‹ Traité de chirurgieChapitre 165 sur 199 · I. portion cluirnuo. — II · texte numérisé non relu

I. portion cluirnuo. — II

portion miisculo-londineuse. — III. london.

Mécanisme. — La notion de la zone de moindre résistance laisse déjà enlre- \oir le mécanisme ordinaire des ruptures. Ce mécanisme a été longuement cou- Iroversé, mais il semble qu'on puisse, des hypothèses successivement émises dégager aujourd'hui une théorie positive.

Lu premier fait à mettre en lumière, c'est la résistance énorme du muscle contracté. Bichal l'avait bien constatée, et les expériences de Sallefranque, sur le biceps du chien, ont monlréque le muscle vivant est au moins 10 fois plus résistant que le muscle pris vingt-quatre heures après la mort : actionné par l'électricité, il devient plus i-ésislant encore.

Aussi s'est-on demandé si h' muscle en élat de contraction était susceptible de se rompre : telle est l'origine de la théorie de l'allongement forcé, défendue

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RUPTURES MUSCULAIRES. T.Vi

\^nv Bicluil cl Dclpccli ; d'apivs cmix. le muscle^ rlail (lislciidii cl arraché par ses anla^onislos : côlail roxleiisioii forcée du bras qui roinpail le biceps.

Mais une telle hypothèse était loin de cadrer avec robservation, cl d aulrc pari, même ilans les luxations, la distension passive des muscles n"est jamais poitée au point de les rompre : s"ils s«' déchirent, c'est par Tact ion directe d«*s extrémités déplacées.

Heydellet et Cruveilhier ont lait voir, les premieis. que c Csl sur le muscle coii( racle ijue le plus souvent (on peut dire toujours) poi'le la l'upture.

A (juoi esl-elle due. en réalité?

,1 /(/ citntirtrtion itt.^linclii'i' et jxirtii'llt' 'lu nuisrlc. daprès Sédillot. qui réserve pourtant encore une part à rallong-emenl forcé;

.1 la contraclion involontaire ré/k'Xi\ combinée à la perte momentanée du sens musculaire (Nélaton):

.1 des contraclioiiti partielles successices (Jarjavay);

-1 /(( contraction isolée iVun muscle, dans un groupe synergique, ou à la cnntraction isolée de l'un des ventres d'un muscle polygastrique (Giibler).

Chacune de ces théories contient un des éléments du mécanisme de la rupture. Et, en etïet, lors du fonctionnement normal, la contraction se fait : l" avec une force variable, mais cjue régit le sens musculaire; 2'» par l'action simultanée de tous les faisceaux du muscle et avec le concours des autres muscles synergiques; 5» dans le sens de l'action ordinaire du muscle, c'està-dire dans celui où il est le mieux appareillé, grâce à sa forme et à ses connexions analomiques, pour produire un etïet utile.

La rupture est le résultat d'une contraction irrégulière, d'une contraction ([ui ncsl pas soumise à lune de ces trois lois, ou (jui. plus souvent, déroge à toutes les trois.

Toujours, dans ces faits, il s'agit dune excitation nerveuse brusque, excessive, volontaire ou plus souvent réflexe, qui annihile momentanément le sens musculaire, sens de défense pour le muscle : distendu et par la force passive de la résistance, et. d'autre part, par son raccourcissement actif, le muscle cède, il s'arrache lui-même, dans sa propre masse.

El ces contractions d'intensité anormale sont, le plus souvent aussi, incoordonnées : le muscle entre seul en lutte, tout d'un coup privé de l'appui de ses congénères, ou la synergie cesse entre ses propres faisceaux. Ce dernier fait n'est-il pas démontré par les ruptures partielles et successives des adducteurs ou du grand droit chez les cavaliers : on ne les constate que dans les premiers temps, elles ne se produisent plus dès que le cavalier est devenu plus habile el que les muscles se sont accoutumés à accomplir régulièrement ces manœuvres brusques et forcées qu'on exige d'eux.

Enfin il arrive encore que ces contractions incoordonnées se produisent au cours d'un mouvement que le muscle n'est appelé à faire qu'à litre d'exception : c'est le droit antérieur de la cuisse, agissant comme proi)ulseur du bassin el dépourvu alors de l'appui synergique des deux vastes; c'est le grand droit de raixlomen. devenu élévateur du bassin, et dont l'action principale se concentre alors sur sa portion sous-ombilicale, la plus faible: c'est le grand pectoral, élevant l'épaule el le tronc, etc. (Charvot et CouiUaud).

En résumé, sur un muscle sain, la rupture exige, pour se produire, une irrégularité dans fa force, dtnis la coordination, dans le sens, de la contraction, el il est évident qutM-es divers éléments sont fréquemmenl combinés. Si la substance

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