TRAITEMENT DES HERNIES OIIUUAF^ES
de celui-ci peut être faite In'-s promplemont. On peut (éprouver iK^nnmoins (juclque difficullé au moment où l'on arrive au collet du sac, souvent adhcrenl au fascia crcbrifonnis, et l'élroitcsse de l'anneau crural fait qu'il est parfois assez malaisé de libérer et d'attirer au dehors le j)éritoine (pii tapisse les environs de l'orifice herniaire, ainsi qu'on doit le faire pour ne pas laisser subsister à ce niveau d'infundibulum péritonéal.
Le sac étant lié au-dessus de son collet et excisé, les deux chefs de la ligature qui étreint son moignon seront conduits dans le tissu cellulaire souspéritonéal au moyen d'une aiguille mousse à manche fixe ; on les fera traverser d'arrière en avant la paroi abdominale le plus haut possible au-dessus de l'arcade de Fallope et on les liera en avant de l'aponévrose du grand oblique. Ce temps de l'opération, dérivé du procédé de Barker, a pour but de fixer le moignon du sac bien au-dessus de l'anneau crural, et d'empêcher à ce niveau la formation d'un infundibulum péritonéal aux dépens duquel puisse se reproduire la hernie.
Plusieurs auteurs révoquent en doute l'efficacité et môme la possibilité de la suture du trajet dans la hernie crurale; j'y ai néanmoins toujours recours et je m'en suis bien trouvé ; voici comment je la pratique : une anse de fil est passée sous l'aponévrose du pectine de telle sorte que ses deux chefs ressortent dans le canal crural l'un en dedans, l'autre en dehors ; on les y reprend pour les faire traverser isolément l'arcade de Fallope, et on les noue en avant de cette arcade; en serrant cette anse de fil on rapproche ainsi l'aponévrose du pectine de l'aponévrose abdominale et
l'on oblitère d'une manière complète la lumière du canal crural ; trois ou quatre points de suture doivent être superposés de la sorte. Ce procédé d'occlusion de l'orifice herniaire a été employé également par Wood et par Cushing ('). On complète l'opération par la suture ordinaire. Il est nécessaire pour que des adhésions solides puissent s'établir entre les plans fibreux qu'on a mis en contact, de maintenir pendant tout le temps nécessaire à la guérison la cuisse du malade fléchie sur le bassin.
FiG. 112. — Cure radicale de la hernie crurale — L'aiguille, conduite par le doigt, traverse raponévrosc du pectine et l'arcade de Fallope, au niveau de l'anneau crural.
(') II. -W. Cushing, An improved mctiiod for the radical cure of fémoral hemia. Boston med. and surg. Journ., 1888, l. CXIX, p. 546.
760 HERNIES CRURALES.
b. Les Jtcrnics crurales irréductibles qui ne déterminent pas d'accidents, les petites épiplocèles adhérentes, les lipomes herniaires et les hernies graisseuses, devraient être toujours soumis à la cure radicale, car on n'est jamais sûr que ces hernies ne deviendront pas un jour le siège d'accidents subits dus à leur brusque augmentation de volume sous l'iniluence de quelque eflort; mais comme il est difficile de faire accepter aux malades cette détermination dont ils ne comprennent pas toute l'importance, on est souvent réduit à leur faire porter des bandages à pelotes concaves. Ceux-ci, lorsque leur forme est bien exactement moulée sur la hernie, peuvent exercer sur elle une contention presque suffisante; ils ne constituent néanmoins qu'une ressource très précaire.