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lies troncs et les vavices dermiijues. Nous laisserons cnlièremenl do côlc le lymphangiome, quelles que puissent ôlrc ses al'finilés avec les varices léliculaires; il rentre dans le cadre des tumeurs (voy. Li/utpItcoKjioine); nous renvej'rons aussi au chapitre de Vlilépltanliusis.
Ainsi dé<!:ati:és. les trois types que nous allons ctudier ont leur histoire anatoiniiiuc et clini(jue très nette et très aisée à caractériser, si leur pathogénie prêle encore largement à l'hypollièse. Il faut ajouter tout de suite qu'ils se combinent souvent, et que la lynq)hangiectasie est mémo susceptible de se généraliser.
Des faits épars dectasie lymphati(iue avaient été signalés depuis longtemps : Guilïart. cilé par Uarlli(ilin ( l(')70). et Bassins (1707) avaient observé la dilatation du canal thoracique, et Baillie la reliouvait plus tard; Morlon, Ackermann, Mascagni, Caldani, Sandifort, Waller, Bichal avaient vu les varices des lymphaliipies viscéraux, du poumon, du cœur, de l'intestin, du foie.
Mais les pi'emières notions précises sur les lynijdiangiectasies ne remonleni «[uau commencement du siècle : Ilorn, liasse cl Ilenkc (1807) donnent la première observation de varices ganglionnaires reconnues seulement à l'autopsie; Meckel le jeune (1818) commence l'étude des varices des réseaux cl des troncs, elle est continuée par Breschel, par Michel (de Strasbourg) qui, le premier, semble-t-il. les injecte au mercure: par Demarquay, Zambaco, Desjardins, puis Binet et David, dont les thèses marquent une éta[)e dans cette histoire.
Cependant les varices ganglionnaires n'avaient encore été qu'à peine entrevues: >' étalon, en 1860, en donne un premier fait diagnostiqué; il en publie une seconde observation, en 1865; l'année suivante, Trélal en présente un autre cas à la Société de chirurgie et, en 1807, la thèse de i\I. Th. Anger établit définitivement le type analomique et clinique de l'adéno-lymphocèle. Depuis, de nouvelles observations ont été fournies par Verneuil (1869), par Vladan Georgjevic (1870), par Nepveu. Reverdin, Mazaé-Azéma, Bousquet, Ch. Nélalon, Le Dcnlu, Th. Anger, Chipault, Matignon, etc.
Binet, Thèse de docl., 1858. — Trélat, Bull, de la Soc. de chir., 1804, p. 50G-433. — David, Tlièse de docl., 18(jr). — Tu. Anger, Des tumeurs érecUles lymphatiques (adéno-lymphocèles). Thèse de docl., 1807. — Vernecil, Soc. de chir., 4 juillet 1809, et art. Aine, du Dkt. encycl. — \ LADAN Georgjevic, Ueber Lyniphorrhoc und Lymphantciome. Arch. fiir klia. Chir., 1871, t. XII, p. 075. — Xepvec, Inflaminalion des lymphangicctasics. Rapport de Th. Anger, Bull, de la Soc. de chir., "20 juillet 1870. — Désert, Thèse de doct., 1877. — Bousquet, Tumeur variqueuse des ganglions et des vaisseaux lymphati(pies de l'aine droite. Bull, de la Soc. de chir., 50 avril 1884. — Cii. Nélaton, Observation de lyinphangiome de la cuisse opéré et guéri. Rapport de Th. Anger, Bull, de la Soc. de rhir., 25 mars 1887. — Chipault, Note sur deux cas de lymphangioine ganglionnaire (adéno-lymphocèles). France méd., juin-juillet 1888. — Varices lyni]>hatiqucs et lymphangiomes. Revue générale. Oaz. des hop., 15 déc. 1888. — Varices lymphatiques du derme. Arch. gén. de méd., mai et juin 1889. — Matignon, Un cas d'adéno-lymphocèlc double de la région de l'aine. Journal de méd. de Bordeaux, 1891, n" 10, 11 octobre. — Poix, Contribution à l'étude de l'adéno-lyini)hocèle. Thèse de doct. Bordeaux, 1892. — Bessio, Contribution à l'étude des adéno-lym]>hocèles. Thèse de doct. 1895.
