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X6 L'INFLAMMATION ET SES CONSEOUENCES

aussi dos Iroubles Irophiiiuos. Duplay et Moral, dont les beaux travaux ont élucidé ce point, oui décrit les altérations des terminaisons nerveuses et But mille a signalé des cas où Ton trouvait, sur le membre, des plaques de iraugrène éloiyrnées du pied où siégeait le mal perforant. La fonte purulente de Iceil. sa rapitle morliticalion, à la suite des Irauinalismes de la cincpiième paire, est un des phénomènes les mieux étudiés en piiysiologie expérimentale. Il l'est de même en clinitpie, et nous avons vu se fondre, en quelques jours, l'œil droit d'une dame donl les racines de la cinquième paire avaient été labourées par une balle de revolver.

Nous ne saurions insister sur ces faits, ni rappeler les observations de Samuel, de Weir-Mitchell, de Paget, où l'on voit, à la suite de la contusion ou de la compression d'un nerf, des plaques gangreneuses apparaître dans son territoire. Spillmann cite le cas d'un malade, chez qui, dans une fracture de cuisse compliquée de section du nerf sciatique, un appareil à extension continue provoqua un sphacèle de la partie postérieure de la jambe. Xepveu a signalé ceux (pii se développent sur les membres atteints de paralysie infantile, et nousmème avons montré combien le chirurgien doit surveiller les appareils qu'il applique, une compression trop énergique produisant des plaques de gangrène. Enfin l'hystérie pourrait se compliquer de gangrène superficielle, si l'on en croit les observations de Monod, de Routier et de Quinquaud. Mais n'oublions pas que, dans tous ces cas, il s'agit plus d'ulcérations étendues que de gangrène massive. Une désagrégation cellulaire se fait et le derme se détruit.

Il reste à parler d'une aflection bizarre décrite pour la première fois, en 1862, par Maurice Raynaud (') sous le nom de gangrène symétrique des extrémités, ainsi appelée parce qu'elle affecte des parties similaires, les deux membres supérieurs, les deux inférieurs, ou même les quatre à la fois ; on cite quelques observations où elle a frappé le nez et les oreilles. Le mot symétrique n'a pas ici son acception géométrique. Un membre est souvent plus atteint que l'autre; il y a « du plus ou du moins, comme dans tous les phénomènes organicjues ». La gangrène n'est que le dernier degré d'une série d'accidents : on note d'abord la syncope locale, puis l'asphyxie, souvent mêlées l'une à l'autre; enfin le sphacèle, qui ne survient jamais sans avoir été précédé de syncope ou d'asphyxie locale. La gangrène n'est pas la conséquence nécessaire de ces phénomènes prémonitoires c[ue l'on voit disparaître, ou persister indéfiniment sans engendrer la mortification.

La syncope locale se caractérise par la pâleur et la lividité des téguments : sous la moindre influence, quelquefois sans cause appréciable, un ou plusieurs doigts deviennent bleus ou jaunâtres, exsangues ; ils se refroidissent tout à coup, leur sensibilité s'émousse ou s'anéantit et on les pique impunément; ils ne peuvent plus se mouvoir et parfois se recouvrent d'une sueur froide. L'accès débute presque toujours par le même doigt; les autres se prennent à leur tour, le phénomène dure de quelques minutes à quelques heures, puis le sang aborde de nouveau les tissus, et son retour, fort douloureux, provoque une sensation semblable à celle de l'onglée. C'est « le doigt mort » ; cet organe semble être devenu étranger au sujet qui, d'ordinaire est une femme, et, pour préciser plus encore, une femme nerveuse.

(') R\YN.\UD, De la Qœnr/rène symétrique des extrémités. Thèse de Paris, 1862.

[P. RBCLPS.]

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