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CHAPITRE III

SYMPTOMATOLOGIE

L'anus contre nature et les fistules stercorales sont essentiellement caractérisés par l'écoulement au dehors des matières intestinales.

L'abondance de cet écoulement est subordonné à l'état du bout inférieur, à la présence d'un éperon plus ou moins développé, à la largeur et longueur du trajet fistuleux.

Nous avons montré plus haut que le bout inférieur pouvait être imperméable en raison d'obstacles matériels ou simplement par le fait de sa rétraction, par inactivit43 simple. Il arrive parfois qu'à de longs intervalles le malade expulse par l'anus, soit de petites scybales très dures, résidus du contenu de ce bout inférieur, soit des matières caséeuses blanchâtres membraniformes constituées par des détritus épithéliaux de ce môme bout inférieur. On évitera de confondre

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ces expulsions inlcnnit lentes avec le rélahlissenienL du cours des nialic'res. Un éperon très développé est un obstacle absolu au cours des matières, mais un éperon (pii ne s'avance pas jus([u';i la [laroi altdoniinalc n'est nullemeni un obstacle par lui-même.

Un large orifice (du diamètre d'une pièce de ."» francs) s'accompagne conslanmient de l'issue au dehors de la lolalité <les matières, à moins louterois (pion n'ait fait une large brèche à l'éperon.

Les trajets longs, étroits, sinueux n(^ laissent passer (|u'une petite (pianlilé de matières; les fislules 1res courtes, même 1res élroiU^s s'accompagnent d'un écoulement abondant, surtout cpiand le malade; a la diarrhée.

La nature des matières varie avec le siège de l'anse perforée. Les matières sont très jaunes, très abondantes, très liquides et peu odorantes quand l'orifice anormal siège sur l'inleslin grêle ou même sur le Ciccum, les caractères soni d'autant plus accentués que la perforation siège plus près de l'estomac; on y retrouve aussi des aliments non digérés très reconnaissables. Quand l'anus ou la fistule siègent [)lus bas que le caecum, les matières deviennent brunes, pâteuses, épaisses avec l'odeur caractéristique des matières fécales.

L'écoulement augmente quand le malade est pris de diarrhée, quand il boit abondamment, surtout du lait, quand il mange des légumes, des fruits, en particulier lorsque ces aliments ne sont pas en purée (débarrassés de leur enveloppe de cellulose).

On observe constamment de l'éry thème et des excoriations de la peau, particulièrement quand la perforation siège sur l'inleslin grêle dont le contenu est très nellcmenl acide.

Complications. — L'éryllième de la peau peut être très étendu, s'accompagner d'ulcérations profondes, quand le malade ne se tient pas proprement ou «juand il emploie les pansements humides. La diarrhée augmente considérablement l'érythème.

On a vu surtout autrefois de véritables érysipèles se développer autour des tistules stercorales. Immédiatement après l'établissement de l'anus contre nature pour gangrène herniaire, il se développe souvent chez les sujets âgés un phlegmon local très grave, qui reconnaît pour cause l'infection par les bactéries de l'intestin.

Des ABCÈS peuvent plus tard se développer dans la peau, dans la paroi ou dans le trajet quand il est long, sinueux, mal drainé ou compliqué de lésions pathologiques.

Quand l'orifice anormal est très large, on peut voir survenir soit des proj.APSUS DE LA MUQUEUSE, soit dc vérltablcs iNVAGiN.vTioNS dc l'un ou des deux bouts.

On a signalé encore des hernies de Vintestin grêle ayant pour sac la paroi intestinale du bout supérieur de l'anus contre nature; cette complication ne survient qu'avec des orifices énormes.

Pronostic. — L'anus contre nature est ordinairement compatible avec l'existence.

Toutefois il peut amener la mort quand il siège très près de l'estomac, en raison de la déperdition des matières.

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J'ai vu naourir des malades par l'épuisement que leur causait une diarrhée prolongée et incoercible. D'autres sont morts rapidement de diarrhée accompagnée de phénomènes cholériformes.

Certains malades meurent de cachexie par leur entêtement à se retenir de manger pour diminuer l'abondance de l'écoulement.

La mort peut être le résultat de complications infectieuses (érysipéle, suppurations, fistules pyo-stercorales), ou des lésions concomitantes de tuberculose ou de cancer.

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