Étiologie. — Les traits éliologiques i)rin(ipaux sont communs aux trois formes de lymphangieclasie.
Quelquefois congénitales (Thilesen), elles paraissent souvent de fort bonne heure, dans l'enfance; leur période de plus grande fréquence s'étend de 15 à 25 ans; les trouve-t-on sur des sujets plus âgés, de 55, de 45, de 50 ans, comme dans plusieurs observations, leur début remonte à très loin. Pourtant, l'un des malades de Th. Anger n'avait vu paraître sa double tumeur inguinale (adéno-
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LVMIMI WCIECTASIES. ««5
lymphoci'lo) i\u'i\ l'A^c de Tt'i ans. ('.liez le malade de Baiidriiiioiil ('). la liimeiir de l'aine dioile ne parut iju^à 45 ans; elle grossit lenlenieni jus<iu"à ÔÎJ ans, el prit alors un rapide aeeroissemenl on devenant bilatérale.
Les lioninies en son! heaueoup |)lns iVé(|n(Mnuienl alleinis: (piani aux influenees générales (pi'on a invoijuées, à riiéiédilé, au leui})éranienl lyniplialicpie, il esl inutile même de s'v anèler.
Les observations, et leur noud)re est déjà g'rand, se prêtent à une division en trois groupes principaux :
1" Lymphangiectasies des pays chauds. — Type exotique. — Les premiers faits «l'adéno-lymplîoeèles ont été observés sur des malades originaires des pays chauds; le malade d'Amussat était créole de Bourbon; les deux malades de Nélaton étaient, l'un Brésilien et l'autre Égyptien ; la jeune fdle observée par Verneiiil était de Pondichéry, etc. On a pu croire un instant qu'il y avait là un type morbide, exclusivement propre à la pathologie exotique et, de fait, sa fréquence paraît grande dans les pays chauds, en Egypte, au Brésil, en Australie, surtout à Maurice et à la Réunion : dans un conseil de revision de Saint-Denis, en 1868, Mazaé-Azéma trouvait 95 pour 100 des examinés atteints de tumeurs lymphatiques.
L'affection ne porte pas seulement sur la population indigène; les immigrants n'en sont pas indemnes; il semble même qu'un court séjour soit suffisant pour en subir l'atteinte: Bousquet a observé le bel exemple de lymphangiectasie ganglionnaire, qui est représenté plus loin, sur un jeune conscrit né à la Guadeloupe, etc.
'i'- Lymphangiectasies de nos climats. — Type indigène. — Le premier malade de M. Anger (1867) était né en France et n'avait jamais quitté le sol natal, et les faits du même genre sont aujourd'hui fort nombreux: la plupart des observations allemandes rentrent dans cette catégorie et, en France, celles de Chipault (ô), de Gh. Nélaton, etc., en sont encore des exemples. La lymphangiectasie spontanée (le mot n'a qu'une valeur d'attente), dans ses trois formes, et avec des caractères analogues, sinon identiques, comme extension, à ceux des variétés exotiques, a été observée à Paris, à Zurich, à Stuttgart, en Suède, sur tous les points de l'Europe.
o" Lymphangiectasies mécaniques ou symptomatiqtes. — Gette variété n'est pas niable, mais elle ne prend jamais les larges proportions ni les allures si caractéristiques des formes dites spontanées.
Elle succède : a. à l'inflammation; b. à la compression.
a. On comprend aisément que des poussées répétées de lymphangite puissent produire par places une oblitération des vaisseaux et l'ectasie des segments intermédiaires. G'est surtout aux organes génitaux que le processus s'est manifesté avec évidence. Trélat en a publié un fait très intéressant : à la suite d'une contusion de la base de la verge, lymphangite, œdème considérable et apparition de vésicules sur le dos du pénis; huit jours plus tard, nouvelle poussée de vésicules, sur le devant du scrotum. La compression les fit toutes disparaître. Huguier, Friedreich, Dufour avaient déjà indiqué une semblable origine des varices lymphatiques du pénis, et Gûnsburg les avait vues survenir au cours d'une blennorrhée (voy. Lymphangites vénériennes).
