‹ Traité de chirurgieChapitre 159 sur 199 · C. cANciioNs l.^MI'll \rioi i;s · texte numérisé non relu

C. cANciioNs l.^MI'll \rioi i;s

|>lilisi(|U('s ;i\ MiiiH'» : l)i('M t'iilt'iidii. 1 ad ion chiiui'iiicalc doit ri ic alors cssoiil icllciniMil pallialivi* cl ivtliiilc an iiuiiiinuiii.

7t'> (idiiijlioii nii i/r(tifj)c i/diitfliiiiuudri' lucdli.^r. rrt/iotHil. arccssihic. — Je no cile <|ii(' pour miMnoirc rôlrclrolyse (Goldinji^-Bird). K- ctuai^c soiis-cidaiu'' (v. Lcsser), I l'xiii palioii sous-ciilam'c (Dolliniçcr). Tit'iiii^uiu-liirc (lloviiacUor).

Irois inélhodcs reslcul en pivscncc : <i. l'c.rlirjxitioii. h. le rurrllayi', r. Ivfi iiijcctioHfi inlrii-(ftnii/lii>niitiin's.

II. Honnis corlains cas s[)(''ciaiix. Vc.rtirjxtlion cxl la hkHIkhIc de choix. Telle iii'sl pasTopinioii miaiiiiiie. mais lello osl la conclusion qui irssorl d'un nombre considéi'al)lc ^\v l'allé, aujourd'hui publiés.

On rcpi'oche. à l'cxlirpalion. I" dètre toujours incom|)lclc, et de prêter, par <uile. à de l"rc(|uentes récidives : li" d'être de prali([ue dilfieile. souvent dangereuse, dans des léi^ious comme le cou. I aine, etc.: ô" de favoriser, sinon de provoquer les accidents de généralisation tuberculeuse: 4" de laisser une cicatrice, toujours d'une certaine longueur, (pie la théra|)euti(pie non sanglante suivie de succès eût évitée.

Il est évident ([u'eu extirpant un foyer de tuberculose locale, nous ne saurions nous flatter de réaliser Téradication de la tuberculose. Ne savons-nous pas quelle est la rapidité de diffusion du bacille tidierculeux; n'avons-nous pas vu que latmosphère celluleuse péri-ganglionnaire est farcie de bacilles, alors même que la coque du ganglion semble encore intacte : nul doulc qu'ils ne soient transportés au loin par les lymphatiques efTérenIs et qu'ils n'aillent former des colonies, latentes encore, mais toutes prêtes à servir de point de départ aux repullulations et aux récidives lointaines. Mais, s'il faut tenir compte, ici comme <lans toutes les infections, de la résistance propre de Torganisme vivant, ({ui se défend luimême, le meilleur moyen de raid<'r dans sa défense, c'est de supprimer le foyer d'infection, toujours renouvelée, que représente la tuberculose ganglionnaire.

Du reste, les récidives sont plus rares (ju'on ne paraît le croire : les statistiques judjliées par Maire. Asthover. Hruhn, \\'ohlgemulh, Ibehl, etc., en témoignent. Sans doute, le langage des chiffres est loin d'être sans réplique, en pareille matière : le noml)re toujours notable des opérés, qu'on n'a pas revus, la diversité, souvent peu comparable, des formes cliniques, la possibilité de récidives très lointaines, restreignent toujours l'autorité des conclusions. Pourtant, si nous prenons comme exemples la statistique de ILehl et celle que donne M. ^lanson, dans .sa thèse, nous verrons que l'impression (pii se dégage de ces longues séries de faits est, à juste litre, encourageante.

Des lOo malades opérés à la clinique de Lïicke, à Strasbourg, de 1880-1800, r>0 seulement ont échappé aux recherches de Ilœhl (1892), et voici les résultats éloignés qui se dégagent des 7 4 autres faits : guérisons com|>lètes 05 pour 100; guérisons incomplètes lô pour 100: morts (ayant eu lieu un temps variable après l'opération, le plus souvent dues aux progrès de la tuberculose générale) 22 pour 100. Sui- les lOi cas. aucune mort opératoire.

M. Manson. de son côté, rapporte l'histoire de 95 enfants, opérés à l'hôpital Trousseau: sur ce nombre, il en a retrouvé 54, tous traités par l'extirpation; 21 avaient une récidive légère, un seul, une i-écidive généralisée : tous les autres étaient restés indemnes.

