‹ Traité de chirurgieChapitre 163 sur 199 · PLAIES DES MUSCLES · texte numérisé non relu

PLAIES DES MUSCLES

Ce sont des jjiqàrcs, dos jjlait's cûitluscs, des plaie.'i par instruments tranchants^ des arrarjicments. Elles peuvent être compliquées de corps étrangers.

Piqûres. — Si rinstrumont est petit, s'il n'est pas soptique, les piqûres sont inotîensives. Il suffit de rappeler les piqûres do l'aiguille ou du trocarl,à travers les muscles de la paroi abdominale ou les intercostaux, celles qui servent presque journellcmonl aux injections profondes de solutions médicamenteuses ou de sérum artificiel. Ce n'est pas que la piqûre glisse toujours entre les fibres musculaires, et qu'elle les écarte sans les rompre : si l'instrument a plus d'un millimètre de diamètre, il est inévitable que quelques fibres soient déchirées.

La baïonnette, le fleuret, la lime, elc, n'agissent pas seulement par piqûre : plus gros ol d'une forme (pii n'est pas régulièrement arrondie, ils écrasent en plongeant : la plaie est ii-régulièro et contuse.

[F. trJXBS ]

71^ MlSr.I.KS.

Plaies contuses. — Il osl imililc «le icvoiiir sur les caraclôros de la coiiliision ili-s iiuixU's; «•»• (|iii «Ml l'ail le daniivr ici. c'rsl que le foyer esl expos»'. .Vjoulons t|iie la forme irréi^ulière (>l aiirraclueuse de ces plaies, les corps «''li-an^ers. la poussière, les débris de \èlenieuls. elc. cpii rré<iueuiinenl les souillent, les l(''sit»us musculo-lendiueuses •\ distance, fournisseni à la uiyosite su|>purée et au plile^'UKUi <lilVu^ un uiilicii trop propice.

l)ans <•(• iiroupe se i-ani;enl Ic^ /ihni's (/\o'///e.s à frii.

Les expériences, aujourdlnii innuNreuses ('). ont inonlr»' que le trajet delà Italie jtroduil sur toute sa loui^ueur une perte du suhslance du corps charnu, et »pii' les dimensions en lariicur du tunnel ainsi creusé sont loujoui's l»eaucou|) plus grandes, ipuind le muscle est atteint dans létal de contraction, lue fois le muscle au repos, le trajet musculaire ne l'ail plus la<-e aux oritices cutanés et aponévrotiipu^s : il en i-ésulle des culs-de-sac, des claj)iers et des rétentions tl aulaid plus dauifereuses. (pu' des débris d'uniforme, des fragments de substance charnue, délaeliés et sphaeélés, y séjournent souvent.

\'oilà don<" un premier type de rorjin (Hraiiffcrs : ce sont les plus frécpienls. On cherche en vain d'autres observations: Desprès rapporte pourtant l'histoire d une malade du docteur Hébert, de Tillières, qui portait sur le <-ôté de la lauii'ue. une tumeur ulcérée d'apparence caneroïdale. Une dent avait été arrachée onze mois aiq)ai'avant. et l'instrument avait blessé la lang-ue. On débrida l'ulcération, et l'on letira une couionne <le dent molaire. Les aiguilles peuvent Ira verser les muscles sans provoquer de désordres locaux; plus encore que le tissu conjonclif. le tissu musculaiie esl tolérant pour les corps élran^ers(*), ils s'y eu!<ystenl et ne traduisent leur présence par aucun accident.

lùitin. nous signalerons encore ici les morsures et les arrachements : les morsures, plaies confuses souvent profondes, et de pronostic grave, quand elles sont étendues: les arrachements, qui se voient dans les luxations, ou encore, qui coexistent avec les arrachements tendineux (\oy. TcndoKs).

Plaies par instruments tranchants. — Sans énumérer les instruments de ce genre, on recomiaîl aisément (pi'ils peuvent agir sur les muscles par un double procétié : •

I" Par coiq» de |)ointe, ou en pi'ofondeur;

"2" Par coiq) de lame, ou en largeur.

Les plaies sont très dinérentes. suivant qu'elles sont dues à l'un ou l'autre mécanisme. Ln coup de couteau, un coup de pointe, à lépée de combat, etc., créent une plaie profonde et étroite, un jniits : le muscle n'est sectionné que sur une partie de sa largeur, la rétraction s'accuse peu. mais le sang et les liquides s erilasseni au fond du trajet, et la suppuration est toute prête à s'y établir.

Au <ontraire, la lame sectionne sur une large étendue : son trait est parfois |i.uallèle à l'axe des fibres du corps charnu, et il ouvre une boutonnière, mais il est bien plus frécjuent qu'il coupe en Iravei's. Le muscle n'est intéressé que dans une partie de son épaisseur, ou bien la section est totale.

