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SYPHILIS DES BOURSES SÉREUSES

Nous renverrons, pour leur histoire, au (chapitre de la SypJtilis des gaines tendineuses dont l'étude s'est faite simultanément : rappelons seulement les noms de Verneuil et de Fournier, et la thèse de Moreau, qui renferme un excellent exposé des « lésions syphilitiques tertiaires des bourses séreuses » sous-cutanées.

Ici encore, la syphilis peut se manifester à l'un ou à l'autre de ses deux stades, secondaire ou tertiaire : au premier, elle détermine l'hydropisie, Vhygroma subaigii, et Fournier en cite un cas dans la bourse séreuse prérotulienne ('); au second, elle est beaucoup plus fréquente, et les gommes des bourses séreuses sous-culanées, plus souvent observées que celles des gaines tendineuses, sont loin d'être exceptionnelles.

C'est, en général, un accident tardif; si on les a vues au dix-huitième mois de la vérole, à la fin de la seconde année, elles se sont produites, chez d'autres malades, cinq, six, sept, huit, et même vingt, vingt-quatre, quarante ans après le chancre; et ordinairement elles s'accompagnaient d'autres accidents, de

(•) CouTEAUD, Hygroma syphiliiique de la bourse de Psoas. Gazette hebd., 5 sept. 1891.

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{m BOURSES SÉREUSES.

nature tertiaire. Dans un tiers des cas, d'après JuUien, la lumeur reconnaissait une cause occasionnelle traumatique.

Les gommes sont souvent doubles, symétriques, ou bien encore elles afTectent à la fois une bourse sous-cutanée et une bourse tendineuse. Leur siège d'élection est la bourse pré-rotulicnne (Jullien en a rassemblé ir> cas), puis celles de la tubérosité antérieure du tibia, de la patte d'oie (Verneuil), de la malléole interne, de l'olécrAne, ou encore une bourse accidentelle de la paume de la main, au niveau du deuxième métacarpien (Chouet), ou celle qui se développe sous un cor (Jullien). Elle peut se voir encore sous l'articulation métatarsophalangienne du gros orteil, et cette localisation devient dun liant intérêt, (juand la tumeur s'ulcère, comme nous le verrons. Enfin Labarthc a signalé une gomme, grosse comme la moitié d'un œuf de pigeon, au bord radial de la première phalange de l'index droit, chez un menuisier : on sait qu'il existe, chez les menuisiers, une bourse séreuse professionnelle, à ce niveau.

Nous avons dit ({u'un traumatisme, une compression, etc., se retrouvait, dans un certain nombre de cas, au début de l'afTection. Sa marche est, ici encore, très lente : la tumeur, grosse comme une noisette, une noix, un œuf de poule, rénitente plutôt que dure, adhérente à l'os et à la peau, en vient à s'ulcérer, suivant le processus que nous exposions plus haut, pour les gommes des gaines tendineuses, et l'ulcération revêt des allures et une physionomie identiques.

Le diagnostic peut être assez délicat.

L'hygroma syphilitique se dilTérencic aisément des autres variétés d'hygroma, et en particulier de l'hygroma blennorragique, par son indolence ordinaire, sa marche lente, la rapidité avec laquelle il cède au traitement spécifique, enfin, par la coexistence d'autres indices de l'infection vénérienne.

Mais la gomme est susceptible de donner le change pour un hygroma chronique, un hématome ancien de la bourse séreuse, un abcès froid, une périostose syphilitique.

L'hygroma chronique est, en général, fluctuant, ou, s'il est fibreux et à paroi très épaissie, sa consistance est plus dure que celle de la gomme, et ainsi en est-il encore de l'hématome ancien.

L'abcès froid présente une fluctuation plus nette qu'une gomme ramollie, et la ponction permettrait le diagnostic. Ulcéré, il s'entoure d'un bord décollé et mince qui ne ressemble pas au cratère gommeux.

La périostose syphilitique est plus dure, elle aussi, elle est encore plus diffuse, et ne forme pas un relief aussi nettement circonscrit.

Enfin la gomme ulcérée et fongueuse peut simuler la tuberculose : le traitement tranchera la question. En certains points spéciaux, elle peut revêtir encore d'autres ressemblances cliniques, et Chouet fait remarquer qu'il y aurait lieu de décrire un mal perforant d'origine syphilitique, dû à l'ulcération gommeuse de la bourse sous-métalarso-phalangienne du gros orteil.

Pour le traitement, deux mots suffiront : traitement mixte, ou traitement ioduré, à la période teitiaire, activement poursuivi; pansement local aux bandelettes de Vigo, ou encore à l'iodoforme, si la gomme est ulcérée.

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