On ne saurait faire de l'extirpation un traitement « héroïque », une cure radicale, au sens propre du mot : elle comporte la même dose d'incertitude que toutes l<*s interventions, même les plus larges, appliquées à la tuberculose, et cela, par

[F. LE JARS

TUBKnr.ri.osi: dks (ianci.ions i.vmpiiatiolks. 737

suilc (lo (-«'Ho (lonhlo iiiconmit' : la |»ivst'nct' de Iovims lointains on visrrrîinx, encore lalenls-. le de^iv <le ivsisl.-ince de rorj^jinisine. Nrn csl-il pas de nu'^nie, par oxenii)le, |»oMr les ivserlioiis ailifidaires?

Il l'aul eluM'cher ailleni's une i>asi' Iri^ilinie d'appivcialion : et' (|iii ('j,! vrai, «•"est (jue les iveidi\('s, après rexiiipalion, sonl. en l'i-alilé. l»eaueoiip moins IVé- «pientes (pie ne sonl rai'«'s les j^nérisons, à la snile des anli'es niélliodes du IrailiMnenl.

OnanI anx dangers de l'exlirpalion. on anrail lori de les exaj^érer. La niorlalité ojx'ratoire est nulle dans la j)lnpail des slalisliijues. (lertes, l'opéralion est «le celles qui exii>ent le pins de soin; sans enlrer dans des détails de leeliniquc qui seront mieux à leur place dans la palliologie des n'^gions, nous rappellerons qu'il est indispensable d'allei- (oui de suite juscpi'à la coque gani^lionnaire, et de la suivre ré«>ulièrenieni, en se sei'vant du doij>l cl des ciseaux courbes, plulùl (pie <lu bistouri, en })rocédant lenlement, à [)elits <-ou|)s, sans tractions violentes, surtout dans la profondeur, en n'oubliant pas (pie la paroi des fi^ros vaisseaux est souvent adluM'cnte. sur une tfrande loni^ueur. au pa({uet iijanglionnaire.

Il arrivera donc, maintes lois, ([ue l'on soit oblige* de dissétpuM- et de dénuder les gros vaisseaux : or, cette dénudation, soigneusement laite et aseptique, est inotlensive. Sur 1000 cas d'extirpations ganglionnaires, rapportés par Milton, il y eut une moi-t par bémorragie secondaire, à la suite de la blessure de la carotide externe; ti lois, la carotide primitive l'ut divisée; 2 lois, la veine jugulaire interne dut être liée; 5 l'ois, elle l'ut blessée, et l'on pratiqua une ligature latérale: plusieurs l'ois, la veine jugulaire externe l'ut sectionnée et liée. Sur r28 o|)éralions. Billrolli a dû 10 l'ois lier la jugulaire interne. L'axillaire, la fémorale ont été (pudquel'ois intéressées. Mais ces accidents opératoires, rares en somme, ne sauraient devenir un épouvanlail.

Ouant aux accidents consécutifs, ils sonl rai'cs aussi et de médiocre importance. Une bémoslase soignée et l'antisepsie suppriment les bémorragies secondaires. On observe quelquefois après l'extirpation de gros pa(juels ganglionnaires un suintement abondant, sorte de lynipborragie, qui distend les lèvirs de la plaie, si l'on a fait la réunion complète. Schwartz a relevé plusieurs fois ce petit accident secondaire; nous avons vu, deux fois, à la suite de l'ablation d'un bubon strumeux iuguino-iliaque, un écoulement séro-lympbalique persister |)lusi('ui-s semaines : du reste, la lîstulette se tarit seule. La section de gros troncs lyiiq)liali(pics explique suffisamment ces faits.

L'œdème chronique, élépliauliasique, a été signalé par Uiedel. à la suite de l'extirpation des gros paquets ganglionnaires, et plus récemment étudié ))ai- Bayer. Ce sont, en réalité, des faits très rares, puisque sur 100 extirpations ganglionnaires pratiquées par Bayer, dans le cours des six dernières années, une fois seulement il eut l'occasion d'observer un œdème consécutif, assez persistant pour faire craindre l'éléphanliasis.

En somme, il n'y a rien là (pii soit de nature à restreindre les indications de. r(^xlirpation dans le traitement des adénopathies tuberculeuses — de celles, du moins, cjui se présentent sous la forme que nous étudions. — La (piestion de la cicatrice ne se pose qu'eu certaines régions, au cou suitout, chez les jeunes filles : en présence d'une tumeur peu volumineuse, il sera de bonne pratique de recourir d'abord aux injections interstitielles (naphtol camphré, iodoforme) cl d'attendre les résultats que cette thérapeutique non sanglante, combinée au TiiAiri': ni: ciinartGu:, 2" é'dil. — I. i7

[F LEJARS }

Page 1