C TL'MEURS DES APPAREILS PILO-SÉBACÉS
des tumeurs solides. Les plus «i^ros sont ordinairement peu tendus, mous, pAleux, fluctuants; quelquefois ils sont fluctuants par places cl par places de consistance pierreuse.
Le volume, lui aussi, n'a rien tle lixe. (lertaines loupes sonl reconnues alors qu'elles sonl grosses comme un pois. Le plus souvent, les malades consultent quand la tumeur est p;posse au plus comme une noix. Mais d'auli-es, dans leur incurie, laissent le volume devenir énorme. A. Cooper a vu un homme dont le vertex était orné d'une loupe grosse comme une noix de coco, en sorte que le chapeau ne pouvait descendre jusqu'au crûne et qu'il en résultait un aspect grotesque. Lebert, \'idal, llébra citent des kystes sébacés gros comme une tête d'enfant. Dans un cas de X;rgelé la tumeur, du volume de deux poings, allait de l'apophyse mastoïde à la clavicule.
La multiplicité est fréquente, surtout au cuir chevelu et au scrotum : les tumeurs dépassent rarement alors le volume d'une noisette, d'une petite noix. Ces loupes multiples sont quelquefois voisines, se louchent même, et de là des soulèvements bosselés de la peau.
Les signes physiques sont un peu dilîérents pour les régions autres que le cuir chevelu, et surtout pour la face. A la face, en effet, la tumeur est inlracutanée, ronde, immobile, enchâssée dans la peau. Presque toujours elle reste petite. Le point noir central y est la règle, et par pression latérale de la tumeur on le voit devenir béant, pour donner passage au contenu du kyste.
Ce caractère existe pour les gros kystes sébacés des autes régions. A. Cooper l'a observé sur lui-même pour un kyste du dos dont on devait l'opérer. Par curiosité, il se regarda le dos dans une glace, vit le point noir et eut l'idée de presser sur la tumeur qu'il vida de la sorte, puis, renouvelant de temps à autre les pressions, il maintint vide la poche dont il évita l'ablation. Cette historiette a fait dire qu'A. Cooper a découvert le point noir central des kystes sébacés : avant lui, en 1816, Cruveilhier l'avait signalé, et l'avait donné comme preuve de l'origine glandulaire de ces kystes.
Les signes fonctionnels sonl nuls, et si Verneuil a observé une fois des accidents douloureux, celle exception ne saurait infirmer la règle. Le développement est très lent. Enfin c'est une tumeur qui ne récidive pas après ablation.
Le pronostic est donc très bénin et, dans l'évolution naturelle de la maladie, on n'a guère à considérer, comme hypothèse fâcheuse, que la difformité causée par le volume des kystes occupant des régions apparentes.
On doit toutefois signaler quelques complications, dont la plupart, il est vrai, n'ont pas une bien grande gravité.
C'est d'abord la distension de la tumeur par un liquide séreux plus ou moins abondant. L'importance pronostique est nulle, mais l'importance diagnostique est réelle.
L'inflammation de la poche n'est pas rare. La peau devient adhérente, rouge, amincie, douloureuse à la pression, puis se perfore. Un liquide assez épais, souvent très fétide, s'échappe. Dans quelques cas, après une suppuration plus ou moins longue, la poche se rétracte et guérit; ces faits sont indéniables mais rares. Le plus souvent, ou bien la fistule persiste, exposant le malade à des érysipèles, à des phlegmons; ou bien l'orifice se ferme, mais alors la tumeur se reforme rapidement.
Une corne peut se développer sur la paroi d'un kyste sébacé.
La seule complication réellement grave est la transformation du kyste en
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ANATOMlIi PATIIOLOGIOUE DES KYSTES SI-BACflS. 607
cancroïde. Encore faut-il ivcitmiaîliv (jui' le lait ne suivicnl ^nit're (|iio sur une loupo laissée pendant longtenii)s listulcusc, et que cet épitlu'lionia ai)j)arlienl le plus souvent à la variété relativement bénigne. C'est une dégénérescence rare, si bien que Rildientrop en conteste la réalité et que Porta, sur o8i kystes sébacés, déclara ne l'avoir jamais rencontrée. F. Franke réunit 18 observations; dansquel- (pies-unes, à la vérité, la contusion est probable avec une simple induration intlammaloire. Mais il en est d'incontestables, dues à Chassaignac, Rouget, H. Bourgeois (de Berne). En 1885, j'en ai recueilli une, avec examen liistologique, dans le service de Verneuil, sur une femme d'une soixantaine d'années.
Diagnostic. — Les erreurs ne sont pas rares, pour cette tumeur dont tous les caractères sont d'une grande Ijanalité. Le fibrome mou non pédicule sera souvent confondu avec elle. Inversement, pour une tumeur un peu profonde, on croira volontiers à un lipome; ce dernier est cependant lobule, grenu. En l'absence de phénomènes concomitants ou d'antécédents nets, une gomme syphilitique sous-cutanée sera aisément prise pour un kyste : la marche lèvera bientôt les doutes. J'ai vu, dans le service du professeur Trélat, un kyste sébacé de la paroi abdominale antérieure que tous les observateurs, ou à peu près, ont pris pour un sarcome. La tumeur était intra-cutanée, grosse comme une mandarine, arrondie, un peu bosselée et sur deux bosselures présentait une coloration d'un noir violacé; deux ou trois grosses veines bleuâtres rampaient à sa surface; la consistance était un peu élastique, mais non fluctuante. Un léger engorgement ganglionnaire inguinal existait. Or, la tumeur, une fois enlevée, fut trouvée constituée par une poche mince, distendue par un liquide séreux, un peu hématique qui, vu par transparence, était la cause des bosselures foncées. L'examen histologique de la poche a démontré qu'il s'agissait d'un kyste sébacé.
Toutes les erreurs précédentes ne seront guère commises que pour les kystes des régions autres que le cuir chevelu. Dans ce dernier point, on signale comme cause spéciale d'erreur les encéphalocèles et méningocèles. Ce diagnostic différentiel ne pourra être exposé avec fruit qu'à propos de ces maladies. Au reste, il est probable que si on en parle, c'est qu'on fait une confusion, encore trop fréquente, entre les kystes sébacés et les kystes dermoïdes. Ces derniers seuls peuvent ressembler à l'encéphalocèle.
Anatomie et physiologie pathologiques. — Le contenu des kystes est une matière souvent ^fétide, grasse au toucher; formée, sous le microscope, de cellules épidermiques plus ou moins granulo-graisseuses, de matières grasses libres et de poils follets. Balzer, Poncet (de Cluny) y ont trouvé des microbes divers.
Les éléments épidermiques et graisseux sont en proportions extrêmement variables. Dans le cas vulgaire, les cellules sont, de beaucoup, dominantes, et le contenu est cette bouillie caséeuse qui caractérise Vathérome. Ou bien on tombe sur une masse presque dure, qu'on a appelée stéatome parce qu'autrefois on l'a crue formée de graisse solidifiée; les histologistes ont démontré, au contraire, que l'épiderme est à peu près seul à la constituer. C'est lorsque le contenu est très fluide, ressemble à du miel (d'où le nom de nieliceris), que les matières grasses sont abondantes. Un pas de plus, même, et la graisse existe seule, sous forme d'huile : c'est une variété rare des kystes huileux, kystes qui pour la plupart sont dermoïdes, mais une observation de Lannelongue, sur un
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