PARASITES MICROBIENS DIVERS DE LA PEAU
certaines variétés de papillomes sont individualisées. La tuberculose verruqueuse de la peau n'est, par exemple, qu'un papillonie dû à une cause spécifique et, par sa nature même, essentiellement dillérent des autres papillomes, des verrues par exemple, elles aussi dues à un microbe spécial.
Un chapitre d'ensemble sur les papillomes n'a donc plus sa raison d'être et l'on doit se borner à décrire quelques types dont la connaissance importe au chirurg:ien. Il est, en elïet, certaines hypertrophies papillaires dilTuses, la plupart con{?énilales, dont l'intérêt est purement dermatologique. Pour les végétations des organes génitaux, je renverrai aux maladies des régions, c'est-à-dire du prépuce, du gland, des grandes et des petites lèvres. De même pour les condylomes de l'anus, pour les papillomes muqueux de l'urèthre, de la vessie, du rectum, etc. Les variétés qui vont être retenues sont seulement : la verrue proprement dite, la verrue plate des vieillards, et certains papillomes nettement inflammatoires mais de nature encore mal déterminée.
I. Verrues. — « On donne le nom de verrues, disent les auteurs du Compenilium, à des excroissances de la peau pleines, dures, d'un aspect calleux, à surface lisse ou granulée, dépassant le niveau de cette membrane de quelques millimètres cl insensibles par elles-mêmes. ■»
On distingue parmi ces excroissances plusieurs variétés, d'après leur forme.
Les vernies proprement dites sont petites, assez molles, d'une couleur jaune grisAlre; leur base est étroite, si bien même qu'un pédicule peut se constituer dans la verrue dite acrochordon. Suivant la configuration extérieure, Follin divise encore les verrues en coniques, filiformes et aplaties ; on appelle poireaux les verrues plus dures, aplaties, chagrinées, à surface crevassée.
La surface est, en elTet, lisse ou fendillée, ressemblant à un velours à poil ras, .selon que le revêtement épithélial corné recouvre les papilles hypertrophiées, ou les laisse, au contraire, émerger plus ou moins. Dans un cas comme dans l'autre il est facile, d'ailleurs, de mettre en évidence l'hypertrophie papillaire. Si avec un rasoir on fait des coupes successives, parallèles à la peau, on voit sur la surface de coupe un pointillé manifeste. Lorsque la section est rapprochée de la base, ce pointillé est marqué par des gouttelettes de sang, car la base des papilles est vasculaire; en même temps la douleur survient.
Etiologie. — Les verrues atteignent surtout les enfants et les jeunes gens. Elles ont pour siège de prédilection la main, les doigts, à la face dorsale principalement; assez volontiers encore la face et le cou, quelquefois les pieds. Elles peuvent d'ailleurs siéger n'importe où. Elles sont isolées ou multiples et, dans ce dernier cas, peuvent former, à la main surtout, de véritables plaques confluentes, et c'est le plus souvent chez les sujets qui en ont aux mains qu'on en observe à la face, au pourtour des orifices naturels.
Ces constatations cadrent bien avec l'opinion vulgaire, d'après laquelle les verrues seraient contagieuses. Depuis longtemps les malades affirment qu'ils en voient s'élever sur les régions qu'a contaminées le sang au cours des opérations faites pour les débarrasser d'une de ces petites excroissances. Jusqu'à ces dernières années les médecins se bornaient à sourire de ces préjugés. Mais la bactériologie a démontré que les verrues sont parasitaires, dues au Bacleriurn porri décrit par Majocci, par Cornil et Babès(').
(M Cop.ML et Ranvier, Loc. cit., t. I, p. 532, et t. II, p. 837. — Cornil et Babès, Les Bactéries, 1' éd., 1886, p. 647.
[A BROC A