ANOMALIES DES DIVERS PLANS DU THORAX
On peut citer du côté du tégument des n;evi et quelques aberrations du système pileux. Chez beaucoup d'individus, la poitrine est le siège d'une polytrichose intense, disposition tout à fait normale. .Mais chez quelques-uns se rencontre une polytrichose partielle par bouquets de poils séparés. Stephen Pajet(') a fait remarquer que les hommes à poitrine velue présentent généralement une ligne de séparation à l'angle de Louis. Les poils supérieurs se portent en haut, les inférieurs en bas, d'où une raie nette. Peut-être ce fait tient-il à quelque particularité de structure de la peau.
Les anomalies des muscles thoraciques sont très bien connues. Elles n'ont au point de vue chirurgical qu'un intérêt très secondaire. Nous nous contenterons d'en rappeler, d'après Testut, quelques points principaux.
Le muscle grand pectoral peut se diviser en plans ou faisceaux distincts, ou se fusionner avec les muscles voisins, le deltoïde en particulier. Dans ce cas, la veine céphalique gagne directement le creux axillaire, ou perfore le muscle au-dessous de la clavicule, ou bien passe au-dessus de celle-ci pour rejoindre l'un des troncs veineux cervicaux. L'absence partielle ou totale du grand pectoral est rattachée par Testut à une cause pathologique. Brieger a cependant présenté à la Société de médecine de Berlin (mars 1890) un homme chez lequel manquaient du côté droit les deux muscles pectoraux. Or. chez cet individu une membrane rappelant l'aile de la chauve-souris était étendue entre le tronc et le bras droit, et de plus il existait une syndactylie de la main du même côté.
Les muscles sous-davier, claviculaires sunn/rnéraires, intercostaux, surcostaux, triangulaire du ster)ium, varient fréquemment dans leurs dimensions et leurs insertions. On a signalé l'existence d'un petit faisceau sterno-costocoracoïdien; enfin Ledouble a trouvé 55 fois sur 7^22 dissections un muscle anormal situé en avant du sternum, immédiatement sous la peau, qu'il appelle niuxfle preste mol.
Signalons à côté des anomalies musculaires une seule particularité touchant les artères de la paroi : Les branches externes ou intercostales antérieures de la mammaire interne sont en général au nombre de deux pour chaque espace intercostal. Assez souvent on les voit naître toutes les deux par un tronc commun.
(') Société patliol. de Londres, 15 mars 1887.
4 AXOMAI.IKS l)i:s DIVKRS PLANS DU THORAX.
Dr côïK DU SQUEL1ÎTT1-: les anomalies des côtes et du sternum ont été l'objet de nombreuses observations.
J.cA (oiomalics d('>< eûtes peuvent porter sur le nombre, les dimensions, la
l'orme.
Les cotes surnuméraires sont cervicales ou londjaires ; les premières sont plus communes. On en trouve ordinairement une de chaque côté. Lorsque les côtes cervicales acquièrent une longueur d'au moins .'> à () centimètres, l'artère sous-clavièrc passe au-dessus d'elles. Si la côte est plus courte, le vaisseau n'a plus de connexion qu'avec la première côte dorsale (Halbertsma, (j^:;. Jiebd. de incd. et de rliir., 1857, p. Ool). J"ai assisté, il y a trois ans, à une résection que mon collègue Perier a dû pratiquer à Lariboisière, pour remédier à la compression qu'une côte surnuméraire exerçait sur le plexus cervical du côté droit.
Les anomalies par défaut sont beaucoup moins fréquentes que les anomalies par excès, et encore sont-elles rarement complètes, en ce sens que la côte avortée, — ordinairement la première, — est presque toujours bien développée dans sa portion vertébrale et seulement atrophiée dans sa portion sternale (Paulet, art. Côtes, Dict. eneyclopcdiqKe).
On a signalé des bifidités des côtes et surtout de leurs cartilages, des prolongements latéraux par lesquels elles peuvent s'unir, etc.
La convexité normale des côtes peut être peu marquée ; on a môme vu ces arcs devenir convexes en dedans, rétrécissant ainsi la poitrine d'une façon considérable.
Les anomalies du sternum ont été en partie indiquées déjà. Nous avons signalé, à cause des modifications qu'elles impriment à la physionomie générale du thorax, l'exagération de l'angle de Louis et la disposition en entonnoir. On pourrait insister encore sur la mobilité congénitale de la seconde pièce du sternum par rapport à la première (Sabatier), sur l'asymétrie de ses Inoitiés latérales, asymétrie qui est, à vrai dire, normale chez les enfants (Roques), sur la difformité et la gène qui résultent de l'union angulaire de l'appendice xipho'ide avec le sternum. Dans un cas publié par Linoli (Revue médlco-chiru/'i/icale de Paris, t. XIII, p. 45), l'appendice projeté en arrière comprimait et irritait l'estomac, d'où des douleurs et des vomissements fréquents qui obligèrent à pratiquer sa résection.
Les cas d'absence totale ou partielle, et de bifidité du sternum, se rattachent à l'étude de l'ectopie cardiaque. On connaît quelques faits d'absence totale du sternum dans lesquels les côtes, à leur partie antérieure, s'adossent les unes aux autres de chaque côté, à la façon des fausses côtes. Entre les deux bords osseux on trouve vm écartement variable, qui augmente considérablement dans l'inspiration et dans certains mouvements. Le cœur peut, chez ces sujets, être senti à travers les téguments, saisi avec la main; il peut sortir complètement hors de la poitrine.
Souvent on pourrait croire, après un examen superficiel, à une absence du sternum alors que cet os est seulement divisé dans toute sa hauteur, chaque moitié restant en rapport avec les côtes correspondantes; mais quelquefois le sternum ainsi divisé est incomplet, fragmenté en plusieurs petites pièces. Enfin, la bifidité est souvent partielle et figure un V ouvert soit en haut, soit en bas.
AXUMAI.IKS DES OUC.AXES INTKATIIOUACIOUKS.' 5
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