II. — .\PPENDICITE ET PÉRITYPIILITE D'ORIGINE APPENDICULAIRE
Les lésions de l'appendice iléo-cœcal sont l'origine de la plupart des pérityphlites. La pérityphlite suppurée, en particulier, est le plus souvent due à une perforation de l'appendice. Matterstock (') trouve, sur 14G cas de suppurations péricœcales, 152 perforations de l'appendice. Fenwick (-), sur 225 cas, 115 perforations. Weir ('') donne comme proportion 84 pour 100 de perforalions. Dans la statistique de Maurin (^), qui a réuni 15G observations, la pérityphlite suppurée était due, 94 fois à une lésion appendiculaire, 56 fois à une lésion caecale, et, 6 fois, à des lésions simultanées du cœcum et de l'appendice.
Il s'en faut, cependant, que toutes les pérityphlites consécutives à l'appendicite soient, fatalement, vouées à la suppuration.
Étiologie. — L'appendice iléo-cœcal s'enflamme, sous l'influence de causes diverses : sa muqueuse peut participer à une phlegmasie catarrhale du cœcum (Voyez, à ce sujet, la récente leçon clinique de Jules Simon, Bull, méd., 9 sept. 1891, p. 849.) ou du reste de l'intestin; on peut voir également survenir une inflammation appendiculaire, lorsque le diverticule est le siège d'ulcérations, comme dans la dyssenterie, la fièvre typhoïde ou la tuberculose intestinale; cependant, dans la majorité des cas, les accidents semblent être en rapport avec l'introduction, et le séjour, dans la cavité de l'appendice, de corps étrangers, de matières stercorales durcies ou de parcelles alimentaires mal digérées. Déjà en 1851, Favre, dans sa thèse, proclamait que la perforation de l'appendice relevait exclusivement de la y>rcsence de corps étrangers; les recherches ultérieures ont prouvé que cette affirmation nélait pas loin de la vérité. Toutefois, d'après Stimson p), les exceptions à cette règle ne seraient pas aussi rares qu'on le croit généralement; en effet, sur dix appendices excisés par ce chirurgien, il y en avait //?//^,dans lesquels on n'a trouvé ni corps étranger, ni concrétion fécale d\m volume suffisant pour avoir joué un rôle de quelque importance dans la genèse de l'inflammation.
Les corps étrangers susceptibles de s'engager dans l'appendice vermiforme ont une double origine : les uns viennent du dehors et ont résisté à l'action des sucs digestifs, pépins de fruits, noyaux de cerise, graines de courge, arêtes
(*) M.\TTEns;TOCK. Manuel des nudadies dex enfants, de Uerhardt, 1880, t. I\', p. 899.
(*) Fenwick, The Lancel, 1884, t. II, p. 987.
(5) Weir, New-York mcd. Record, 1887, p. tir)2. Voy. aussi Med. Xcics, 1889, p. 449.
(*) INIaurin, Thèse citée, p. 17.
(^) Lewis A. Sti.mson, Neiv-Vork mcd. Journ., 2h octobre 1890, p. 449.