M ISOLES
r»9,6G pour 100: kyslos du pouuion, 10.11 : kyslcs do lôpiploou cl du iH''iiloiuc, !2,ô5 ; kystes dos musolos, 1,1)0 pour loi).
C'csl de ving^l à Ironie ans ([uon oljsorvo le plus grand nombre dliydalitlos musculaires (plus du lioi's des cas); les deux lermos extrêmes ont élé six ans et soixanle-ein(j ans. Leur frétpuMU'o est plus grande ehoz la femme, ce <pu n'est pas un caractère commun à renseud)le des kyslcs liydalicpies, puisque la statislitpie générale de Thomas-Maiguet donne au coidraire la })rédominance au sexe masculin.
Mais sous quelles influences l'ombryou hexacanthe se tixe-t-il dans les muscles, iM. a\ec une fréquence marquée, dans certains muscles?
LongltMups on a cru qu'il cheminait de proche en proche dans les tissus, fouillant et forant sa voie, en quehpu^ soi-te: et Baillel (ISoH) avait décrit, à la surface de quehiuos organes, des « sillons de pa.ssage », indices du chemin frayé par le parasite. On ne croit plus guère à cette locomotion autonome et fantaisiste de la première larve do Téchinocoque; c'est dans le sang cl dans la lymphe que l'embryon pénètre presque aussitôt, dès qu'il a franchi la muqueuse intestinale, et c'est par le sang plus souvent que par la lymphe qu'il est transporté au loin suivant les lois du cycle circulatoire. Pour passer des origines du système porte juscpi'à l'aorte, « l'embolie hydatique » trouve sur son chemin deux obstacles successifs: les réseaux capillaires du foie et ceux du poumon; aussi le foie d'abord, le poumon ensuite, sont-ils des lieux d'élection pour le kyste hy<latitpie.
Çhairiés par le sang, les embryons hexacanlhes sont portés surtout vers les organes dont l'irrigation sanguine est très abondante : tel est le cas des muscles, la substance charnue étant le plus vasculaire des tissus après le tissu hépatique. Il y a plus : les expériences de Chauveau n'ont-elles pas démontré que, dans un muscle qui fonctionne, la quantité de sang est cinq fois plus considérable qu'au repos? On pourrait donc dire, avec Marguet, que les chances d'infection, pour chaque muscle, croissent « on raison directe de son volume et du quintuple de son activité fonctionnelle ». El, de fait, ce sont les muscles les plus gros et les plus « travailleurs » qui sont les lieux d'élection de l'hydatide, et c'est à la période la plus active de la vie que correspond le maximum de fréquence des kystes.
A côté de celte influence toute physiologique, il en est une autre : celle du traumatisme.
Nombre dauleurs, Phœbus, Bremser, Cruveilhier, Escaragucl, Roch, Follin, Davaine, avaient signalé, avec des observations à l'appui, celle influence des contusions (coups, chutes, coups de pied de cheval, etc.), et plus récemment l'élude en a été reprise par M. Tillaux, par Boncour, par Danlos. Dans les loO observations de Marguet le traumatisme a élé relevé 17 fois, mais il faut remarquer qu'il n'a été recherché que 26 fois. Quelle qu'en soit l'explication, qu'il y ait rupture de vaisseaux intersliliels et, avec le sang, épanchement d'embryons do ténia, au soin de la substance charnue, ou que la congestion fluxionnaire déterminée par le traumatisme suffise à créer un appel et, plus lard, une fixation dos embryons, par la stase qui lui succède, le rôle du traumatisme est indéniable dans un certain nombre de cas ; et l'histoire des microparasites n'est pas sans fournir des faits analogues (expériences de Max Schiiller pour le bacille tuberculeux, de Rosenbach pour celui de l'ostéomyélite). Sur un kyste déjà formé, le traumatisme a une autre action : il en accélère le développement.
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KYSTES IIVDATIOLÎES I)i;s ML SCLKS.
A ces faits (robservalion cliniiiiM^ il no inaïKjue |ihis ([iic le coiilroh; ('X|)(''rimental. Klencke (de Braunschwoig), dès 1815, avait iail (luohiiics essais de ce genre : sur cinq animaux, il avait injecté dans la veine crurale du li(iuidc contenanl des « ovules déchinocoques », puis il avait exercé sur eux divers traumatisines; deux t'ois, rexpérience l'ut positive. Marguet, <lans sa thèse, expose tout un programme de recherches, qu'il n'a pu remplir lui-même, et qu'à d'autres peut-être il sera donné d'exécuter.
Anatomie pathologique. — Les kystes hydatitiues des muscles ont des lieux d'élection; 150 cas, dans la statistique de Marguet, se répartissent comme il suit : tronc, 50; mend)res inférieurs (en y comprenant le psons et les fessiers), 51 ; membres supérieurs, 120; tête, 0; cou, o.
A la tète, ils occupent surtout la région temporale; au tronc, les régions lombaire, pectorale, dorsale, trapézienne ; au membre supérieur, le bras; au membre inférieur, la cuisse. Si l'on descend dans le détail des muscles, l'ordre de fréquence est à peu près celui-ci : adducteurs de la cuisse, masse sacro-lombaire, triceps crural, fessiers, — -biceps brachial, pectoraux, trapèze, deltoïde, muscles du dos, temporal, muscles de la paroi abdominale.
