I.YMlMIANCJlTI:: TUnERCULEUSE. C«l
Diagnostic. — Dans sa loniic lypiciiio, avec ses cordons monililormcs, ses nodules el ses ulcérai ions en série, la lMuplianf»ile luherculeuse est d'un diaj^noslic, en général, iacile; parmi les autres types d'angiuleucite noueuse, la lymphangite syphilitique tertiaire est celle qui olïrirail peul-ôlrc le plus de prise à l'erreur. Mais, si elle revêt alors la forme de cordons et de plaques sériées, les cordons sont ù peine bosselés, durs, rigides; les plaques sont dilïuses, en nappe. Enfin le traitement spécifique est un critérium souverain, auquel il faut joindre les résultats de l'examen bactériologique et des inoculations.
C'est encore à ces dernières recherches qu'on demandera une solution définitive, dans les cas exceptionnels où les abcès farcino-morveux .simuleraient les nodules lymphangitiques, et aussi dans certaines formes d'angioleucites suppurées banales, torpides et chroniques, où les abcès restent fistuleux el tardent à se fermer. 11 faudrait se rappeler, du reste, que l'infection tuberculeuse peut se grelfer sur une lymphangite primitivement franche.
Lailler, Renaut, Favrel ont décrit, au cours des maladies de la peau, un type de lymphangite en plaques ou en cordons, qui rappelle aussi de très près la lymphangite tuberculeuse, de si près, que les faits décrits sous cette étiquette de lymphangite noueuse rentrent peut-être, en partie, dans le cadre de la tuberculose.
Nous avons dit plus haut que la forme lymphangiectasique était restée longtemps confondue avec les diverses lymphangiectasies, et comment elle en avait été séparée.
Traitement. — La lymphangite tuberculeuse étant souvent le premier indice de l'inoculation bacillaire, le traitement ne saurait être trop hâtif.
Morel-Lavallée a pratiqué, dans les gommes péri-lymphatiques tuberculeuses, des injections d'éther iodoformé, puis de vaseline liquide d'Albin Meunier (de Lyon) contenant de l'iodoforme à 1 pour 100 : les nodosités s'affaissèrent très vite en donnant naissance à une série de cicatrices violacées. Mais cette régression n'est souvent que temporaire, et la récidive ne tarde pas, sur place ou en d'autres points des cordons lymphatiques. M. Prioleau, dans ses cinq faits, s'est borné à traiter la lésion cutanée, et il a eu recours à la cautérisation journalière avec un mélange à parties égales de glycérine et d'acide lactique : l'ulcération ne tarda pas à guérir, et ce résultat fut suivi d'une notable régression des lésions lymphatiques.
L'incision et le grattage à la curette, ou mieux l'extirpation, une à une, des nodosités ou l'extirpation, en masse, de tout le cordon lymphatique, ont été faites dans plusieurs observations (Karg, Léser, Jeanselme, etc.) ; elles doivent être combinées à l'éradicalion de la lésion locale d'entrée, et à l'ablation des ganglions, s'il en existe. Très précoce, une telle intervention pourrait donner des succès durables, mais la diffusion du bacille tuberculeux est souvent si rapide, qu'on ne saurait être entièrement rassuré sur l'avenir. Dans le fait rapporté par Westberg, Kraskc extirpa, par une longue incision, le tractus moniliforme, qui s'étendait du milieu de l'avant-bras à l'aisselle : la réunion eut lieu par première intention; pourtant, quelques ulcérations fongueuses parurent, au niveau des fils, puis guérirent à leur tour. Au bout d'un an, le malade ayant été soumis aux injections de tubcrculine, il se produisit tout le long de la cicatrice une réaction très intense.
[F. LEJARS}
VAISSEAl \ LYMPHATIOUES.
LYMPHANGITE CANCÉREUSE
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Dans les néoplasmes malins, les lymphali(iues sei^venl de voie de Iranspoi-l, sans que leur paroi elle-m(^me soit souvent le siège de la grefl'e cancéreuse : ici encore, la lymphang-ite est rare, comparée à ladénopalliie.
Sur les confins de la tumeur, au sein par exemple, on trouve les vaisseaux efîérents. et même sur une certaine longueur, les vaisseaux afTérenls, bourrés d'un suc laiteux, épais, que signalait déjà Sœmmering. Il est formé de globules
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FiG. loiJ. — Lymphangite cancéreuse pulmonaire (Troisier. Arch. de physiol., 1874, pi. XIII, fig. 3;.
blancs et de cellules épithéliales, émanées du foyer épithéliomateux primitif (Grighton. Hoggan, Giissenbauer). A leur contact, l'endothélium de la paroi réagit, prolifère, et devient lui-même l'origine d'une néoplasie secondaire (voy. fig. 150); les embolus épithéliaux se fixent en certains points, et ainsi naissent, par places, sur le trajet des lymphatiques, des noyaux isolés. La lymphangite cancéreuse répond donc au type de la lymphangite noueuse.
C'est sur la plèvre ou à la surface du poumon qu'on l'a surtout étudiée (Waldeyer, Troisier), et aussi sous le péritoine. Dans la sphère chirurgicale, on la rencontre au sein, au cordon spermatique, plus rarement sur les membres, à la suite des épithéliomas cutanés.
[F LEJARS ]