C'est alors que la lésion revêt une allure caractéristicpu'. Deux accidents sont spéciaux à la plaie musculaire : Vhéniorrayie, toujours très abondante, et l'écarti-menl des deux bouts du corps charnu.

(') \ oy. noire article Pl.vies pap. ahmks .\ fec, liu Tcn'dé de jxitlKiliKjle (jénéralc île M. le professeur Boueliard, l. I, p. 500.

(-) \oy. Weiss, De la tolérance des /(,<s«s pour Ick corps tHrmitjcrM. Thèse d'agrétfalion. 18S0.

[F LEJARS ]

PLAIES DKS MUSCLHS. T'.'.i

(Ihaciin «I (MIN se ivli-adc, sous lolVorl «le sa loiii<-iU'. La plaie, lai^cincnl béanlo, varie eu longueur, siiivanl l'alliliide. Rappioclici' le memln-c du Ironc pour les adducleurs. léleudro, |)oui' les extenseurs, c'est léduire réearleMienI «les deux moignons niuseulaii'es, et souveid les uu'ttre en eonlael.

Du sauj^' est «'panclié entre les deux houls, eL Ton trouve parfois eu niènie temps des plaies \asculaires et nerveuses.

Oue va devenir un tel foyer? Il est ordinaire que les deux bouts se i-éunisseni et se <'icalrisent : cicatrice |)ar première ou par seconde intention, suivant les cas, inlcrscclion tihreuse jetée sur le trajet du muscle et cpii, se réduisant en(,'ore plus tar<l, n'atténue ([ue peu sa force contractile :il est devenu di<^asti'i(pu\

l*eut-il se faire une régénération des libres striées, dans <-ette <-i<-alric<î? <-,'esl là une question fort controNCi'sée, «|ue nous aborderons au chapitre des JiiijjtKi-c'^.

Toujours est-il (pie toute ivf^çénération est impossible, si le foyer a suppuié, et l'intersection libreuse est aussi plus large, (-e sont surtout ces derni(Ms cas (pii [)rètenl à la formation d'adhérences avec la peau, les nuiscles voisins ou les tissus profonds; mais ces Iraclus s'étirent et se rompent ti-ès vile, en général, et, très dillerente en eela de la cicatrice tendineuse, la cicatrice musculaire n'est que rarement adhérente à la peau.

Pourtant, et c'est là un autre mode de terminaison des plaies musculaires, on a vu, lors de plaies i)rofondes et après suppuration, la soudure étroite de la cicatrice aux os, près d'une jointure, et, (h^ ce l'ail, la force musculaire inuuobilisée.

Enfin, la rétraction était-elle exli'ème, dans les larges blessures, par coup de sabre, par les machines, qui intéressent toute la masse musculaire d'un membre, les deux bouts restent assez souvent isolés : une dépression profonde mar(|uc le niveau de la plaie, et l'impuissance est totale et définitive.

Ce que nous venons de dire des plaies par instruments tranchants, cicatrisation par première intention ou après suppuration — cicatrisation avec adhérences profondes ■ — cicatrisation isolée des deux bouts, trouve son application aux plaies contuses, de pronostic plus grave, en g-énéral, plus exposées aux complications intlammatoires et aux adhérences qui en sont la suite.

Traitement. — Faut-il faire la suture musculaire (')? Telle est la |)remièi'c «juestion à résoudre.

On a reproché à ces sutures d'être très instables, et de couper très vite. Mais, si l'on place le membre dans l'attitude qui rapproche le mieux les deux bouts du muscle coupé, et ([u'on l'immobilise, la rétraction musculaire est en parti(^ annihilée, et l'avantage des sutures sera de rapprocher jusqu'au contact les deux moignons charnus, et d'assurer la régularité et l'intimité de ce contact. A la suite des larges plaies des parties molles, elles nous ont maintes fois rendu les plus i^rands services.

Mais, si les boids de la plaie sont mâchés et en état de sphacèle imminent, toute réunion directe de\ iendrait illusoire : il faut se borner alors à un pansement antisepti(pu^.

Cj La sulure imisculaire itMiionte à Galicn : •• Voyant sur un gladiateur l)lessé piofoudi'-inent à la partie antérieure et inférieure de la cuisse ipie les bords de la plaie, entraînés l'ini vers l'oiiiiine du membre, l'autre vers son insertion, laissaient Cnlre eux un vide considérable, je n'ht'sitai pas à les rapi)rochcr par la suture; mais, crai£;nant de coudre les tendons mt'nie, je les mis à découvert jusiiu'à l'on^ine de la ])ortion cbarnue du muscle, et comme je savais que celle-ci pouvait être cousue impimément, et qu'il n'en est pas de mt'me des [endons, ce lut dans les chairs (jue je lis les points de suture. ■> [Méthode incd., liv. VL cliap. in.i

:.Ml MUSCLES.

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