RUPTURE DES MUSCLES DE LA PAROI ABDOMINALE
Les lésions de cette caté^'^orie comprennent deux variétés :
1" La rupture par contusion;
2" La rupture par elVorl, appelée aussi rupture spontanée.
I ' Rupture musculaire par contusion. — Hien n'est plus commun que d'observer, dans les contusions de la paroi abdominale, des atlritions et des déchirures des libres musculaires, accompai^nant d'autres désordres plus ou moins profonds. Dans cpielijues circonstances rares, la rupture musculaire est, pour ainsi dire, toute la lésion. Cette rupture se produit parfois dans les conditions suivantes : le blessé, voyant venir le coup, contracte instinctivement ses muscles qui, tendus et rij^ides, se rompent, plutôt (jue de céder.
Ces ruptures ne sont pas fréquentes; il faut un traumatisme considérable : chute d'un lieu élevé, éboulemenls, etc.; on les voit aussi succéder à un coup de pied de cheval ou d'homme, ou même à un choc insignifiant, comme dans un cas rapporté par Pollock : un livre, tombant d'une bibliothèque, vint heurter l'abdomen et y produisit une rupture du muscle droit. De même, Poland cite l'histoire de deux soldats qui se firent une lésion semblable, en tombant sur le bord de leur lit.
C'est presque toujours le muscle grand droit qui se rompt; cependant, Plaignaud, Larrey, et d'autres, ont observé des ruptures des muscles grand et petit obliques.
Dans la pathogénie de ces ruptures par contusion, il faut toujours faire la part du choc en lui-même et de la contraction, plus ou moins violente, qui se produit, d'instinct, au moment où le muscle est frappé.
2" Rupture musculaire par eftort. — Rupture spontanée. — Cet accident s' observe Joujou i-fi sur le muscle grand droit; on cite, cependant, un cas de Jarjavay ('), dans lequel la rupture semble avoir porté sur l'aponévrose du grand oblique, à un travers de doigt au-dessus du canal inguinal.
Habituellement, un seul muscle est déchiré.
Ces ruptures se rencontrent, assez souvent, sur des sujets convalescents de fièvres graves, la fièvre typhoïde en particulier; elles surviennent alors à l'occasion d'un faux mouvement, d'un accès de toux ou d'un effort de vomissement. On les a signalées aussi pendant l'accouchement.
Mais elles se rencontrent aussi, quoique plus rarement, chez des indi\idus sains et vigoureux, à l'occasion d'efforts violents, comme ceux que nécessitent les exercices de gymnastique ou d'équitation. Dans plusieurs observations il s'agit de jeunes soldats commençant leur instruction de cavaliers : mal assurés sur la selle, ils se courbent en avant, pour peu que l'allure soit rapide, cl, si le cheval vient à marquer un brusque arrêt, le cavalier inexpérimenté se
(*) Jarjavay, .4na/. chir., t. II, p. 407.