I.VMI'HANGITE AIGUC
marquonl si souv(miI le dt'-hiil de rrl('|»liaiiliasis: leur ori^iiK' filariciine a été disculéc plus haul (voy. l'HéjJKntliasis); )>" Irs lympliangiU's coiniiiuncs, succédant aux af?onts irritanls ordinaires, nuiis de fréquence, de forme, de gravité spéciales, ce ([u'cxpliiiuenl suffisaniincnl le terrain où elles évoluent, la débilitalion due au clinial, au paludisme lui-iuèine, aux vices de lliygiène publique et privée; 5° les lymphangites palustres proprement dites(').
Dans nos climats, on a remarqué que, par un hiver très froid, les formes graves et surtout les formes gangreneuses se verraient surtout (Jalaguier).
L'influence nocive du milieu est souvent frappante : il suffit de rappeler les salles d'hôpitaux ou les ambulances encombrées, mal aérées, etc., où se combinent toutes les causes d'infection.
Telle est encore l'origine des lymphangites dites spontanées ou des lymphangites épidémiques.
J. Roux, à bord du Montebello, Bellamy(^), sur le Louis X/Fet la Bretagne, Magnus IIûss, à Stockholm, ont décrit des pseudo-épidémies d'angioleucites. Dubrandy('), dans sa thèse, en a rapporté une nouvelle, survenue à bord de la frégate cuirassée la Provence; tous ces faits s'expliquent par des influences communes de milieu, ou des causes locales communes aussi : l'encombrement, riiumidité, l'alimentation insuffisante, le surmenage, et d'autre part, les irritations cutanées et les petites plaies dues aux frottements de l'uniforme, au maniement des pièces de mâture ou d'artillerie, l'absence de bains et de lavages à l'eau douce, autant de causes "qui suffisent à expliquer l'explosion de nombreuses séries de lymphangites.
L'angioleucite spontanée ne l'est qu'en apparence. On l'a observée, pendant la guerre de 1870-1871, dans les ambulances : des lymphangites graves seraient susceptibles de se développer d'emblée, en de tels milieux, quelquefois l'action de l'air extérieur a semblé la cause déterminante, mais les données actuelles doivent faire admettre, là encore, une inoculation, une contagion médiate, qui, en pareil milieu, passe si aisément inaperçue.
Anatomie pathologique. — L'anatomie pathologique de la lymphangite n'a été que rarement faite, ce sont les lymphatiques des séreuses, dans les pleu-
(*) L'espace nous a marKiuc pour consacrer un chapitre spécial à celle forme si inlcressanlc de lymphangile; on en Irouvera l'histoire exposée dans les travaux suivants :
BouREL-RoNCiÈRE, Rappo7't sur la slalion navale du Brésil et de la Plata. Arr/i. de mcd. navale, 1872, t. XVII, XVIII, XIX. — Cahlos Claudio da Silva, Lymphatitis perniciosa. Thèse de Rio-de-Janeiro, 1874. Longuement analysé dans les Aix-hives de médecine navale, 1880, XXXIII, p. 3G6. — Mazaé-Azéma, Traité de la lymphangite endémique des pays chauds, 1878. — Vinson, Lymphile grave {maladie des glandes) à Maurice et à Vile de la Réunion. Arch. de méd. navale, 1877. — PÉLissiEH, Considérations sur les maladies les plus communes à la Réunion. Thèse de doctorat, 1881. — Nielly, Nouveaux éléments de pathologie exotique, 1881. — Jouet, Contribution à l'étude de la lymphangite des pays chauds. Thèse de doctorat. Bordeaux, 1884. — Corre, Traité clinique des maladies des pays chauds, 1887. — A. Teste d'Armand, Contribution à l'étude de la lymphangite endémique des pays chauds. Thèse de doctoral. Montpellier, 1889.
En Europe, du reste, la lymphangile palustre n'a été que fort peu observée; pourtant on a signalé, dans des contrées marécageuses, des pseudo-érysipèles périodiques traités avec succès par la quinine. Maurice Raynaud (art. Érysipèle du Dict. de méd. et de chir. prat.), qui en cite plusieurs faits, ne les regarde pas comme des érysipèles légitimes, mais comme des manifestations non douteuses de fièvre intermittente larvée. M. E. Besnier en a rapporté aussi deux cas. Il y aurait là matière à recherches.