Du reste, nous verrons que l'examen anatomique a révélé, surtout dans les varices dermiques, l'empreinte inflammatoire.
(') Observation rai)i»orloc pai' Matignon, loc. cil.
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i\m VAISSEAUX LVMI'IIATIOUES.
b. La compression des li-oncs lMiijili;ili(|ues provoque, »l;nis (juehiiu-s cas. une dilalalion juM'inanenle. ('est une cicatrice, une bandelette libreuse, tendue le long du ligament île Poupart et comprimant les vaisseaux lymphatiques, che/. un enfant dont parle Patterson, et qui était atteint dune dilatation congénitale d'un membre. Plus souvent, c'était une tumeur (Mascagni, Sœmmering, Lebcrt). liussey rajiporte l'histoire d'une petite fille qui portait à la face interne de la cuisse droite une plaque de vésicules, et d'autres disséminées sur la face externe et postérieure du mollet, tout le membre était hypertrophié. La mort survint. On trouva une énorme tumeur rélro-péritonéale (pii remplissait les deu.K tiers du petit bassin, et une dilatation généralisée des lymphatiques superficiels et |trofonds.
L'obstruction des voies de passage ganglionnaires est susceptible de créer aussi la rétro-dilatation variqueuse, mais plus rarement ([u'on ne le croirait t( priori. Richet avait vu. dans un cas de cancer, des ganglions inguinaux, les vaisseaux alîerents dilatés, et l'un deux rompu et devenu fistuleux; plus récemment. Scholtz trouvait, avec des varices dermiques de la cuisse droite, des cicatrices d'anciens abcès ganglionnaires, à laine du même côté.
Ce qu'il faut remarquer, c'est que jamais ces lymphangiectasies d'origine inflammatoire ou mécanique n'ont acquis le développement ni offert l'allure |)rogressive des lymphangiectasies spontanées.
Pathogénie. — 11 reste donc établi que les influences mécaniques sont impuissantes à produire le type vrai de la lymphangiectasie, lésion extensive, symétrique, qui poi'te sur les ganglions, les troncs, les réseaux, et qui est susceptible de se généraliser au système tout entier.
Les expériences de Th. Anger, (jue des recherches plus récentes n'ont fait que confirmer, viennent à l'appui de cette conclusion. Le canal thoracique est lié sur des chiens: il se produit une distension de ce conduit, un œdème lymphatique de teinte laiteuse sur toute la longueur de son trajet, la turgescence des glandes lombaires et des troncs mésentériques gorgés de chyle; mais les lésions ne s'étendent pas plus loin: elles ne sont que temporaires: on lie en masse, sui' des chiens et des lapins, tous les vaisseaux efîérents des glandes inguinales : les afférents se gonflent sous forme de petites cordes noueuses, opalines et demi-transparentes, les glandes se tuméfient et doublent de volume, mais tout se borne là, et l'ectasie disparaît en quelques jours.
Il est évident que l'arrêt brusque, par un fil, ne réalise pas les conditions d'une oblitération progressive ou d'une compression lentement établie; aussi, dans ces faits, la lymphangiectasie est-elle possible, mais seulement dans les limites que nous avons déterminées.
L'arrêt circulatoire, mécanique, ne suffit pas ])lus à créer la maladie vaii- <iueuse des lymphatiques qu'il ne crée la maladie variqueuse des veines.
La filariose explique peut-être la plupait des cas de lymphangiectasies des pays chauds. Un grand nombre d'observateurs ont trouvé la filaire de Wucherer dans le liquide des varices lymphatiques (Manson, Lewis, Azéma), M. Lancereaux présentait, en l«8fi, à rAcadémie(') un métis de vingt et un ans, né à la Pointe-à-Pitre, qui portait un double adéno-lymphocèle inguinal avec chylurie: le sang contenait une grande (juantité de filaires(*). La coexistence de
(•) Voy. Semaine mcdirale, 18X6, n"* 54 et 50.
(*) Voy. aussi Langehevux, Lerons sur la fllariose. Semaine méd., 1888.
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