ABCÈS CHAUDS
aérobie, à proloplasnia (ranspairnl, (pii colore en vert les bouillons de culture, d'où, par le chloroiornie, on peut extraire une couleur bleue semblable à celle du pus bleu, la pyocyanine déjà découverte par Fordos. Il est plus difficile d'explicpuM- la teinte verdûlre de certains abcès du cerveau.
L'odeur du pus ne peut gucre se définir : lorsqu'il est louable, disait Boycr, cette odeur est préférable à celle de la rose. Cet avis n'est guère partagé; beaucoup la trouvent nauséeuse, rappelant un peu celle du sperme; parfois elle est aigrelette, sulfurée, ammoniacale, putride même : on sait les émanations repoussantes de certaines collections développées dans la bouche, les amygdales et le pharynx, l'intestin, le rectum, les parois abdominales et les grandes lèvres; les abcès périnéaux dus à une infiltration d'urine peuvent avoir une odeur dite de souris. Les abcès qui apparaissent au décours de certaines maladies graves, la fièvre typhoïde, la variole et la scarlatine, ont aussi, dans quelques cas, une fétidité extraordinaire; on connaît l'odeur que prennent les collections purulentes des os dans l'ostéomyélite prolongée. Il en est de même de quelques suppurations chez les diabétiques, mais ici la gangrène introduit souvent un facteur nouveau.
Ces abcès fétides se rencontrent donc de préférence autour du tube digestif et des orifices qui s'ouvrent au périnée; aussi a-t-on expliqué l'odeur qu'ils dégagent par la présence du coli-bacille dans leur cavité. La seule pénétration de l'air dans la poche purulente suffirait pour provoquer des fermentations putrides. Cette opinion a été consacrée depuis les recherches des quinze dernières années, et Nepveu a prouvé, dans plusieurs mémoires, que le pus des abcès fétides renferme un nombre considérable de bactériens venus, tantôt du dehors jusqu'au milieu du foyer inflammatoire avec quelque corps étranger, tantôt du dedans — voies digestives ou urinaires — et migrant par la voie lymphatique après quelque éraillure de la muqueuse. Passet a trouvé son bacille pyogène fétide dans une collection de la région anale. On admet encore ([ue parfois, surtout dans les abcès des fièvres graves, les vaisseaux sanguins, ulcérés ou rompus, peuvent inoculer la collection purulente avec les microbes (ju'ils roulent.
L'alcalinité du pus varie selon la quantité de phosphate et de carbonate qu'il contient; mais, dans quelques cas fort rares, la réaction en est neutre; elle est même acide dans les suppurations de la vaginite, ce qu'on expliquerait par la présence d'un acide organique, l'acide pyique ou l'acide chlorrhodinique. La densité est ordinairement de 1 030 à 1 055, mais elle peut osciller dans des limites encore plus étendues, descendre jusqu'à 1 020 et remonter jusqu'à 1 040. Ajoutons que le pus est coagulable par la chaleur, comme l'albumine, et que, si on le laisse un certain temps au repos dans un vase, il se sépare en deux couches distinctes : une, superficielle, la plus considérable, liquide et presque transparente, le sérum, qui, en volume, représente un peu plus des trois quarts de la masse totale; une seconde, solide, les globules purulents qui gagnent le fond et forment une masse gluante et boueuse ; le sérum et les leucocytes ne ■sont pas en proportions immuables; le premier compte pour 7, Sou 9 dixièmes; les seconds pour 5, 2 ou 1 dixième; 8 dixièmes d'une part et 2 dixièmes de l'autre constituent les chiffres les plus ordinaires.
Les globules purulents nous sont connus : ce sont surtout des leucocytes issus par diapédèse des réseaux vasculaires; ils peuvent être vivants encore et l'on voit leurs prolongements pseudopodiques; le plus souvent ils sont morts et
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