HERNIES MUSCULAIRES
« On nomme hernie mu-oculaire la tumeur formée par une portion de muscle intact, cest-à-dire non rompu, engagé à travers une boutonnière aponévrotique accidentelle de dimension variable » (Jeannel)(*).
C'est la définition scjiématiquc et, du reste, celte formule découle naturellement du terme, fort impropre, de hernie musculaire. Mais nous allons voir (|ue cette boutonnière aponévrotique manque souvent.
Les premières observations onl presque toutes donné lieu à des erreurs de diagnostic : Portai (^) rapporte quelques faits de ce genre, il en emprunte d'autres à Pouteau. Andry. Lieulaud.
(•) J.-B. Wallicr en relaln '21 cas, dans an niémoiiv rcW-onl (|ue nous utiliserons plus loin. (Voy. Ruptures des tendons.)
(*) Art. McscLES. Enrijrl. de fliir.
p) Analnmie médicale, 180.1.
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HERNIES MUSCLF-AIHES. 7(i:.
Les ()l)sorvatioMs Ac Diipuylrcii (') (licriiio du jiimoaii), do Larroy(*) (liornio du prcmior adducl(Mir), tic iiérard (') {i<l.), sont les preniitM's documents prccis; leur nond)re s'accroît peu à peu.
Warren, dans son Traite f/cs iKmciO'fi (IS'iT), siii^nale une hernie du droit anlélieur de la cuisse, prise pour une niélanose simple et enlevée commis telle; Chanet (Th. de docl. ISiiT) donne deux nouvelles observations de hernie du moyen adducteur, (pi'on crut èlre, dans un cas, une hernie intestinale irréductible, dans lauti-e un kyste; une hernie du jambier antérieur est relatée par Uichet {Aii((lo)))if rhinirgicalc, 1855); une autre encore siégeant sur les muscles de la face anléi'ieure de l'avant-bras, par Sédillot (1859).
Ce nétaienl i.;uère (pie des faits épars. En 1801, le mémoire de Mourlon, (jui, depuis lors, faisait autorité, renferme trois nouvelles observations. A son c\emi)Ie, les chirurgiens militaires continuent à publier des cas de hernie du moyen adducteur chez des cavaliers (Dauvé, Weill, Gaujot, Baudin); Prat('*) étudie celles du jambier antérieur.
En 1881, la question subit une transformation complète. A la Société de chirurgie, Farabeuf, dans un rapport sur une observation de Larger, vient battre en brèche la théorie qui régnait depuis près d'un siècle, et, se basant sur une meilleure étude des conditions anatomiques de la contraction musculaire, démontre que la hernie vraie est au moins une exception, et il appuie ses conclusions sur l'analyse des faits donnés comme tels. La même année, Larger et Bousquet fournissent encore d'autres observations.
Depuis, les faits et les travaux se sont multipliés, comme en témoigne la bibliographie ci-jointe.
MouiîLo.N. Kssni sur les liornies musculaires. Ber. île méni. de méd. et rhir. niilit., 1861. — l'.vnAiiEUF, Uapporl sur une observation de tumeur musculaire de la cuisse, communiquée par M. Larger. Bull, de In Soc. de rhir., 20 janvier 1881, p. 93, et 2 févriei- 18S1, p. 145. — L\n(;t;u, Hernie du muscle jambier antérieur. Bull, de la Soc. de rhir., 50 mars 1881, p. 203.
— Bacoix, Bec. de mém. de méd. milit., 1881. — Nimikr, Hernie et pseudo-hernie musculaire. .Archives génér. de méd., 1882, p. 285. — Guinard, Hernies musculaires. Gaz. hehd., 1888.
— Th. Giess, Zwei operaliv bchandelte Falle von Ilernia muscularis. Berliner klin. Worli., 15 mars 1882, p. 17i. — Skllerbkck, Opération eines IMusl\elbruches. Deutsche militurdrzll. Zeitse/irift, août 1801, p. .551. — TÉncNAT, Lipomes et hernies musculaires. Montpellier médical, 1802, n" 8, p. 148. — Gazin, Cure radicale d'une hernie du moyen adducteur; guérison à peu près totale. Arch. de méd. milit., avril 1802, p. 510. — Choix, De la cure radicale des hernies musculaires. Bévue de rhir., 1803, p. 485. — IlAitTMAW, Note à propos d'un cas de hernie musculaire. Bévue de cliir., 1803, p. 508. — Michaux, Hernie musculaire. Bull, de la Soc. de chic, 1804, ]). 711 et 759. — MAur.ANr.E, Etude sur la hernie musculaire. Thèse de 1804. — André, Hernie nuisculaire vraie de l'extenseur commun des doigts, cure radicale. Arch. de méd. milit., avril 1895, t. XXV, p. 301. — P. Paradies, Zur Kasuistik der Muskelhernien. Internat, med. phot. Monatsschrift, ']mn 1805, p. 101. — Legnec, Des hernies musculaires, 0" Congrès de chirurgie, 1805, n° 000.
