SYMPTÔMES DES FRACTURES DE LA VOUTE
Dans les fractures ouvertes de la voûte du crâne, il est possible de constater une fissure: le plus souvent il y a déplacement des fragments {chevaucliement, enfoncement, esquilles), jjerceptibles par la vue et le toucher.
Ce déplacement peut s'accompagner dans les délabrements considérables de
(') Cette erreur a été commise, et nous avons été amené à préciser les caractères objectifs qui permettent de l'éviter (voy. Soc. anal., 1880, et thèse inaug., 1881).
La lésion cortirale eut toujours à lopposite du point d'application du traunuitisrnc. — Le tableau suivant rappelle ces principales particularités :
1° Fracture pariélo-teniporale dmilc. — Contusion au pourtour de la corne sphénoïdale f fauche •
'2° Fracture de la moitié droite de l'occipital. — Contusion du lobe pariétal fjauche.
r»" Fracture des deux moitiés de Voccipital. — Contusion des lobes antérieurs du co-veau.
A" Fracture de la voûte du crâne. — Contusimi de la base.
En cas de doute, malgré ces corrélations, un examen hislologique, révélerait l'état des vaisseaux ([ui précède et accompagne les foyers spontanés.
Le diagnostic dilTérentiel entre la contusion traumatique du cerveau et les lu'morrliagies sjxnitanées i\ préoccupé Kcenig, mais nous n'accordons cpi'une valeur relative au signe ((u'il indifpie. à savoir, tpi'un foyer de contusion s'accompagne i>resque toujours d'une hémorrhagie intra-méningée. Nous avons bien i)iésent à l'esprit un cas de contusion indirecte, dans le(piel le foyer était caractérisé par le premier degré de la citutusion, à savoir, un état sablé du cerveau, (|ui sinudait. à s'y méprendre, Vupojdc.rie capUbiire de Cruvcilliier.
La pathogénie de cette conlusion indirecte a donné lieu à plusieurs théories. Nous ne retiendrons cpie l'explication de Duret. i)our leipiel c'est le liipiide cé|)halo-racludien «pii, comprimé au niveau du cône de dépressinn (poiid (l'application du traumatisme, Iracture du crâne et i>ression cérébrale), repousse la sui)stance cérébrale cpii est à l'opposile. produisant là un cùne de soulèvement. C'est toujours jtar l'intermédiaire ilu licpùile céphalorachidien que Duret expli(pu' ces déchirures interventricuiaires cpii peuvent porter sur les noyaux d'origine des nerfs crâniens, dans le (piatrième veidricule.
Oue la contusion cérébrale soit directe ou indirecte, corticale, interstitiell(\ venlriciilaire, elle jteul s'accompagi\er «le troubles fonctionnels variables, suivaid le degré de conlusion et suivant son siège. La comiaissance îles localisations <"érébrales permettra toujours de les iiderpréter (liémii)légic corticde du côté ojjjiosé au traumatisme ou du même c»>lé, contractures, sucre, albuminurie, paralysie faciale). (Noy. Contusion cérébrale.)
FRACTURES DU CRAXK. 465
la voûte, d'écoulement de sang, de sérosUé cép/iah-rachidienne et de bouillie cérébrale.
Dansles fractures fermées de la voûte, les symptômes sont, par ordre d'importance, V enfoncement, la douleur localisée, la tuméfaction et Vœdème des téguments.
U enfoncement est un signe pathognomonique, mais certaines apparences peuvent le simuler : nous avons déjà insisté sur l'illusion que peut donner un hématome du cuir chevelu et montré que, dans ces cas de dépression en godet, il était toujours possible d'arriver au diagnostic (voy. Contusion du cuir chevelu).
Des malformations congénitales, des déformations résultant de traumatismes anciens, seraient autant de causes d'erreur, si dans ces cas Va^dème et la douleur localisée ne faisaient pas défaut.
Platner, cité par Duplay, rapporte à cet égard un fait instructif : un homme ayant fait une chute d'un troisième étage et perdu connaissance, fut examiné par un chirurgien qui, après avoir rasé les cheveux, constata un enfoncement large et profond du crâne, sur lequel la peau n'avait pas été entamée, et se mit en devoir d'inciser les téguments ; par bonheur le blessé se réveilla et, efl'ravé à juste titre, raconta que cette dépression n'était pas due à sa chute, mais qu'il la portait depuis son enfance.
La douleur localisée a beaucoup plus d'importance, mais de même que Y œdème, c'est un symptO)me rationnel et non de certitude; il faut, avec la pulpe de l'index, exercer une pression sur la voûte, et si cette douleur se révèle toujours dans le môme endroit, si elle arrache une exclamation de souffrance au blessé, ou le réveille de sa torpeur, si surtout elle coexiste avec une dépression de la peau, une irrégularité osseuse, elle devient un signe de première valeur.
La tuméfaction cedémateuse des téguments du crâne reconnaît deux origines : liée à la contusion des parties molles, sa signification est nulle, mais lorsque cet œdème est régional, diffus, qu'il a une tendance excessive, il indique une attrition profonde et les relations du foyer de contusion avec des lésions osseuses et cérébrales (voy. Epanchements sanguins liés aux fractures du crâne, et cépJicdhydrocèle Iraumatique).
Il manque à ce tableau l'ensemble des désordres cérébraux dont peut s'accompagner la fracture; de cette association de troubles cérébraux et locaux découle un diagnostic évident : ce sont des signes de commotion cérébrale, de co)itusio)i, d' epanchements, de paralysie corticale, variables avec le point de la voûte qui a été atteint.
Les fractures limitées à la table interne, se liant le plus souvent aux coups de feu du crâne, seront étudiées dans un chapitre spécial.