(*) Bellamv, Des causes de la lymphangite superficielle. Thèse de doct., 1870.
(') DuBRANDY, Quelques considérations sur la lymphangite aiguë et la lymphangite chronique. Thèse de doct., 1878.
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650 VAISSKAIX LYMIMIATIQUES.
résies, la périlonilo, la juMicaitlilc. la iiu'Miingo-onci'|)halil(\ (|iii onl prôlé aux recherches microscopiques, cl surlonl les lympiialiques ulérius. Quaul aux angioleucites des membres, elles nonl été (|ue fort peu étudiées : pourtant le professeur Cornil('), (-;i(liat et L(>i<lereau(-), Mayor(''), en ont publié des examens histolo^iqvu^s.
Il y a trois vai'iétés de lympliani^ite : la li/iiij>li(iiii/il(' trunculxire, la lymphan- (fite réticidain' et la h/)iipli(()iifite radiai la ire, cpii intéresse les racines môme des lymphatiques dans la peau, le tissu conjonctif ou les viscères, mais dont Ihisloire se confond, en réalité, avec celle de Tinflammalion dans les différents tissus.
Lymphangite tronculaire. — Elle est exsudalive ou suppurée : ce ne sont que deux étapes, très voisines, du même processus.
On a constaté parfois la dilatation des vaisseaux, et Monnerel la signalait déjà : il avait vu les lymphati([ues du membre inférieur gauche, épaissis et remplis de pus, tellement gros qu'une injection bien réussie n'aurait pu les rendre plus visibles. Cornil, Cadiat et Lordereau ont pu disséquer aussi les lymphatiques profonds, transformés en cordons jaunâtres et distendus par le pus. Ailleurs, les vaisseaux sont rétractés et raccourcis, mais ce sont là surtout des faits d'observation clinique (voy. Sy7npt()7nes).
D'après Vircliow, la coagulation était le premier acte de Tinflammation angioleucitique, mais on n'admet plus, ici encore, la thrombose primitive : la paroi est la première à s'enflammer.
L'endothélium se gonfle, il se desquame par places, puis sur toute l'étendue de la tunique interne. La paroi tout entière s'est épaissie : des cellules rondes, qui deviendront plus lard des globules de pus, l'infiUrenl ; les vasa-vasorum sont injectés dans la tunique externe, mais ils ne suffiraient pas seuls à produire celte bande rouge qui dessine à la surface de la peau la traînée lymphangilique.
En dedans, le vaisseau est rougeàtre quelquefois, brillant, lisse, comme dans les sinus pleins de pus de la lymphangite utérine (Lucas-Championnière).
On a trouvé la lymphe encore liquide, mais rougeàtre et fibrineuse (Bouisson)(*); la règle est qu'elle se coagule, et de très bonne heure. Le Ihrombus, formé d'un réseau fibrineux, enserre quelques hématies et de nombreux globules blancs : il est ferme encore, il donne sa consistance au cordon lymphatique : on dirait un vaisseau injecté à la craie. Ces bouchons fibrino-globulaires se prolongent très loin le long des lymphatiques, au delà même des ganglions. Weber ne les a-l-il pas suivis, dans une autopsie de fièvre puerpérale, jusqu'à la citerne de Pecquet? En fermant telles ou telles voies, ils ont un rôle dans le mode de diffusion du processus angioleucitique, et s'il est excessif de dire que les lymphangites septiques suraiguës s'expliquent par l'absence des thrombus, ces caillots oblitérants peuvent mettre obstacle pour un temps, si court soit-il, à la progression du virus et de linflammation qu'il provoque.
La péri-lijmphangite marche presque toujours de pair avec Vendo-lymplian-
(') CoRML, Didl. de la Soc. anal.. 1872, p. 595.
(*) C.KUWT elLonnEHEW, Angiolciirite profonde dans le roura d'un érysipèle. Bull, de la Sor. anat.. 1872, p. G22.
(^) Mayor, Tiièse de Jalaguier.
(*) BouissoN. Des alléralions de la lymphe dans les inflaminalians. Gazelle médicale, 1845, p. 296.
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