TUBERCULOSE DES GANGLIONS LYMPHATIQUES
L'Iiisloii-f tlo la liilitMciiloso i^antilionnairo a suivi celle de la liihorculoso ollomèino: ollo so (li\iso on trois i^randcs pciiodos :
1^' Périiidr (tnricnnc. — C/osl le rèi^no do la scrolidc. Kl de lail. jusqu'à la iiii du xvi'' siècle, le leinii> de xc/op^/c^ s'appliquait exelusivcmonl aux cng-orgemonts pflandulaires du cou: celait le ])t'x.<iini<s rnlli morbier dllippoeratc. Longlonips encore, les adénites chroniques, froides, indolentes, les ulcères et les cicatrices ((ui leur succèdent, seront considérés comme la signature même de la scrofule.
'i" Périoile intcnnédiairr. — On pourrait l'appeler la période lihtohMjique. Le tubercule, entrevu par Baillie et Bayle, décril parLacnnec, et dont le microscope révèle peu à peu les caractères, est découvert dans un cerlain nombre de ganglions dits scrofuleux.
En 1871, Schuppel(') y démontre la présence de la granulation grise, qui, d'après les idées régnantes, était seule caractéristicpie du tubercule.
Avec le triomphe de la théorie uniciste, la démonstration histologi([ue se complète de plus en plus. Thaon(-) ramène à la tuberculose, de par la présence du nodule tuberculeux, toutes les adénites scrofuleuses; et les travaux successifs de Koster, Friedlandei'. Charcot, Lannelongue, Kiener. Brissaud, confirment et généralisent le fait et la théorie.
Une démonstration définitive se préparait.
I\''rioih' coiili'tnjjomiiit' ou période haciériologique. — Conheim avait déjà avancé (pu' les ganglions caséeux fournissaient la meilleure matière à inoculation, cl (piils avaient toujours, entre ses mains, produit la tuberculose.
En 188^. R. Koch découvrait le l)acille tuberculeux et démontrait sa présenc(> 1 fois sur 5 dans les cellules géantes des ganglions scrofuleux.
Deux élèves de Volkmann. Schuchardt et Krause, reprirent ces recherches à la clinique de Halle, et, dans une longue série d'observations, ils retrouvèrent constamment le bacille spécifique.
Enfin Cornil et Babès ont examiné ces hypertrophies des ganglions lymphatiques qu'on trouve presque constamment à l'autopsie des enfants; ils ont trouvé dans la presque totalité des faits des tubercules cl des bacilles isolés ou contenus dans des cellules géantes.
Si les bacilles manqueni ou ne se révèlent pas. à l'examen, il est un autre critérium qui ne ti'ompe pas : l'inoculation.
C'est là aujoiu'd'hui une notion courante, cl ainsi se trouve déiinilivement consacrée l'identité de nalure de la scrofule et de la tuberculose ganglionnaires; à la place du dualisme ancien, il ne reste plus ([ue des ditTérences d'évolution.
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[F LEJARS ]
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Étiologie. — La tubercniloso des ganglions lymphali((ues est une maladie de la seconde enfance et de la jeunesse; c'est de huit à vingt ans, dapix'S Billroth, qu'elle est le plus fréquente, et les statistiques s'accordent toutes sur ces termes; mais on la trouve aussi chez le tout jeune enfant et après vingt ans (28 pour 100 des cas, de vingt à trente ans, dans la statistique de Kocher), et plus tard encore, jusqu'à soixante ans, limite extrême hors de laqvielle elle ne paraît plus qu'à titre tout exceptionnel. Cliniquement il faut distinguer, et ceci correspond à des dilférences d'évolution et par suite d'indications thérapeutiques, les adénites scrofulo-tuberculeuses de V enfant et celles de V adulte jeu ne .
Il est inutile d'insister sur la fréquence extrême de ces adénopathies, mais il existe une prédominance marquée pour le sexe féminin, et qui se chiiTre par les proportions relatives de 5 pour 2, de 70 pour 100 du nombre total, dans les séries publiées. Pourquoi cette fréquence plus grande? Est-elle due à une force moindre de résistance organique, ou tient-elle au milieu, à la vie plus confinée, etc.? Il y a là sans doute des intluences com]dexes.
A côté de ces données générales, il faut placer l'hérédité et le milieu.
L'hérédité tuberculeuse est souvent facile à retrouver; elle existerait dans 77,0 pour 100 des cas, d'après Brun ('). Enfin, il est d'autres tares hérédilaires dont l'importance ne saurait être niée : l'alcoolisme, la débilité diathési(jue, l'âge avancé des parents, etc.
On peut ranger, sous le tei-me compréhensif de milieu, la triple influence de ralimentation insuffisante, du froid humide, du surmenage, causes prédisposantes qui se combinent souvent. C'est un fait de notion courante que la fréquence de ces bubons strumeux du cou dans certaines casernes, dans les maisons de détention, etc.
Tout cela ne suffit pas; c'est le terrain; il faut le germe et la « porte d'entrée » du germe. Et, en réalité, il n'est pas rare de voir naître et se développer l'adénopathie scrofulo-tuberculeuse chez un sujet indemne de toute tare héréditaire ou personnelle. Quelles sont donc les voies de cette inoculation?
Sous ce rapport, les observations se partagent en trois groupes :
1" Dans la première série de faits, Vadénite tuberculeuse succède à une lé><io)i or'ujbielle, tuberculeuse elle-même. Les exemples abondent,
(') BnuN, Wiener med. Blatter, 1887, n» 24, p. 7.jO.
[f . LEJARS ]