KYSTES IIYDATIQUES DES MUSCLES
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Symptômes. — L'évolution du kyste hydaliquc musculaire est ordinaireinciil lento, sans accidents très caractérisés, ce qui explique les difficultés du diagnostic.
C'est une douleur, i\no souvent un traumatisme semble avoir provoquée, une sensation de gOne, de pesanteur, etc., qui précède et annonce le développement du kyste. Plus souvent, l'indolence est complète, et persiste longtemps : elle est notée 45 fois dans les 150 faits de Marguet ; plus tard, à mesure que le kyste grossit, on peut voir survenir des phénomènes douloureux; on a signalé, à titre exceptionnel, des compressions nerveuses ou vasculaircs, le refoulement ou l'usure des os (temporal, omoplate), et même la compression médullaire.
La tumeur s'accroît peu à peu ; quelquefois il semble qu'elle ait paru brusquement, à la suite d'un craquement, d'un eflort, ou du moins elle s'est dessinée tout d'un coup.
Dès le début, son volume est d'abord très restreint : un pois, un grain de raisin, une noisette, etc., dans les rares observations où l'on a pu l'observer à ce premier stade; on l'a vu grossir très vite, ou sa marche s'accélérer, après une période longuement stationnaire de 10, \''2 ans, et cela sans cause apparente, ou à l'occasion d'un traumatisme, d'une maladie intercurrente, d'une grossesse (Finsen). Elle peut alors devenir énorme, grosse comme les deux poings, comme une tète d'adulte : plus souvent, elle conserve des dimensions moyennes : une mandarine, un œuf de dinde, le poing.
Sa forme est le plus souvent ovoïde, oblongue ou arrondie ou encore bilobée^ un étroit goulot servant de trait d'union aux deux poches (Reclus, dans le triceps brachial) ; quelquefois piriforme, accidentée d'irrégularités à sa surface et de bosselures plus petites sur sa périphérie. Elle suit le muscle dans ses mouvements, elle est mobile sur le muscle en repos, elle s'immobilise par la contraction.
Elle est dure presque toujours, rénitente, élastique; que cette consistance soit duc à sa tension môme ou qu'elle tienne, au moins pour une grande part, à la contraction du plan musculaire qui l'enveloppe. Toujours est-il que cette dureté, souvent si trompeuse, n'est pas constante : 14 fois, dans les observations de Marguet, la tumeur était molle ou demi-molle, et M. Reclus en a relaté 5 cas à la Société de chirurgie. De plus, la fluctuation se perçoit souvent, quand on la
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g.aodet.
Kyste hydatique de la région lombaire droite. (Thèse de Marguet, pi. IV.)
[F. LEJABSr]
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recherche, nuclualion profonde nécessilanl des pressions régulières et profondes aussi, et qui cesse, en t^énéral. (piand le muscle coniracté fixe et durcit la collection liijuide.
Il est un dernier sifjne au(ivu^l on a voulu attribuer une grande valeur, dans les kystes hydatiques externes ou viscéraux, et qui, ici encore, est au moins rare : c'est le frémissement hydaticpie. On l'a recherclié '20 fois, on ne l'a trouvé que 5 fois (Marguel). Nous n'avons pas à le discuter ici, nous dirons seulement que l'état de tension de la poche est, d'après une expérience de Marguet, une condition nécessaire du phénomène. Le frémissement ne s'obtient que par la pression méthodique : au palper, on a trouvé, dans quehiues cas, une crépita lion amidonnée, toute spéciale, et aussi différente de la crépitation osseuse et emphysémateuse que du frémissement : on l'attribue au passage du liquide et des vésicules à travers le goulot d'un kyste en bissac.
Une série de complications sont susceptibles de se produire, au cours de révolution lente du kyste hydatique. Nous avons déjà indiqué un certain nombre de complications mécanicjnes, qui n'ont du reste ici rien de spécial. La suppuration du kyste a succédé parfois à une ponction, mais à une ponction septique, il importe de le spécifier nettement ; elle peut se produire aussi à la suite d'un traumatisme. La tumeur grossit, devient douloureuse, s'entoure d'une zone d'empâtement, et la peau se marbre de plaques rouges et s'œdématie; plus tard, le kyste s'ouvre. D'autres fois, la collection purulente est restée tout entière extrakystique, et, l'abcès vidé, on voyait le kyste se rompre à son tour, et s'écouler un liquide clair, séreux, normal, et des hydalides encore saines.
Une autre complication très bénigne, mais d'une pathogénie encore obscure, c'est Vurticaire, signalée par Finsen, étudiée par Feytaud('), et observée par nombre d'auteurs dans les kystes hydatiques viscéraux. Dans deux faits de kystes hydatiques musculaires, l'urticaire est survenue à la suite de l'extirpation du kyste, chez un premier malade, et après une ponction, chez un autre, où l'exanthème dura huit jours. L'épanchement du liquide hydatique dans une cavité séreuse n'est donc pas, comme le croyait Feytaud, la condition sine qua non de l'urticaire hydatique.
Pronostic. — Il est ordinairement bénin, à part certains faits de localisation exceptionnelle (*). La suppuration elle-même acquiert rarement une réelle gravité.
On a signalé quekjues accidents tardifs, à la suite de la cicatrisation des kystes : des abcès paraissant au bout de plusieurs années, quatre ans, six ans, déterminant l'expulsion des débris du kyste adventif; des tumeurs, fibromes, etc., développés sur la cicatrice du kyste guéri ; ou encore les récidives du kyste lui-même, sur place. Ce sont, du reste, des faits exceptionnels.
Diagnostic. — Le diagnostic n'a guère été porté qu'une fois sur quatre (Marguetj; au Congrès de chirurgie de 1895, M. Reboul insistait de nouveau sur ces difficultés, et relatait à l'appui 5 observations intéressantes : une fois seulement, le kyste hydatique avait été reconnu avant l'intervention. 11 est utile de distinguer deux catégories de faits :
1° La tumeur est encore nettement intra-muscuiaire, elle fait corps avec l'organe contractile.
(') Feytacd, Rerherclies sta' la palltogénie de Vurlicaire qui complique les kystes hydatiques. Thèse de docl., 1875.
{-) Bellencontre, Kystes hydatiques comprimant la moelle cjnnicre. Thèse de doct.. 1876.
[F. LEJARS],