Anatomie pathologique. — La doctrine ancienne était fort simple : lors d'une contraction brusipic et intense, le corps charnu distend sa gaine fibreuse et la rompt, il fait hernie par la brèche.
Or, d'après Farabeuf, même contracté, le muscle n'exerce jamais de pression excentrique sur les parois de sa loge aponévrotique; il la remplit chez les sujets bien musclés, il ne la distend pas, et, de fait, une pareille distension, par les frottements qu'elle aurait provoqués, eût été une entrave pour le jeu musculaire.
(') ilazette hebd., 1829.
(-) Communiquée à Mourlon : Bec. de mém. de méd. milit., 18GL
('-) Thèse de Rouillois, 1829.
(*) Thèse de doct., 1879.
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706 MISCLES.
C'est »|IM' le Mius(l(« rolilr;nlr ne i^n^sil pas. en ii'-.ililr. il ih,i,i;/'' 'Ir fnniti'. el sa f^aino s y pivic: fj^rûco à sa ronlimiilr avec l(> niaiichoii a|KHu''vroli»pi(' du inonihiv. «'Ile lire à elle « la comerlure » ( Faralteul). eesl-à-ilii-i- laponéN rose du inuscje antaj^onisle, alionj^cé el aplali. el («'Ile des groupes musculaires voisins qui sont au repos: son feuillel supeiilrjcl s'en élai-iifil d'anlanl, el devient «apahle de recouvrir alors, sans aucune lensi(jn. le xcnlre cliainn.
Les conditions analoniiques ne sont donc nullenienl favorables à la hernie brusque, par éclaleuienl de l'aponévrose, el il se trouve (ju'à l'evanien des observations, le plus «rrand nombre de ces « hernies » se sont révélées par des signes de rupture. Prestpie tous lesauleuis sijj;nalent «pie. parla «ontraction «lu muscle, la lumeur ilile hernie musculain' dnrcil el grossit; or, si la herni«' vraie peut durcir, en pareille occurrence, la rupture seule grossit, ^'oici pour(|uoi.
Les rd)res herniées décrivent une série de courbes c<)n«-entri«pi«'s hors de la boutonnière aponévroti«iue : le muscle se conlracle-l-il, chacune de s«'s libres se raccourcit, se rapproche de Taxe central du corps charnu, et tend à devenir recliligne : les anses musculaires herniées se redressent et se réduisent, au moins en partie, la tumeur s'alVaisse. tout en durcissant.
Au contraire, les fibres rompues se raccourcissent sur elles-mêmes, leurs connexions brisées ne les ramenant i)lus vers l'axe commun, elles s'entassent et l'ormenl masse : la tumeur grossit.
Ces caractères de la hernie musculaire ont été vérifiés expérimentalement par Guinard : il enlève un lambeau d'aponévrose à la surface du demi-membraneux chez le lapin : la hernie se produit, quand on rapproche le plus possible, et rapidement, les deux insertions du muscle : la hernie disparaît : 1" quand on allonge mécaniquement le muscle suivant son grand axe ; 2" quand le muscle se contracte énergiquement, sans produire d'elïel utile sur les leviers osseux; la hernie «lurcit. mais se réduit notablemenl, quand le muscle se contracte sans nulle entrave.
De ces données acquises on d«'vait donc conclure : «pie la plupart des faits jusqu'alors groupés sous le titre de hernies musculaires se rapportaient à des ruptures, le plus souvent partielles, suivies «le hernie du tronçon rompu à travers l'aponévrose.
Mais la Itirrnie vraie existe. bi«'n «prelle soit rare, el qu'elle relève d'un autre mécanisme.
