‹ Traité de chirurgieChapitre 19 sur 199 · P. B£CLI7S · texte numérisé non relu

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cations (lui mil eu une vo^ue ('pliémèrc : réleclricité préconisée par Spencer Wells, Oiiiiiius cl Arnold ('), mais (|ui n'a plus de pai-tisans; la cicalrisalion sous-cruslacée de Bouisson cjui semble délaissée ; les incisions circonférenlielles de Dolbeau où rulcère est cerné par une ou deux séries d'incisions curvilignes (pii traversent les tissus juscju'à l'aponévrose ou jus(ju'à l'os; on voit après cette t)pération — qui agirait, suivant Quénu, en supprimant l'action des nerfs enflammés — les bourgeons charnus devenir plus actifs. Mais cette méthode est brutale et l'on obtient de meilleurs résultats à moins de frais. Enfin nous avons

FiG. 17. — Bande de Martin enroulée sur une jambe variqueuse.

eu recours bien des fois à la résection de la saphène, selon la méthode de Trendelenburg que nous étudierons à propos des varices.

Depuis les recherches de Reverdin, on use des greffes épidermiquesou dermoépidermiques ; on pratique même de véritables autoplasties pour guérir les ulcères invétérés. Mais elles ne réussissent que si la surface de la perte de substance est bourgeonnante ; aussi faut-il une période de préparation : la jambe sera mise au repos en position horizontale; on excitera la couche granuleuse par des substances appropriées. Puis, lorsque la surface sera détergée, lorsque le liséré cicatriciel commencera à se former, on appliquera les îlots épidermiques et le lambeau de derme, qu'on maintiendra par de la ouate hydrophile imbibée d'une solution de sel marin. Dans des cas plus graves, on aura recours à la greffe italienne qui, dans les mains de Berger, a donné des résultats magnifiques. Mais cette technique des greffes a une trop grande importance pour être ainsi traitée sans détails : nous renvoyons le lecteur au chapitre Cicatrices où elle est décrite.

En résumé, pulvérisations phéniquées avec la marmite de Ghampionnière, pour abattre l'inflammation si elle existe et déterger l'ulcère; bains de jambe ou lotions avec de l'eau à la température de 45 à 50 degrés; compression avec la bande de Martin, une pommade antiseptique sous un appareil silicate, greffes

Arnold, Contribution A. Vétude du traitement des ulcères par l'électricité. Thèse de Paris,

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L'IMLAMMATIU.N ET SES CUNSÉOUENCES.

pour luUcr la cicatrisation lorsque la surface de la perte de substance est recouverte d'une membrane vermeille, et que le lisière épidermique s'accuse sur les bords, telles me paraissent les phases duii traitement rég'ulier pour un ulcère variqueux de médiocre étendue.

Il est des cas où toute thérapeutique senibie inutile: dès les premiers jours du traitement, on voit lulcère se rétrécir et l'on espère; mais, au moindre prétexte, le liséré cicatriciel se fond et on assiste pendant des mois à ces aller-

FiG. 18. — Ulcère de la figure 11, en partie comblé par trois grelTes dermo-épidermiques.

natives énervantes. Si la résection des veines a été impuissante, si on n'a pu trouver l'étoffe nécessaire pour pratiquer des greffes italiennes, l'amputation est indiquée; elle l'est encore, chez les jeunes sujets, lorsque l'ulcère a provoqué des ostéopériostites, une ossification de tous les tissus de la jambe : la peau distendue et mal nourrie ne peut plus se cicatriser; l'ablation est le seul remède. De même lorsque l'ulcère fait le tour du membre, qu'il est « annulaire », car on ne peut plus compter sur une réparation suffisante des tissus: la membrane cicatricielle, si elle parvenait à se former, ne serait ni durable, ni solide.

On nomme fistules des dépressions canaliculées et des conduits anormaux d'origine congénitale ou pathologique. — Si cette définition est vague, elle a le mérite de renfermer tous les cas, tandis que celles de Celse, de Boyer, du Compendium de chirurgie, de Follin, qui visent l'ulcération du trajet et sa sécrétion, laissent de côté plusieurs fistules acquises et l'importante classe des fistules congénitales; celles-ci ne sont rien moins qu'un ulcère canaliculé.