Nous ne parlons pas des muscles viscéraux, du cœur, en particulier, qui figure pour plus de 50 cas, dans un relevé de Welling.
Dans le muscle lui-môme, quel est le siège précis du kyste? Il est le plus souvent intra-musculaire; quelquefois il occupe l'un des bords, ailleurs il est détaché, en quelque sorte, du corps charnu, il est devenu en grande partie sous-aponévrotique, péri-musculaire. D'une forme à l'autre, la transition est facile : le kyste s'énuclée en grossissant, par le fait même de la réaction élastique et des contractions répétées du muscle, il en émerge de plus en plus, et dans tel cas, relaté par Marguet, on sentait nettement la tumeur accuser son relief lors de la contraction, et se soulever à la surface du muscle.
Aller plus loin dans la topographie du kyste serait encore prématuré : histologiquement, c'est dans le tissu conjonctif interstitiel que le germe larvaire se dépose et que l'hydatide naît; la fibre musculaire ne présente, ici encore, que des lésions secondaires et de voisinage.
Nous reviendrons plus loin sur le volume très variable et sur la forme des tumeurs hydatiques. Autour du kyste, le refoulement amincit et dissocie les
TRVITK DE cnmuRGiE, -* é(iit. — I. 51
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FiG 175. — Kyste hydatique du grand adducteur. (Thèse de Marguet. pi. III.)
mwî MISCLES.
filnes musculaires: ou bien elles sont rompues, cl comme usées; ou encore elles adlièrenl à la paroi atlventivc du kysle et sinsèrent en quelque sorte sur lui. Il est fréquent, alors, de trouver une zone périkyslique de tissu musculaire sclérosé et induré : on a vu, dans certains faits rares, la régression granulograisseuse se prolonger au loin dans la substance charnue. Hausen avait voulu démonlrer, et Brassard affirme à son tour, que la plupart des kystes sont en connexion avec les gaines vasculaires, mais celte hypothèse est loin d'être vérifiée, puisque, dans un seul des faits de Marguet, l'adhérence du kyste à une gaine vasculo-nerveuse, celle du bras, a été observée.
Venons au kysle lui-même; il faut étudier :
i" La membrane adventice (kyste adventif) ;
"J" Les membranes h ijda tiques (membrane mère ou cuticulaire, et membrane germinale) ;
ô"' Le contenu (liquide hydatique, hydatides secondaires, échinocoques).
1° Membrane advoiticc. — Son épaisseur est de i à 2 millimètres; elle est parfois mince comme une séreuse ou, au contraire, très épaisse (1/2 centimètre et plus), au moins par places. Blanc jaunâtre, sillonnée d'un réseau vasculaire très riche à sa surface externe, elle est formée de tissu fibreux lamelliforme, dont la trame, moins dense, devient embryonnaire en dedans, au contact de la membrane mère; sur l'autre face, il se prolonge souvent, en travées, entre les faisceaux charnus. On Ta vu se calcifîer par points.
2° Membrane mère. — Elle se présente au-dessous de l'adventice avec ses lamelles concentriques, stratifiées, anhistes, hyalines, se recroquevillant sur la toupe; en dedans, elle est doublée par la membrane germinale de Goodsir, membrane fertile de Ch. Robin, granuleuse, et que tapisse, comme un riche semis de grains de semoule, souvent par milliers, les vésicules prolifères ou formatrices des échinocoques. C'est elle aussi, peut-être, qui entre, au moins dune façon médiate, dans la genèse des hydatides secondaires; mais le problème ne saurait être ici abordé. Toujours est-il qu'elle peut être parsemée aussi dhydatides adhérentes.
Or il peut arriver que la membrane germinale ne se développe pas ou qu'elle s'altère : le kyste est alors stérile, c'est Vaccplialocyste.
Il peut arriver encore que les vésicules prolifères et les échinocoques se pro- <luisent seuls, .sans hydatides secondaires, mais le fait est plus fréquent chez le porc et le mouton que chez l'homme.
5° On trouve donc, en règle, dans le liquide kystique, des vésicules secondaires, dont la grosseur varie de celle d'un grain de sagou, d'un grain de chènevis, au volume du poing, rares ou multiples, et parfois, au nombre de plusieurs centaines ou de plusieurs milliers : il y en avait une seule dans un kyste hydatique du deltoïde, observé par Jobert de Lamballe; il y en avait 40 000 dans un kyste des muscles antérieurs de l'abdomen rapporté par Bourdel (1811). Elles-mêmes peuvent contenir des hydatides tertiaires ou hydatides petites-filles, et des échinocoques.
Avec les hydatides secondaires, le liquide renferme donc, si le kyste est complet, des échinocoques et des crochets. Ce liquide, clair comme de l'eau de roche, toujours riche en chlorure de sodium, devient opalescent et albumineux, <iuand les hydatides mortes se sont dissociées ou dissoutes.
Enfin signalons ici un autre type du kyste hydatique : le kyste à hydatides et sans échinocoques.
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