1" Elle a été constatée, sur le vivant, au cours d'opérations; le fait de Bérard, relaté par Rouillois. en est un exemple: il s'agissait d'une tumeur grosse comme un petit œuf située à la partie supéro-interne de la cuisse : « La peau fut incisée... on aperçut en face de la plaie une ouverture faite à l'aponévrose fascia lata: une portion charnue se trouvait engagée dans cette ouverture et se présentait sous l'aspect d'un corps mou, rougeàtre. On agrandit l'ouverture aponévrotique et l'on chercha à saisir la prétendue tumeur graisseuse : impossil>le de la rencontrer. Alors on fit prendre au malade la position qu'il affectait lorsqu'il avait l'intention de la faire saillir, et l'on vit que cette lumeur était formée par une portion du muscle pr«'mier adducteur qui s'engageait dans l'ouverture faite à l'aponévrose. » Sellerbeck, Hartmann ont constaté l'existence d'une perte de substance de l'aponévrose, d'un ou de plusieurs orifices, par lesquels faisait hernie, à proprement parler, le corps charnu: « nous mettons à nu. écrit Hartmann, deux trous de l'aponévrose, à contours réguliers, lisses, arrondis. Lors- «pi'on presse sur la cuisse au-dessous, en la prenant à pleines mains, on voit \c
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IIERMKS Mrsc.ri.Ml'.HS. 707
muscir l'itiit' honiio à Iravcrs ces pciroralioiis; ce musclo osl liltrc de loulc adlirrence el no prôsciilc pas Iraco de la nioindic ciralrioe ». IMiis souvent encore, on a Ironvé la jji'aine a|)oné\roli([ue <lislen<lne, amincie, éraillée, mais, en somme, inlacle el sans déchirure ((lazin, Ohoux, Michaux, Darricai rière). « Nous pouvons constaler de ri>ti(, remarque M. (^.houx, que si, par le iail de sa distension extrême, celle «çaine (celle du jambi«M- antérieur) n'exerce plus, sur le muscle sous-jacent, hi conqiression exacte ei permanente, qui est létal analomique normal dans eetle région, du moins elle ne présente pas de déchiruie, ni la moindre solution de continuité; à peine peut-on y constater un peu d'amincissement, par élon^'alion de ses libres l<)ni>iludinales. » CJiez l'opéré de Lejj;neu (hernie du biceps biachial), « il y avait non pas une i^erloi-alion, mais un aniiiicisscment considérable de l'aponévrose ». Dans un l'ail récent, où nous relevions tous les sig'nes d'une hernie du lenscur du fa>icia lato, nous avons trouvé, au cours de l'opéi-alion, la gaine a[)()uévr()li([ue un peu amincie, très transparente vers le centre du muscle, mais, encore une fois, sans la moindre perforation, sans rien <iui i)ùt ressembler à un orillce « herniaire ». Il est important d'attirer l'attention sur ces cas, qui représentent bien des hernies vraies, au sens clinique que Ton attache à ce mot, mais qui montrent aussi que la conception ancienne, théorique et simpliste, ne saurait être prise au pied de la lettre.
2" Elle a été constatée en clinique, el avec tous les caractères que la théorie nouvelle exige d'une hernie vraie. Larger a communiqué à la Société de chirurgie un cas de hernie du jambier antérieur, qui, saillante et molle au repos, se réduisait lors de la contraction du muscle, qu'elle eût ou non un elTet moteur, mais surtout quand elle n'en avait pas, et se réduisait encore lors fie contraction des antagonistes et de distension passive du jambier (').
> Enhn on l'a reproduite sur les animaux. Guinard a vu que, sur le lapin, les muscles larges à aponévrose adhérente ne se prêtaient aucunement à la production de la hernie, mais il n'en est pas de même des muscles longs cl non adhérents, tels que le demi-membraneux, par exemple, qui a servi aux expériences.
Mais l'aponévrose ne se déchire pas brusquement, elle s'use peu à peu; ce n'est pas une hernie de force, c'est une hernie de faiblesse.
Cette usure lente de>< aponévroses avait été déjà indiquée par Dupuylren et pai- Follin : efle s'explique par les pressions répétées et les frollements des muscles (pi'elles engainenl. Chez les cavaliers novices, dans l'elforl (rexlension et d'adduction combinées des cuisses, les masses musculaires internes sont « à plein » dans leurs gaines; et, si la dislension n'a pas lieu dans les mouvements simples, elle est inévitable dans ces mouvements complexes, où presque tous les muscles de la cuisse sont à la fois raidis et contractés; mais elle se fait '// ><nr/'are, elh? éraille et amincit l'aponévi-ose sans la faire éclater d'emblée. Il en est de même à la jambe, par le jeu répété des jumeaux, dans le trot « à l'anglaise ».
