‹ Traité de chirurgie (volume 5)Chapitre 228 sur 235 · MECANISME DE LA GUERISON SPONTANEE · texte numérisé non relu

MECANISME DE LA GUERISON SPONTANEE

La guérison spontanée n'est possible qu'après le rétablissement au moins partiel du cours des matières par l'anus vrai. Cette condition réalisée, on peut dire que les fistules stercorales proprement dites guérissent facilement quand leur trajet est étroit et mesure plus de 1 centimètre de longueur en môme temps qu'il n'est pas tapissé de muqueuse intestinale. Il est nécessaire cependant que l'oblitération commence par les parties profondes, sans quoi les matières épanchées dans le trajet provoqueraient de la suppuration et la réouverture de la fistule.

Les fistules labiées, à revêtement muqueux, ne peuvent guérir tant que la muqueuse persiste.

Les amis contre nature proprement dits ne peuvent guérir spontanément quand ils ont été établis chirurgicalement, par suture des deux bouts à la paroi, parce que l'éperon est trop saillant, l'orifice extérieur trop large et la muqueuse trop exubérante.

Parfois la guérison spontanée survient quand on s'est contenté d'inciser l'anse dans l'axe ; mais cette méthode est ordinairement contre-indiquée avec un sphacèle étendu (danger d'infection et d'oblitération du bout inférieur).

La guérison spontanée s'observe quelquefois dans les anus proprement dits établis spontanément. Ces cas présentent en effet parfois des conditions assez favorables, telles que : orifice cutané et trajet intra-pariétal étroits, direction des deux bouts se rapprochant de la ligne droite, éperon peu marqué.

La guérison spontanée ne peut se faire qu'à deux conditions, la première, que le cours des matières se rétablisse, la seconde que l'orifice cutané se ferme. Le rétablissement du cours des matières est facilité par la direction des deux bouts qui se continuent en ligne droite ou à angle obtus. Quant à l'éperon, il est tout d'abord très rapproché de la paroi abdominale, auquel cas linfundibulum n'existe pas; mais au bout de quelques mois, il se fait un retrait en arrière de l'intestin (') et de la corde mésentérique, qui attire en arrière les deux bouts de l'éperon et donne ainsi naissance à l'infundibulum. Celui-ci permet dès lors la circulation normale des matières.

{') Ce retrait reconnaît pour cause l'hypertrophie de l'intestin et la rétraction du mésentère. Ce dernier subit, du fait de la lésion, unépaississemcnt, une hypertrophie, en rapport avec un processus d'inflanuiiation chronitpic; j)lus tard les cellules enil)ryonnoires s'organisent en tissu conjonclif adulte qui se rétracte i)ar le mécanisme ordinaire. Dans un cas bien curieux de Wedemeyer {Grccfs nnd Wallers Journal des Chirurgiens, 1826), la corde mésentérique fut repousséc en haut par l'utérus gravide, le cours des matières se rétablit" et la guérison spontanée sm-vinl rapidement.

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L'ohlitoralion de rorilicc culaiic n'est possible ({ue quand il est étroit (diamètre intérieur ii celui d'une pièce de 1 franc) ; encore faut-il cpuî la nuupieuse ne vienne pas s'insérer à la peau sous la forme d'un bourrelet exubérant.

Pour (juc la ^uérison s'obtienne il faut encore que le rétablissement du cours des matières précède l'oblitéralion de l'orilice ; s'il en était autrement, on assisterait à des accidents d'occlusion intestinale décrits par les anciens auteurs sous le nom d'cng-orgement de l'infundibulum.

Ouoi (]u'il en soit, la f^niérison spontanée est rare; on ne peut ajouter foi aux chiirres de Deli)lanque ((lui sur hJl malades annonce 5G f<uérisons spontanées ('), car il ne parait pas avoir distingué les fistules des anus proprement dits.

Gœtz de son côté, sur '215 cas publiés depuis 1880, a recueilli 25 guérisons spontanées, 11 pour 100.

On n'aura le droit d'espérer la guérison spontanée que si l'éperon est peu accentué, le bout inférieur perméable, l'orifice cutané et le trajet étroits, et non tapissés de muqueuse. Cette guérison spontanée se fait en deux ou trois mois, passé ce terme on ne l'attendra plus.

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