Historique. — Hippocrate a laissé un traité des « fistules », mais jusqu'à la fin du xviu'^ siècle, l'étude générale de cette lésion était faite surtout d'après l'histoire particulière de la fistule à l'anus. Les descriptions se précisent avec les recherches de Hunter, le traité de Percival Pott et le mémoire de Marvidez couronné par l'Académie royale de chirurgie. Des travaux d'une

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grande iiiii»oil;m((' oui rlé ptililirs dans ce siècle: Diipiiyli-en et son élève Paillard, cl plus lard \cinciiil cl Legros, onl mieux étudié la structure des conduils caiialiculaires ; les (islulcs coiiiicnilales ont été reconnues et décrites par D/ondi. Duplay, Cusset, Lannelongue, Ileurtaux ; enfin, landis que les symptômes, leliologie et la thérapeutique de chacune des innombrables variétés de fistules étaient fouillés avec le plus grand soin, de nombreux pathologistes Iracjaienl avec plus de sûreté et d'ampleur le tableau des fistules en général.

Perciv.vl Pott, Traité de la fistule. In Œuvres rlnnmjiades, t. II, p. 501. Paris, 1777.

M.\RviDEz. .Mémoire sur les listules. In Prix de l'Aradémie royale de chirurr/ie, t. IV, 1" partie, 1778. — .loiRD.vN, art. Fistuli:. In Dict. des se. méd. en GO vol., t. XV, 1810. — Dupuytren, Considérations générales sur les fistules et sur la formation d'un tissu accidentel dans leur trajet. In Journal univ. des sr. méd., t. X, 1818. — Des trajets fistuleux et des abcès symptomatiiiues. In Gaz. méd., p. 92, 1855. — Lerons de clin, cllir^^r., t. II, p. 148, 1859. — Marjolin, art. FisTCLE. In Dict. de méd. en 50 vol.. t. XXIII, 1806. — Verneuil, Examen d'un point d'étiolotfie des fistules i)crmanentes. In Arch. gén. de méd., t. II. p. 655, 1858, et t. I, p. 65, 1859. — IIeusinger, l'irchoiv's Archio, Bd. XXIX, S. 558, 1864. — Désor.meaux, art. Fistule. In Xouv. Dict. de méd. et de chir. prat., t. XIV, 1871. — Pozzi, art. Fistules. In Dict. encycl. des se. méd., 4= série, t. II. — Cusset, Fistules branchiales.' Thèse de doctorat. Paris, 1877. — Terrillox. Essai sur les fistules congénitales de la région lombo-sacrée. In Revue de chir., p. 269, 188'2. — Lanxeloxoue, Mémoire sur les fistules et les dépressions cutanées congénitales para-vertébrales inférieures. In Bidl. et mém. de la Soc. de chir., p. 185, 1882. — Paul Reclus, Fistule congénitale de la région ano-coccygienne. In Clinique et critique chirurqicale, p. 558, 188i.

Classification. — Les fistules se divisent en deux catégories : les fistules congénitales et les ûsiules pathologiques. Celles-ci comprennent un certain nombre de genres, qui, à leur tour, renferment plusieurs variétés différentes. On distingue, dans les fistules pathologiques, celles qui se terminent en cul-de-sac au milieu des tissus et celles qui communiquent avec un conduit naturel ou une cavité. Les premières sont les fistules borgnes ou non communicantes; les secondes, les fistules complètes ou communicantes. Ici, une dichotomie nouvelle : les fistules borgnes sont idiojjathiques, lorsqu'elles succèdent à des abcès, et symptomatiques , lorsqu'elles sont entretenues par une lésion profonde, affection osseuse aiguë ou chronique, diathésique ou accidentelle, par la fonte d'un ganglion, l'exfoliation d'un tendon, l'élimination d'un Fig.io. — Principales dispositions

,,,,,, , ,, 1,1 des fistules à l'anus.

dépôt tuberculeux, un corps étranger enclave dans ^ ^^^^^^ ^ ^.^^^^^^ ^^„^p,^,^

les chairs ou le squelette. avec renflement au milieu. —

T 11 1 r' 1 1 11 1 • 1 Bi fistule borffne interne. —

La seconde classe des fistules pathologiques, les c, fistule borgne externe avec fistules communicantes on complètes, est la plus im- bifurcation de son conduit. portante. On en distingue deux catégories : celles

qui pénètrent dans une cavité séreuse et celles qui s'abouchent à une muqueuse. Les fistules séreuses succèdent à l'ouverture ulcéreuse ou traumatique des synoviales articulaires et tendineuses, des bourses sous-cutanées ; elles sont fréquentes dans les grandes cavités viscérales, la plèvre, le péritoine, où des inflammations les provoquent; elles peuvent ouvrir la chambre antérieure de l'œil à travers la cornée; le péricarde — et Marjolin en a cité un cas, l'arachnoïde — et Tillaux, dans son Traité (Tanatomie, parle d'un fait où le liquide céphalo-rachidien, à la suite de l'ablation d'un polype implanté sur l'ethmoïde, suintait goutte à goutte dans l'intérieur des fosses nasales et s'écoulait ainsi au dehors. L'ulcération d'un encéphalocèle pourrait aboutir au même résultat. •

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