Guinard n'a-t-il pas observé la première phase de cette dislension aponévro-
(') Pi'al(/o<'. '•(■/.) relate une ubseivalion «le M. IVmn où l'on senlail (ou noyait sentir) l'orillce aponévrotique - herniaire •: lon£>ae de .'> centimètres, large de Tt centimètres, la tumeur (c'était une hernie du jambier antérieur) est lisse, limitée en haut et en <iehors par une ligne brusque, lilncuse. En haut, on perçoit sur son bord une sensation de coifle tendue ([ui semble correspondre à une solution de continuité de l'aixtnévrose ... A notre sens, toutes les fois qu'on n'a i)as ■< vu .- la fameuse boutonnière aponévroti(iue, un doute légitime doit subsister; chez notre malade (hernie du tenseur du fasria latn), dans le relâchement, nous sentions aussi une sorte d'arcade à la partie inférieure de l'intumescence musculaire : elle était duc simplement à la diffcrcnrc de ronsislanre de la portion herniée ou soi-tlisant telle du corps charnu et du muscle ambiant.
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708 Ml SC.I.KS.
li«|UO; un jcimc liomnit' ilii service (|(> N'enieiiil présenliiil. au ci'eiix poplilé, des «leiix eûtes et sur le bord iiilei'iie du deini-ineinhi'aïKMix. une Imneur ai'roiulie. «lu'on enil èlre un kysle ci i\m lui |)oiieli()niiée sans (jue le Iroeart ramenai aiilre chose (luiin Ira^nieid iniiscMlaire. Sur le même siijeU «?ran(l rameur, on ronslalail des saillies museulaires tlu même i;(Mire sur les lra|)è/es, aux anf^les supéro-internos îles omojtlales (>l sur les lonjj^s supinaleurs.
Ainsi l'aponévrose se laisse soulever d'abord, puis elle s'ouvre peu à peu et la hernie, de son côté, «j:rossil pro£?ressivement : ce mode pathop^énique, s'il est indéniable, n'est |)as, du reste, le seul, et certaines lésions ilu muscle, lésions encore mal déterminées, doivent y a\oir leur j)art.
Étiologie. Ln hernie musculaiie vraie est, certes, très rare, cl il Tant
reeonnaiire «jue le déparlai^e est difficile à faire parmi les observations publiées sous le titre de hernies musculaires : l'examen est souvent trop peu précis pour p(M-meltre de conclure, et. quelle que soit la valeur des sig-nes d'exploration (juc nous allons indiquer, nous pensons (jue la certitude nesl jamais absolue, en «lehors de la vérification directe, opératoire.
(^n peut admettre deux types de ces hernies :
1" Les hernies traumnliqucs, les plus rares, mais dont quelques exemples onl tous les caractères de l'authenticité. A la suite d'une plaie, accidentelle ou chirui'g'icale. d'une ulcération, d'une contusion violente, etc.. l'enveloppe aponévrolique est rom|)ue ou détruite, et. par celle lu'èche ouverte, le muscle s'engage. I)elorme parle de deux faits de ce genre : sur un malade de Verneuil, une hernie du jamltier antérieur, grosse comme la dernière phalange du pouce, saillante' pendant le repos du muscle, réduite pendant la contraction, avait succédé à la ligature de la tibiale antérieure: à la suite d'un « séton » de l'avant-bras, une hernie musculaire soulevait la cicatrice laissée par la balle, et l'index pénétrait dans une ouverture aponévrolitiuc. Chez le malade de Hartmann, la hernie s'était montrée à la suite dune fracture vicieusement consolidée du fémur, et les fragments chevauchés avaient été, sans doute, les agents de la déchirure. Uappelons encore les hernies musculaires qui se produisent au fond de cer- I aines jtlaies, où l'aponévrose est intéressée, ou de certains ulcères (ulcères syphilili(|ues de la jambe ; Verneuil) :
2" La hernie vraie exigerait surtout la répétition des efforts et des mouvements forcés (cavaliers, rameurs). Peut-être certains sujets y sont-ils prédisposés par la minceur de leurs aponévroses. Elle se produit lentement et grossit peu à p(>u. Elle affecte certains muscles soumis à un « surmenage professionnel » : les adducteurs, et surtout le moyen adducteur, chez les jeunes cavaliers, le jambicr antérieur, chez les marcheurs, comme chez ce lieutenant de douanes dont parle Pral. et qui était « astreint à des exercices musculaires violents dans la poursuite des contrebandiers ». On l'a vue encore sur le triceps crural (Hartmann), le biceps l»rachial. le couturier, le tenseur du fascia latti, etc.
