvrir largement, en gratter les parois, puis, après <lésinfection, on tentera la réunion primitive, avec ou sans drainage, suivant la confiance qu'on aura dans la santé du sujet, les agents de désinfection et de pansement employés.

-r CONTUSION PROFONDE AVEC LÉSION DU SQUELETTE

Une variété grave de la contusion simple du cuir chevelu est la possibilité d luie lésion du squelette; c'est surtout en chirurgie de guerre que cette lésion est redoutée. « Elle résulte du frôlement cViin projectile animé d^ine grande vitesse, du choc phts direct d'un corps petit ou volumineux, dont le mouvement ne suffit pas pour provociuer une fracture. » (Chauvel et Nimier.)

Les premiers jours se passent sans incidents, mais du treizième au quinzième jour de la Idcssure, de la fièvre, des frissons violents, indiquent l'infection de l'organisme; du côté du cuir chevelu, la suppuration s'annonce, et la céphalalgie, les vertiges, les nausées témoignent d'un retentissement du côté des méninges et du cerveau; l'infection purulente, un abcès sous-dure-mérien ou cérébral, sont les redoutables complications primitives de cette contusion, si, par une incision large et la trépanation, on ne remédie pas aux accidents menaçants, h' ostéo-pénostite consécutive à cette infection du foyer s'accompagne d'une nécrose de la table externe du crâne, avec toutes ses conséquences sur les méninges et le cerveau.

Le pronostic est donc toujours grave dans ces cas déterminés, et Ambroise Paré visait ce danger, lorsqu'il réclamait coït jours axunt d'affirmer la guérison d'une contusion profonde du cuir chevelu. Chauvel et Nimier pensent, avec juste raison, que la gravité de la contusion dépend de la région intéressée et paraît être en rapport avec la minceur de l'enveloppe osseuse.

D'après le rapport allemand, en effet, tandis que les contusions osseuses au

front et à V occiput auraient eu une mortalité de 0,6 et de 8,0 pour 100, aux

régions pariétale et temporale elle se serait élevée à 14,28 et à 12,0 pour 100.

Toujours d'après ces mêmes auteurs, les données de la guerre d'Amérique

confirment cette particularité et démontrent les dangers de ces blessures: sur

528 hommes, atteints de contusions, par coup de feu, des os du crâne, on

trouve :

.\^) morts \' l'onr IHO.

98 réronnés (pour iiiliimilés conséculivos à

leur blessure) ">0 —

Enfin Mo guéris •>•"» —

Traitement. Agir promptement est de toute nécessité, et ce précepte a imc telle imi)ortance, (pie dans le cas où le chirurgien a des raisons de soupronner (jue la contusion s'accompagne d'un désordre du sipiclelle. il doit, par une incision exploratrice» des parties molles, mettre à nu la surface osseuse du crâne dans le point conlus; la désinfection du foyer, l'ablation des esquilles, un pansement anlisci)ti(pie, s'opposeront à la migration du i)us à travers le diploéelà tous les accidents locaux (jihlèhilr, (dx-ès des méninges ci du cerveau), et généraux {infectio)i purulente) consécutifs.

Lorsque celte intervention immédiate n'est pas |)ossiMe. il faut s(> ]u\ter <le parer aux indications, impérieuses dans tous ces cas : ouvrir \o foyer cutani'; ou l'agrandir lorsque déjà une fistule existe, trépaner au niveau de la nécrose,

vider le foyer (.lure-méricn, examiner môme cetlc membrane, afin de ne pas laisser au-dessous d'elle une collection purulente, telle est la thérapeutique chirurgicale à suivre; il faut avouer que jusqu'ici les résultats de cette méthode n'ont pas été brillants, puisque les douze trépanations, pratiquées en pareil cas par les Américains, ont été suivies de mort : il est permis toutefois d'espérer que, grâce à la chirurgie antiseptique, des succès seront enregistrés à l'avenir. (Voy. Abcès du cerveau.)

Nous allons passer en revue les plaies des téguments du crâne par les différents agents \u\néranis, piquants, tranchants, contondants, en y comprenant les armes blancJies et les projectiles de guerre.

Limiter la plaie au cuir chevelu, ne pas étudier simultanément la lésion possible du crâne, serait créer une division artificielle, non clinique, que nous l'epoussons; à côté de la plaie simple, il faut toujours envisager la plaie coml)liquée.

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