OXVXIS SY'PIIILITIQUE
Il faut distinguer la syphilis unguéale et la syphilis péri-unguéale.
'/. La syjjltill^ unguéale présente, dit A. Fournier, cjuatre variétés. Aux mains, chez les femmes surtout, s'observe Vonyxis craquelée : l'ongle friable est ébréché, dentelé, quelque soin qu'on mette à le rogner. Quelquefois l'ongle se décolle partiellement, ce qui s'apprécie par une coloration blanche opaque qui gagne peu à peu d'avant en arrière. En général, à un moment donné, cette lésion s'arrête et l'ongle repousse en se recollant d'arrière en avant. Le décollement total, conduisant à V alopécie unguéale, est plus rare : la lésion débute vers la matrice, la racine bombe, se décolle, et finalement l'ongle tombe, laissant voir déjà son remplaçant. Uonyxis JiyperlropJnque, analogue au psoriasis unguéal, se caractérise par un épaississement considérable, surtout vers le bord libre, qui est rugueux, fendillé, irrégulièrement stratifié.
b. La syphilis péri-unyuéale secondaire est divisée par A. Fournier en onyxis sèche, inflammatoire et ulcéreuse.
Uonyxis sèche est dite squameuse quand elle est constituée par une simple syphilide papulo-squameuse du sillon latéral ou antérieur. Cornée, elle est caractérisée par lin vrai durillon péri-unguéal, qui quelquefois, par frottement, par arrachement, devient ulcéreux, h'onyxis inflammatoire ressemble, tout à fait au début, à une tourniole vulgaire; mais cette tourniole syphilitique ne suppure pas. L'ulcération, suivie quelquefois de la chute de l'ongle, est rare.
Les deux formes précédentes n'ont aucun intérêt chirurgical. Mais, abandonnées à elles-mêmes, elles deviennent parfois ulcéreuses, surtout si la région est malpropre. Ailleurs, la forme ulcéreuse est primitive, due alors à une véritable plaque muqueuse péri-unguéale. Cette onglade syphilitique peut siéger aux mains et aux pieds, mais elle est plus fréquente au pied et y a une prédilection marquée pour le gros orteil. On voit une ulcération fongueuse, irrégulière, toujours assez creuse, à sécrétion abondante, séro-purulente, fétide. Autour est un bourrelet saillant, rouge sombre ou violacé.
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ONVXIS SCROFULEUSE. 641
Gcllfi li'sioii poul occuper loiil le j)ourlour ilo l'oiif^flc ou soulcincut le \'o\)\i rétro-ungucal, cl c'esl t>cncialcuicnl daus celle dernière région (ju'ellc dél>ule. Klle arrive ù enlourcr loiil Toiif^le, à ulcérer la malriee, el Tongle racorni, brunAIre, linil par loniher. A parlirde ce inoinenl l'élal s'aniéliore. cai- jus<pie-là longle ébranlé élail une caus»; dirrilalion incessanle. La régénération de l'ongle est subordonnée à l'étal de la matrice.
OuchpieCois, la lésion s'aggrave: sur ce doigl en massue, violacé, fongueux, l'ulcération peut atteindre el nécroser la phalange.
Ces complications sérieuses s'observcnl surtout aux orteils, où la marche, la malpropreté engendrent des phénomènes douloureux el inllammaloircs. Au pied, au gros orteil principalement, une; autre particularité est à noter. Il n'est pas rare que l'onvxis syphilitique soit en cet endroit latérale et non point postérieure; c'est qu'alors il y avait, souvent au moins, une tendanc'e légère à l'incarnation, et (jne celle irritation, jusque-là bien tolérée, a provoqué la localisation de la vérole. On conçoit qu'alors l'aspect sera fort analogue à celui de l'onyxis latérale simple; la couleur du bourrelet est cependant plus violacée, plus blafarde, l'ulcération est de plus mauvais aspect, la suppuration est plus sanieuse. Ces quelques particularités permettent, en dehors des commémoralifs ou des accidents concomitants, de soupçonner un diagnostic dont on conçoit toute l'importance pour la thérapeutique.
A côté de la syphilis secondaire, une mention est due à la syphilis lerliaire. Parfois une sorte de gomme ditïuse, bientôt ulcérée, envahit la rainure péri ou rétro-unguéale, puis cerne l'ongle entier et provoque sa chute, si l'on n'intervient vite par un traitement heureusement efficace.
Le trailement général de la syphilis sera mis en œuvre. Dans la forme ulcéreuse, un traitement local est en outre indiqué. L'ongle, toujours irritant, sera arraché pour peu qu'il soit ébranlé; pour l'onyxis du pied, on fera cesser la marche. Les applications d'iodoforme, d'emplâtre de Vigo, de teinture d'iode, et au besoin de nitrate acide de mercure, hâtent la cicatrisation.
5» O.VrA'/.S SCROFULEUSE
h'onycliia maligna de Wardrop est une lésion de l'enfance el de l'adolescence. Est-ce une lésion de nature scrofuleuse? La question n'a guère été étudiée à ce point de vue. Mais il est certain cliniquement (pie, chez les scrofuleux, les onyxis Iraumaliques, les lymphangites péri-unguéales, les engelures même, ont une évolution caractéristique, au lieu de disparaître sans laisser de traces comme sur un sujet sain. La lésion peut occuper plusieurs doigts, simultanément ou successivement.
Un gonflement rouge, livide, marque le début, au niveau du pli rélro-unguéal, puis fait tout le tour de l'ongle et forme un bourrelet qui s'ulcère, devient fongueux, saignant; l'ongle mou, noirâtre, ébranlé, finit par tomber. Dans une autre forme, la lésion initiale est un abcès sous-unguéal. L'ongle décollé tombe, et l'ulcération apparaît, identique à ce qu'elle est dans le cas précédent.
Cette affection est chronique, et si un traitement approprié ne l'arrête, elle peut causer des désordres assez sérieux : l'ulcération destructive de la matrice rend définitive la chute de l'ongle; la nécrose de la phalange est possible.
Le traitement local consiste à enlever l'ongle s'il est ébranlé, à cautériser ou
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[A. BROC A '
Gii MAl.AIMKS I)i;S ONGLES.
exciser les fongosilés, el jt i'iùvo des pansements;! liodoforme ou à leniplàlre de Vigo. On aura soin d'administrer l;i niédlcation anli-serol'uleuse.