Symptômes. — La hernie musculaire vraie a un début insidieux et lent : il est des malades qui ne l'ont découverte qu'au bout de plusieurs mois. Pelile masse arrondie, d'abord, elle grossit de plus en plus, et son relief s'accroît progressivement, sans douleur, sans autre réaction qu'une sensation de pesanteur, de gêne ou de faiblesse.
Tous les faits, dans lesquels la hernie a paru se produire brusquement, à la suite d'un eiï'ort, d'une chute, d'un coup, doivent être tenus pour suspects : ils
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iii;i{MFs Misr.ii.AiRn:s.
rciilrcul i>res([uo Ions dans li> cadre des |>s('ud()-li<M-nirs. Kiu'orc: faul-il se rappeler (|iio le traiimalisino peut alleindre une luTiiie en voie de développement, t'xa^érei' tout d'iiii eonp les vagues désordres (pi'elle pi'ovocpiait, et là encore, servir de ivirlutciir.
Une lois consliluéc, la tumeur est de volume variable, assez [)elite parfois, eomme une noix, etc., à la région jambière antérieure, par exemple; ou relali- \(Miient grosse, comme un œuf, etc. ; elle mesurait 5 à <> centimèli'cs de long sur I ceidiinèire l/'i d(î large, chez le malade de Choux (hernie du jambier antérieur), 7 à 8 centimètres de long, 5 ccnlimèlres de large, dans le fait de Darricarrière (moyen adducteur). Lorsqu'il y a simplement distension aponévrolique, le relief est d'ordinaire plus mar([ué que dans les cas assez rares, où l'aponévrose est réellement « trouée », et la chose, d'ailleurs, se comprend sans peine. Quoi qu'il en soit, la saillie musculaire « hors rang » est, en général, ovalaire, de contours arrondis, un peu fuyants; jamais on ne découvre de pédicule. Nous avons dit, et le fait est plusieurs fois signalé dans les observations, que l'on pouvait sentir le rebord de l'orifice aponévrotique, de l'orifice herniaire : chez un malade de Mourlon, la tumeur disparaissait sous le doigt, à trav^ers une ouverture dont les bords tranchants, perpendiculaires à l'axe du membre, semblaient des cordes très tendues. Il faut toujours rechercher avec soin cet anneau ou ces piliers, mais il faut se souv^enir aussi qu'il est rare, en somme, de les retrouver nettement, que, de fait, ce trou dans la gaine manque assez souvent, et qu'on aurait tort de donner à ce signe inconstant plus d'importance qu'il ne vaut.
Molle, dépressible, réductible au repos, la hernie change de consistance et de volume, suivant les diverses attitudes du muscle, et c'est là qu'il faut chercher les principaux éléments de diagnostic de la hernie vraie et de la pseudo-hernie. Lr unixrlc est-il au rejjos et relâché, la tumeur est caillante et molle: est-il distoidu passivement, autrement dit, dans la hernie des adducteurs, la plus fréquente, porte-t-on le membre inerte dans l'abduction, elle disparaît, au nwi)is en jjartie; le ramène-t-on à l'adduction, elle se dessine de nouveau. Elle durcit quand le malade rapproche les cuisses, )riais elle ne yrossit pas, elle diminue plutôt, et si l'on s'oppose à l'effet utile de la contraction, en écartant les genoux, elle se réduit presipie, ou même tout entière. Tels sont, du reste, les signes rationnels de la hernie musculaire vraie, et dans ce groupe ne peuvent légitimement renti'cr cpu' les faits seuls qui se caractérisent de la sorte.
