ACCIDENTS SECONDAIRES
de môprise. Mais il n'en est pas toujours ainsi. J'ai déjà insisté sur la mulliplicilc de lormcs des chancres mammaires; et de toutes, c'est la forme fissurairc qui passe le plus souvent inaperçue. Tantôt la malade ne se préoccupe pas «le cotle fissure, d'autant (pi'ello est souvent indolente; tantôt le médecin consulté, trompe par l'aspect, se borne à rexamcn par la vue, et passe à côté des deux sij;!nes fondamentaux ([ui ne manquent jamais et (jui l'auraient conduit au tliai^uostic, l'induration et l'adénopathie. Ces deux signes « peuvent, non seulement confirmer un jugement hésitant, mais encore établir de toutes pièces un diagnostic rétrospectif », car ils {)ersistent en général longtemps après la cicatrisation de l'ulcère.
Le chancre simple de la mamelle est si rare qu'il est inutile d'en parler. L'eczéma, les excoriations, fissures, gerçures, les furoncles, prêtent davantage à la confusion. Dans tous ces cas, ce sont les mêmes signes cardinaux, induration et adénopathie, qui doivent faire le diagnostic; ce sont eux (juil faut rechercher.
On ne doit pas oublier que les chancres mammaires sont fréquemment multiples. C'est là un fait important pour le diagnostic, car la multiplicité de lésions semblables éloigne toujours de l'esprit l'idée d'une lésion primitive. Keyes présenta à la Société dermatologique de New-York une femme de quarante et un ans qui avait douze chancres mammaires, huit à droite et quatre à gauche. Son diagnostic fut contesté; les membres de la Société soutinrent ([u'il s'agissait de lésions secondaires, mais force leur fut de faire amende honorable quand, sept semaines après, Keyes ramena sa malade couverte d'une roséole typique.
Claude rapporte un cas où un chancre faillit être confondu avec un épithélioma du mamelon. Bien qu'on puisse trouver dans les deux affections l'induration et l'engorgement ganglionnaire, je crois cependant qu'il suffit d'un examen sérieux pour faire le diagnostic.
Au point de vue médico-légal, la question qui se pose est toujours la même. Il s'agit de savoir qui, de la nourrice ou du nourrisson, a contaminé l'autre. Pour ce sujet, que je ne puis traiter ici, je renvoie aux ouvrages spéciaux.
Le traitement du chancre mammaire ne diffère en rien de celui des chancres des autres régions. Mais le véritable traitement doit être prophylactique, et il consiste uniquement en ceci : interdire absolument l'allaitement d'un nourrisson malade par une femme saine, à moins que cette femme ne soit la mère.