D'ACCIDENTS
a. Hernies réductibles. — Malgaigne, puis Gosselin ont insisté sur les conditions très défavorables que des hernies crurales offrent aux tentatives de contention; aucune espèce de bandage ne peut donner la garantie d'un maintien suffisant. On ne peut songer à fermer l'anneau crural par une pression qui aplatirait en quelque sorte l'arcade de Fallope sur le pubis; il faut que la pelote réponde à la partie antérieure et inférieure du canal crural et qu'elle descende jusqu'à la racine de la cuisse; elle sera donc soulevée et à chaque instant déplacée dans les mouvements de flexion du membre inférieur sur le bassin, et l'on doit savoir que dans cette position des parties, notamment dans les situations assise et accroupie, on ne peut attendre aucun elTet utile de l'action des meilleurs bandages. Les seuls qui conviennent ici sont les bandages français : dans les bandages anglais, la pelote, lorsqu'elle se
HERNIES CRURALES.
déplace, ne peut être ramenée en place par l'action du ressort; celui-ci, prenant un point d'appui sur la circonférence pelvienne, dans le bandage français, s'oppose dans une certaine mesure à ce que la pelote remonte et tend à lui faire reprendre sa place lorsqu'elle a été dérangée par un mouvement de flexion de la cuisse.
La partie antérieure du ressort, dans le bandage crural, s'incurve fortement en bas pour supporter la pelote et lui permettre de s'infléchir sur la région crurale; celte torsion du ressort lui enlève une partie de son efficacité; pour compenser la perte de forces qui en résulte dans la pression exercée* par le
bandage, il est nécessaire d'accroître la résistance du ressort, principalement au niveau du collet.
Le sous-cuisse du bandage crural doit être établi de la pelote au collet du bandage en faisant le tour de la partie supérieure de la cuisse.
Puisque l'on ne peut compter sur une exacte contention des hernies crurales, ce serait folie de prétendre les guérir par les bandages. Malgaigne soutient avec raison que jamais on n'a montré un cas authentique de cure radicale obtenue par ce moyen.
Il semblerait, d'après ce qui précède, que les occasions de pratiquer la cure radicale pour les hernies crurales soient nombreuses, il n'en est rien. Les hommes qui en sont atteints ont souvent passé la période moyenne de la vie; ce sont d'ailleurs chez eux des hernies de faiblesse, le plus souvent elles coexistent avec une autre hernie, soit du môme côté, soit du côté opposé; d'autre part, chez les femmes, la hernie crurale passe le plus souvent inaperçue jusqu'à ce qu'elle détermine des accidents, et la plupart d'entre elles se refuse à se soumettre à une opération pour une affection qui n'est pas douloureuse et dont elles ne comprennent pas le danger.
Il y a néanmoins indication d'opérer les hernies crurales toutes les fois que l'impossibilité de les contenir par un bandage est manifeste, quand la hernie grossit ou lorsqu'elle donne lieu à des accidents, même passagers, d'irréductibilité. Ce que nous savons de l'impossibilité où l'on est d'obtenir la guérison par les bandages me porte même à conseiller formellement la cure radicale de toutes les hernies crurales chez les jeunes sujets. En dehors des contreindications communes à toutes les hernies, on rejettera l'intervention dans les cas où, du môme côté, il existerait en môme temps une hernie à la région inguinale, ^opération est bien plus simple que celle des hernies inguinales; le sac se laisse séparer aisément des parties environnantes; point n'est besoin d'isoler par une dissection minutieuse, le sac séreux de la couche fibreuse qui le double et qui est fournie par le septum crurale; comme on n'a point à craindre la lésion d'organes voisins contigus au sac, la décortication
FiG. m. — Bandacre crural droit