SANS COMPLICATIONS
Les premières observations d'enlérectomie ont été des cas mortels (Roux, 1828, Hïiter, 1870) ou des échecs (Kinloch, 1863).
La méthode prit tout à coup un essor considérable sous l'influence du mémoire de Rydygier, qui rapportait 18 cas avec une mortalité de 55 pour 100. Les chiffres d'enlérectomie augmentent peu à peu dans les mémoires de Julliard, Bergmann, Bouilly, Barette, Pollosson, Heimann, Rcichel, Makins, Hertzberg, Hœnel; enfin Gœlz rapporte 77 observations avec une mortalité de 5*2 pour 100, 7 pour 100 de fistules, 59 pour 100 de guérisons rapides et radicales. En face de cette mortalité considérable, nous voyons que l'entérotomie avec anaplastie a donné à Gœtz, sur 49 cas, 50 guérisons (76 pour 100). 8 résul • tats nuls (20 pour 100), 1 mort (2 pour 100). Ces chiffres suffisent pour condamner absolument l'entérectomie appliquée aux anus sans complications.
Causes il'cc/œc de ienlérectomie. — Elles tiennent en un mot, ce sont les fautes de technique; on a employé constamment la suture circulaire dont j'ai signalé les difficultés (inégalités de calibie, difficultés d'opérer correctement dans la région mésentérique) et les dangers (rétrécissement de lintestiu). Ajoutons que l'opération est longue à cause des adhérences très vasculaires de l'intestin avec la paroi. En outre, le bout supérieur est épaissi, friable, tan-
TRiVlTî'; DE CIURURGIE. — VI. ?,j
dis que le bout inférieur est souvent rétréci et aminci. Ce sont autant d'obstacles à une suture correcte.
C. — ENTER0T0>UE INTRA-PEUITONEALE COMBINEE A L OBLITERATION DES ORIFICES
On peut reprochera l'entérotomie instrumentale ses nombreuses contre-indications et la longueur du traitement qui nécessite plusieurs séances opératoires; d'autre part, l'entérectomie présente une gravité cajisidérable dont j'ai indiqué les causes. Ces raisons justifieront, je l'espère, la création d'un nouveau procédé que j'ai employé une fois dans une observation qui m'est commune avec M. Reclus ; c'est l'entérotomie intra-péritonéale, qui consiste à faire d'abord l'ouverture du ventre au-dessus de l'anus contre nature ; on exécutera ensuite sur les deux bouts une fente verticale de 4 à 5 centimètres, située à deux ou trois travers de doigt de l'anus contre nature; on exécutera enfin une suture à trois étages sur les lèvres qui se correspondent, de façon à faire communiquer les deux anses latéralement. — On refermera le ventre, puis dans la même séance on attaquera l'anus contre nature et on le fermera par abrasion.