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INFLAMMATION ET SES CONSÉQUENCES

déjà leur protoplasme est granuleux, opaque, surchargé de graisse; ils ont un ou plusieurs noyaux que décèlent Tacide acétique et la teinture d'iode. On distingue plusieurs variétés déléments : les grosses cellules blanches mononucléaires, les leucocytes éosinophiles, les leucocytes polynucléaires, les corl)uscules de Glïige formés peut-être par des amas de cellules agglomérées, de grosses cellules, vestiges des endothéliums des cavités et des vaisseaux, des cellules adipeuses vidées de leur contenu et des cellules fixes du tissu conjonclif. On trouve encore dans le pus de petites cellules blanches, des lymphocytes, des éléments embryonnaires et une foule de fragments pulvérulents.

FiG. 12. — Globules de pus.

t, dans un liquide neutre. — 2, 5 et 4, après l'aclion de l'eau ou d'acide acétique. — 5, globules vivants, encore doués de mouvements amiboïdes (Cornil et Ranvier;.

f+étritus des cellules précédentes et des divers éléments constitutifs du foyer : fibres conjonctives, fibres élastiques, hématies, cristaux de diverses natures. Ajoutons les parasites animaux qu'on y rencontre, les échinocoques, les cysticerques, les distomes, les filaires, les strongles, les ascarides, les oxyures, les coccidies et les parasites végétaux, parmi lesquels Toïdium, Taspergillus, enfin toute la série des microbes accidentellement ou habituellement pyogènes et dont nous avons donné déjà la nomenclature.

Les leucocytes donc ne tardent pas à subir des altérations profondes au milieu du foyer inflammatoire; ils se chargent de graisse, leur substance se désagrège et se résout en granulations de volume variable. D'autres fois, surtout lorsque le sérum s'est résorbé, la masse demi-solide des globules blancs se transforme progressivement en un foyer caséeux qui se dessèche, devient de plus en plus dur, comme crayeux et souvent infiltré de dépôts calcaires; la moindre pression le réduit en une poussière impalpable que le microscope nous montre, sous la forme de corpuscules ratatinés et anguleux, perdus, nous l'avons dit, au milieu des autres éléments figurés que l'on trouve encore dans le pus : hématies, cellules épithéliales, trame désagrégée des tissus, débris de fibres élastiques, gouttelettes huileuses, parcelles d'os, cristaux de cholestérine et cristaux d'acides gras.

Le sérum, séparé par filtration des globules du pus, est un liquide transparent, jaune verdâtre et qui, par la chaleur ou l'acide nitrique, coagule son albumine et se prend en masse; il contient, outre des composés albuminoïdes, de la lécithine, de la cholestérine, des corps gras, du chlorure de sodium, des carbonates et des phosphates auxquels il doit son alcalinité. Mais tandis que les sels sont surtout en abondance dans le sérum, les matières grasses et les substances albuminoïdes se rencontrent dans les globules blancs. Rien n'est moins fixe que la proportion des divers principes du pus, et chacune des

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ABCÈS CHAUDS. or,

analyses i'ouniios par les ailleurs clilïei-e de celle qui la |irécè(le et de celle (|ui la suit.

Le pus avec ses g^lobules cl son sérum — voilà le contenu de Tabcès; disons maintenant comment se l'orme la raviU'. Nous connaissons le uoiliile toxi-infeclieux primitif : les germes qui ont péntMré et pullulé en un point du tissu connectivo-vasculaire ont produit, par la sécrétion de leur toxine, une nécrose aiguë avec liquéfaction de tous les éléments constitutifs du nodule, cellules, libres et vaisseaux de toutes sortes; en même temps survient l'hyperdiapédèse, la clasmalose et l'afflux des cellules blanches qui dissocient les tissus voisins, en compriment et en détruisent môme la charpente, toutes les travées conjonctives. Pour peu que le processus soit actif, les nodules toxi-infectieux se multij)lient, se réunissent et, par leur coalescence, forment un espace de capacité plus ou moins considérable, rempli d'un magma « composé de matières protéiques, de graisse, d'albumine et de nucléine pulvérulente qui composent, avec les sels et l'eau, la majeure partie du sérum purulent ». Mais aux limites de ces foyers, l'action des microbes et de leur toxine s'atténue; les lésions deviennent de plus en plus discrètes et l'on arrive dans une zone où l'on assiste à de véritables phénomènes réactionnels : le tissu connectivo-vasculaire y est le siège d'une vie exubérante et l'on constate, dans toutes les cellules, la division directe des noyaux ou les multiples figures de la karyokinèse. Ces travaux défensifs ont pour conséquence la formation d'une membrane que l'ancienne chirurgie, avec Delpech, nommait « pyogénique » et qui limite une cavité que traversent parfois des vaisseaux, des nerfs, des lambeaux de tissu fibreux ayant résisté au processus destructeur. Les parois en sont irrégulières, tomcnteuses et tapissées de fibrine retenant dans ses mailles des leucocytes abondants.

Ce n'est pas ici le lieu d'insister sur la structure de cette membrane granuleuse et sur les bourgeons charnus qui en forment la trame : nous le ferons lorsque nous étudierons la cicatrisation des plaies. Mais disons que, la plupart du temps, elle se constitue aux dépens du tissu conjonctif dans l'épaisseur duquel l'abcès s'est développé ; cependant il n'en est pas toujours ainsi et une des parois de la collection s'adosse à une aponévrose, un muscle, des tendons, une membrane séreuse, un os, des vaisseaux ou des nerfs qui réagissent d'une façon différente contre les attaques des agents phlogogènes ; ils résistent mieux que les mailles lâches du tissu conjonctif, terrain le plus propice à la propagation de l'inflammation.

Les aponévroses et les tendons sont d'une trame trop serrée pour se laisser envahir par le processus inflammatoire; il se dépose à leur surface un léger réticulum fibrineux, mais il faut que le phlegmon soit intense pour provoquer des troubles plus profonds — la destruction de leurs vaisseaux nourriciers et une nécrose consécutive ; le tissu perd alors sa blancheur nacrée et prend une coloration terne, grise ou verdàtre, caractéristique. Les muscles, lorsqu'ils ne sont pas protégés par une épaisse membrane fibreuse, ont une résistance beaucoup moindre, et l'on sait les dégâts que provoquent les anthrax propagés aux masses charnues, la destruction du psoas et de l'iliaque dans certaines suppurations du bassin. Le staphylocoque doré, d'ailleurs, n'a-t-il pas la propriété de transformer en peptone soluble la fibrine insoluble de la substance musculaire?

On a cru que les os et leur périoste résistaient mal au foyer de voisinage; mais on confondait le phlegmon des parties molles avec l'ostéomyélite qui

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