II. — FRACTURES PROPAGÉES DE LA BASE DU CRANE PAR COUP BK FEU
Les fractures par coup de feu de la base du crâne sont directes ou indirectes : elles peuvent aussi être propagées de la voûte à la base.
Les fractures directes sont celles qui succèdent à un coup de feu tiré dans l'oreille {fracture du rocher), dans Vieil (fracture de l'orbite), dans la bouche (fracture de l'ethmoïde et du sphénoïde) : nous les étudierons plus loin.
Les fractures propagées sont des fractures irradiées, delà voûte à la base dans les coups de feu de la voûte du crâne ; nous connaissons les lois qui président à la propagation des fissures, et nous n'avons pas à y revenir.
Il y a encore \es fractui-esiiulirecte.^, ajipelées aussi à distance, par contrc-coujK pour bien montrer qu'elles se produisent loin du point d'applicalion du traumatisme.
Nous avons déjà fait l'histoire de ces fractures indirectes, et montré (pie leur réalité n'est pas fictive, quoitpie exceptionnelle : c'est surtout à la suite des coups de feu de la voûte du crâne qu'on les observe.
Otto Messerer {loc. cit.) en relève 18 cas, Bergmann 0, Rucker 5, Longmoré et Otis!2, Macléod, Demme, Tilling, Huguier, Nussbaum 1 ; il faut y ajouter le fait de Moty, analysé par Chauvel, dans les lJulleti)is de la Société de chirurgie de 1884.
Ce sont les points relativement faibles de la base qui sont atteints :
a. Voûte orbitaire et ethmoïde (13 fois).
b. Selle turci(pie, et la grande aile du sphénoïde.
FUACTURKS DU CRAXK PAU COUP DK FKU,
-.--fS
c. Les voûtes orl)itair('s. relhnioùle. la i^raiide aile du spluMioïde et l'ôcaille du temporal.
(l. Une seule fois, ou a signalé la disjonclioii de la suture pariélo-leuiporal''. Nous ig-norons ahsoluuient le iiiécanisuie intime de ces fractures hulirectes,
et il est impossible d'admettre, dans CCS cas, les lois déjà énoncées, reliant la direction de la fissure, au trajet suivi par la balle.
Il est probable cependant que ces lésions sont dues à l'action explosive du projectile. Rucker, pour le démontrer, a institué des expériences qvii se résument en deux mois : sur un crâne vide, traversé par un projectile, ces lésions de la base ne se produisent pas: mais on les obtient, au contraire, lorsque le cerveau a été injecté d'eau.
Des olijections sérieuses, tirées de l'observation clinique, ont été faites à cette théorie expérimentale. Bergmann n'a-t-il pas montré des cas dans lesquels il existait une fracture de la base sans que le projectile ait pénétré dans la cavité crânienne, et sans, par conséquent, que la théorie hydraulicpie pût être invoquée?
Moty et Chauvel, en signalant ces faits de déplacement des fragments vers l'intérieur du crâne, et de pénétration dans cette cavité de quelques lobules de la g^raisse orbitaire, n'ont-ils pas singulièrement alTaibli la théorie du refoulement? Nous sommes autorisé à considérer ces faits comme encore inexpliqués, et la théorie de la propag-ation des vibrations osseuses n'est pas plus acceptable que la tliéorte ln/ih-autnji(e.
FiG. 215. — Frnrliiro inflircctc do la base du crâne |iar coup (le feu (O. Messerer) : la ligne ponrluéc iiuli(ine le Irnjel «lu projerlile dans le crâne fivani et après sa rédexidu ciinirc la panii ()])p(isée au Iron d'enlréc.
Pronostic — Pour établir ce pronostic, il faudrait passer en revue les conq)lications des Irauniatismcs cérébiaux. \'oici cependant les chilTrcs fournis |)ar II. -R. Martin, et le Haj)port allemand de la guerre de 1870. Comme le reiu;ir(|uent Chauvel et .Minier, ils se corresj)on(lent assez bien :
Fr.'icliiros «in fronl.-il ii,() ixmii' HMI.
— (lu leiii|i<>r.'il •• —
— (les |);ii'iél.Mix .... 4(i,,') —
— (le l'occi|)il;>! 70.0 —
— (le 1,1 I);isc ■■ —
iO.S pour 100.
Au total, la mortalité (l(»s fraclm-esdu crAue aui-ail été de M, 7) poin- 100 en 1X70. Im Criuiée, ell(> se serait éle\ée à 77», S pour lOO, tandis qu'en Italie elle était (le -se.,! |>oiir lOO.
Pour les coMiplieatious et le traitement de ces fraclur<>s, nous renvoyons à l'étude lies fractures du crAnc.
III. — FRACTURES DIRECTES Di: LA BASE DU CRANE PAR COUP DE FEU
Nous étudierons successivement : Les coups de feu de Voreille, les coups de feu de Vorbite, les coups de feu delà bouche, qui se rompliquont (\c fractures de la base du crâne ou de lésions du cerveau.