Très rarement la hernie contracte des adhérences au dehors de la gaine aponévrotique, elle ne devient douloureuse qu'après les exercices prolongés. Le plus souvent, elle détermine une sensation de gène, de courbature, dans certains mouvements et certains exercices, puis une fatigue rapide, une sorte de brisement. L'équitalion devient pénible, lors de hernie des adducteurs, ou la marche un peu prolongée réveille des crampes et de véritables douleurs, lors de hernie du jambier. Chez notre malade (hernie du tenseur du fascia lata), il existait même une légère incertitude de la marche et un peu de claudication. Dans cet état, elle peut durer fort longtr.vitl: de ciiiiîuugie, "i" éclil. — I. 49
F. LF.JARSr^
FiG. loi. — Jleinie vraie du IcnscurUu fascia lata.
(Obs. personnelle.)
temps, et, depuis liuil ans, le batelier dont parle Larg-er portait une hcrnio du jamhior antérieur ([ui ne l'entravait pas dans sa profession.
Diagnostic. — 11 est inutile de revenir sur le diap^nostic de la hernie cl de la pseudo-luMui»* : les caractères dilTérentiels sont, en somme, ceux de la hernie et de la rui)lurc. La pseudo-hernie est j)eu a|>pai"enle sur le muscle au repos: elle grossit et durcit, lors de contiaclion et même lorsque la contraction n'est pas suivie d'effet utile : la distension passive du muscle ne la modifie pas ou à peine. En voilà ass(«z ])our la persomiifier : on ne saurait inéconnaîln^ toutefois que certains faits cliuitiues ne cadrent pas entièrement avec ces schémas et il faut avouer ([iren iiralitiue la confusion n'est (jue (riiuporlauce médiocre, le pronostic et le traitemiMil ne différant pfuère.
Mais la liste serait long'ue tles hernies ou >seudo-hernies qu'on a prises, ou qu'on pourrait prendre encore, pour des tumeurs : lipomes, fibromes de la gaine aponévrotiipie, kystes hydatiques, kystes du creux poplité. névromes, varices, etc.
Toutes ces tumeurs siègent au-dessus ou au-dessous de l'aponévrose. Susaponévrotiipies, la contraction musculaire n'agit pas sur elles; sous-aponévrotiqu«s et intra-musculaires, elles se fixent et disparaissent, au moins en partie, quand le muscle se contracte; inter-musculaires, elles peuvent se fixer, mais restent exploraljles, leu consistance propre ne se modifie pas.
La tumeur musculaire durcit et change de volume par la contraction; elle durcit sous la faradisation. Soigneusement recherchés, ces indices suffisent et l'on n'aura recours ni au trocart-hameçon de Duchenne, ni à l'épingle plantée dans la tumeur et qui oscille avec elle (Richet).
Traitement. — Le port dun cuissard élastique, dun brassard ou d'un bandage compressif, maintient la hernie réduite et supprime en grande partie la gêne qu'elle provoque. Certaines hernies ne provoquent aucune gêne notable et ne grossissent pas : Paradies rapporte et figure un cas de hernie du moyen adducteur, observé chez un médecin, et qui, depuis vingt-quatre ans, n'a pas changé de volume et ne crée aucune difficulté de la marche. Il est évident qu'en pareil cas, on ne saurait songer à une intervention.
Les indications sont tout autres, dès que la hernie s'accompagne de douleur ou de quelque désordre fonctionnel, et, plutôt que de recourir à des appareils contentifs, toujours peu efficaces et gênants, il est de bonne — et bénigne — pratique de pratiquer une opération « réparatrice ». Mourlon et Follin avaient conseillé de faire jusqu'au muscle une incision profonde, destinée à se convertir en une traînée cicatricielle « de renforcement » ; dans le même but, Nimier, dans une hernie du moyen adducteur, escharifia les enveloppes externes jusqu'au muscle, avec les caustiques : la tumeur avait disparu, au niveau de la traînée cicatricielle, on la retrouvait encore sur le bord externe.
C'est à une véritable cure radicale (') qu'il faut procéder, comme l'ont fait Gies. Sellerbeck, Gazin, Choux, Hartmann, Michaux, Daricarrière (^), Legneu, et nous-même. Choux, dans son mémoire de 1895, en a parfaitement formulé les indications, la technique et les résultats. L'intervention, pour être complète et utile, doit porter à la fois sur le muscle et sur l'aponévrose : Sellerbeck s'était contenté de « réduire » le muscle dans sa gaine et de rapprocher par-dessus les lèvres de l'aponévrose par une série de sutures en anse ; la récidive partielle ne
(*j Nimier, De la cure radicale des hernies musculaires. Mercredi médical, 1892, p. 25. (*) Observation rapportée in Thèse de Morange {loc. cit.).
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