PAROIS DE L'ABDOMEN
sentait une disposition assez nette formant une sorte de poche limitée en avant par la gaine des muscles droits, en arrière par une lame aponévrotique spéciale qu'il a dénommée fcoidn infra umJ)Uica!i^^ en haut par les adhérences de ce l'ascia à la cicatrice ombilicale, sur les côtés par son union avec la gaine des muscles droits.
Retzius a donné, en 1850, à l'Académie de Stockholm, la description de la loge graisseuse dans laquelle se fait l'ampliation de la vessie; c'est ce que nous appelons la cavité de l\etziu>i.
Pour cet anatomiste, la cavité prépéritomale n'est autre qu'une lofje vésicale, sorte de niche fermée en arrière par le péritoine doublé du fascia transversalis, fermée sur les côtés par l'adhérence de ces deux membranes au bord externe de la gaine des muscles droits, fermée en avant par la face postérieure des muscles droits de l'abdomen dépourvue à ce niveau de leur gaine aponévrotique. Bouilly('), qui a repris ces dissections, a montré qu'il n'existait le plus souvent que la voûte de cette niche aponévrotique sous la forme d'une longue arcade à concavité inférieure, correspondant aux lignes demi-circulaires de Douglas, adhérant à ce niveau à la séreuse péritonéale, et se terminant de chaque côté des bords externes des muscles droits par deux piliers latéraux très courts ne dépassant pas 2 à 3 centimètres.
Lorsque la suppuration envahit ces loges graisseuses, elle épaissit leurs parois ; elle les rend pour ainsi dire plus saisissables, de telle sorte que ces cavités deviennent appréciables sous les téguments et dessinent dans le phlegmon sou>i-o))ibiIical une poche terminée par une ligne courbe à concavité supérieure, tandis que dans le plileginon prévétiical, la cavité de Retzius, en quelque sorte injectée, montre très nettement, sous la peau qu'elle soulève, la courbe à concavité inférieure qui la limite supérieurement à trois ou quatre travers de doigts au-dessous de l'ombilic.
Le pus des phlegmons profonds de l'abdomen renferme, comme nous l'avons dit, des organismes variables suivant l'alïection qui en a été le point de départ. A côté des bacilles ordinaires delà suppuration, on y a trouvé des gonocoques, des bacilles d'Eberth, des microbes de l'infection puerpérale, des agents pathogènes venus des voies digestives ou urinaires.
Tantôt la suppuration présentera ses caractères ordinaires, tantôt elle offrira une coloration spéciale. Poisson a déjà signalé dans sa thèse la coloration rouge brique du pus de certains phlegmons périhépatiques ; Gosselin en a rapporté un exemple (-), et Chauffard un autre ('').
On pourra encore y trouver des gaz plus ou moins putrides, des corps étrangers venus du dehors ou de la cavité intestinale, des helminthes, des vers en voie de migration. Ce sont là des phlegmons secondaires par propagation, qu'il n'est pas toujours facile de distinguer des phlegmons primitifs, et sur lesquels nous reviendrons à propos du diagnostic.
Enfin, à côté de certains cas irréguliers je dois mentionner quelques faits exceptionnels dans lesquels toute la couche cellulo-graisseuse de l'abdomen était envahie par la suppuration, véritable phlegmon large et total. Le pus
(') Thèse d'agrég., 1880.
(*) Gosselin, Clinique chirurgie., t. II, 48Mcçon.
(5) Poisson, Thèse de Paris, 1877.