I. — ENGOUEMENT
On désigne sous ce nom l'accumulation des matières dans l'intestin que lenferme la hernie.
Après avoir été considéré, de Praxagoras jusqu'à Franco, comme la cause de tous les accidents des hernies, l'engouement n'est plus guère accepté que comme une théorie pathogénic[ue capable d'expliquer la production de l'étranglement herniaire, que ce soit l'engouement gazeux (O'Beirn, Gosselin), ou l'engouement par les matières intestinales liquides (II. Lossen), auquel on fasse jouer ce rôle.
Ce que les anciens désignaient autrefois comme des accidents d'engouement n'est plus considéré, depuis les travaux de Gosselin et de Malgaigne, que
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<-omme h's phénomènes d'un éUaiii^lcnuMil peu serré ou des exemples dépi- |)loeéles ennammées.
Dans la [)luparLdes laits donnés jiardes autours réeenls comme des exemples d'engouement, comme celui qu'a signalé Nicaise ('), on a pu trouver la trace d'un eerlaiu degré de constriction suhie par les extrémités de l'anse intestinale comprise <lans la hernie ; et cependant, dans ceux de ces cas où l'opération a été faite (Goyrand, Mauser), on n'a constaté aucune incarcération véritahle au niveau de rorifice herniaire ou du collel.
Il paraît cependant ([ue, dans certains cas de hernies du gros intestin, et môme dans ceux où une très'grande quantité d'intestin grôle est contenue dans la hernie, l'accumulation des matières dans l'intestin hernie i)eut en amener la distension et produire l'irréductibilité sans qu'il y ait d'étranglement. Dans un fait que j'ai observé, l'irréductibilité était le seul phénomène anormal que |)résentàl le malade, et j'avais admis qu'il s'agissait d'une épiplocèle enflammée ([uand, en pratiquant l'opération de la cure radicale, je découvris que l'irréduclibilité en question était due à l'accumulation dune grande quantité de matières pâteuses dans VS iliaque du côlon. On conçoit que, dans ces conditions, l'intestin engoué puisse conserver l'empreinte des doigts qui s'y impriment (Audoucet).
On dit également que les enfants sont plus particulièrement prédisposés à l'engouement herniaire ; l'accumulation des détritus solides de l'alimentation végétale, graisses, pellicules, pépins de fruits, peut en être la cause (-); nous reviendrons sur ce point en parlant des complications inllammatoires que <lélerminent les corps étrangers contenus dans l'intestin hernie.
Quoi qu'il en soit, il est tout à fait inutile de chercher à tracer un tableau symptomatique d'un accident aussi rare que peu défini. Ses phénomènes sont ceux d'une irréductibijité survenant sans autres manifestations, ou ceux d'une péritonite herniaire, ou même ceux d'un étranglement peu serré ; quels qu'ils soient, ils ne sauraient conduire au diagnostic précis d'engouement herniaire ; suivant leurs caractères, les hernies, siège d'un engouement, seront donc considérées et traitées, soit comme des hernies atteintes de péritonite herniaire, soit, le plus souvent, comme des hernies étranglées. D'ailleurs, la marche naturelle de l'engouement aboutit le plus souvent, soit à la constitution d'un étranglement véritable, soit à une péritonite herniaire ; celle-ci même peut se généraliser et déterminer la mort, ainsi que Péan("') en rapporte une observation. Aussi, quoique l'engouement herniaire puisse à peine être considéré comme une entité pathologique distincte, il est bon de ne pas perdre de vue le rôle qu'il joue dans la production de certains étranglements à marche chronique et de ces phénomènes d'irréductibilité dune nature obscure cl d'une interprétation toujours douteuse, que l'on observe dans les hernies anciennes et volumineuses.
(') Nicaise, Lésions de Vinlestin dans les Iternies, p. 3'2.
(*) Goyrand (d'Aix), Presse méd., 1857, p. 180. — Macseiî. The Laneet, 1880, t. I. p. '287. — .). AuDoiCET, Thèse de Paris, 1878.
(•') PÉAN, Cliniques rliirio-tjicales, l. \"II, j). GOS.