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PLAIES PAR INSTRUMENTS TIUNCIIANTS

mémo (I(* l;i (lièlc. condamiuH' dopuis les recherches de iMalgaignc : Velpeau, Follin, Le l'oit, iiucnl parmi les défenseurs de ralimentation des blessés et, à celte heure, on proclame (pi'une l)onne nourriture liAte la réparation des plaies. On n'oubliei-a pas les précautions hygiéniques élémentaires et le ventre sera maintenu libre. Dès qu'on soupçonne l'alcoolisme, on administre l'opium ;\ doses suflisantes pour éviter une attaque de (leliraon Ircmans,.

Nous ne i)ouvons être que très bref sur le traitement local car son importance est telle qu'on l'étudié dans des livres spéciaux et nous envoyons pour plus de détail à notre Traité de tliérapeutique chirurgicale ('). Il variera suivant les plaies : la réunion immédiate, qui assure une guérison plus rapide, doit être tentée toutes les fois qu'on a des chances de l'obtenir, mais on n'a le droit de l'espérer que lorsque la coupure et le blessé remplissent les conditions dont nous avons parlé : le blessé ne doit être ni diabétique, ni albuminurique, ni cachectique avancé; il ne lui faut aucune de ces diathèses déjà marquées par des altérations viscérales profondes; le foyer traumatique siégera en tissu sain, ses lèvres seront nettes, régulières, sans franges ni anfractuosités; elles pourront être juxtaposées sans laisser au-dessous d'elles des espaces où s'accumuleraient la sérosité et le sang. Toute zone stupéfiée sera suspecte, toute zone gangrenée fera exclure la recherche de la réunion immédiate. Cependant Korteweg, Nicaise et nous-mêmes avons démontré que si cette zone est aseptique et de faible épaisseur, les bourgeons vasculaires et les éléments jeunes peuvent la traverser, la résorber et assurer la réunion immédiate.

Il faut d'autres conditions : une des plus importantes est l'absence de corps étranger dans la plaie. Nos classiques y insistent. Nous dirons cependant que si le corps étranger est aseptique, il ne gène en rien la réunion immédiate : à propos des plaies par armes à feu, on verra que les petits projectiles ne s'opposent nullement à l'adhésion des tissus qui se reforment au-dessus d'eux et les encapsulent. La pratique des ligatures perdues au crin de Florence et au fil de soie démontre que les corps étrangers aseptiques sont ou enkystés sans dommage pour l'organisme, et sans gêner la réunion immédiate. L'hémostase doit être parfaite, car le sang éloigne les lèvres de la plaie et retarde leur coalescence : il est un excellent terrain de culture où pulluleront les microbes qui auront pu pénétrer dans la plaie au cours de l'opération. Cependant nous avons vu la réunion immédiate de la plaie emprisonner de véritables hématomes; l'adhésion primitive n'en fut pas moins obtenue; elle n'avait été que retardée.

Lorsque seront réunies les conditions favorables que nous avons énumérées, on tentera la réunion immédiate : les surfaces actionnées auront été débarrassées, par un lavage à l'eau bouillie et à la température de 45 à 50 degrés, du sang, des détritus organiques qui les recouvrent, des corps étrangers qui peuvent les souiller; le sang sera tari, puis on pratiquera la juxtaposition exacte des lèvres de la plaie : autant que possible les mêmes tissus se correspondront et on accolera muscle contre muscle et peau contre peau. S'il reste quelque anfractuosité, quelque « espace mort », on le drainera, mais si la juxtaposition se fait, il est inutile de rien introduire entre les tissus. Quand ces manœuvres ont été accomplies, on assure la solidité du contact.

Autrefois on s'adressait aux agglutinatifs, aux bandages unissants, aux serres finesl JMaintenant on n'emploie guère plus que les sutures et même dans leur

(') FoRGUE et Reclus, Traité de thérapeutique chirurgicale, '■2° éd., 18%. Paris, G. Masson.

TRAITÉ DE CHIRURGIE, 2'= édit. — I. 8

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variété la plus élémentaire, la suture à points séparés et indépendants. Lorsque la plaie est profonde, lorsqu'elle frappe des tissus de texture difTérente, on pratique des sutures superficielles et des sutures profondes: on ne craint pas d'en superposer jusqu'à trois et quatre étages. Lorsque les sutures profondes sont laissées au fond des tissus, à points perdus, elles peuvent être de substance résorbable, de catgut par exemple, mais les sutures superficielles qui, après la cicatrisation, devront être enlevées par le médecin, sont faites au fil de soie ou dargent, au

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FiG. 21. — Sulurc FiG. 25. — Plan cutané, sous-cutané et musculaire

à points séparés. d'une suture.

crin de Florence. Il n "y aura plus quà exercer sur la plaie une compression exacte, à laide du pansement sur lequel il faut insister.

Quel sera ce pansement? Le choix en est indéfini et chaque chirurgien prône le sien volontiers. Ils semblent tous bons pourvu qu'ils soient simples, commodes et avant tout aseptiques et secs ; le meilleur consiste en compresses de gaze stérilisée, couches collodionnées sur la ligne de sutures, en application de substances antiseptiques, poudre d'iodoforme, de salol, de .sous-nitrate de bismuth, si Ion n'est pas sûr de la stérilisation des tissus superficiels. Ce pansement comporte trois plans : i'^ la gaze aseptique et la poudre antiseptique s'interposent entre la ligne de suture et les brins d'ouate qui pourraient adhérer à leurs points ou bien assurent un réseau d'antiseptique contre les filtrations possibles : 2° de l'ouate hydrophile qui absorbe ces filtrations si elles se produisent: 5° enfin une enveloppe de coton ordinaire, imperméable au liquide; elle empêche qu'une sécrétion venue de la plaie aboutisse aux couches extérieures du pansement par une traînée que pourraient suivre les germes infectieux du dehors: des tours de bande de toile, de flanelle ou de tarlatane pour maintenir le pansement et comprimer les tissus afin d'assurer la coaptation des surfaces, voilà un pansement simple et qui suffit dans l'immense majorité des cas.

Lorsqu'on ne veut pas tenter la réunion immédiate ou lorsque la plaie s'est désunie et suppure, il faut désinfecter le foyer avec attention et ici les antiseptiques forts doivent être recommandés, le chlorure de zinc au l/IO ou la solution d'acide phénique à 5 pour 100. Puis on choisit, dans la foule des pansements, celui qui convient le mieux au cas particulier. Pour peu qu'il y ait inflanmiation et trace de lymphangite, les grands bains locaux de Verneuil pour le membre supérieur, les pulvérisations phéniquées pour le membre inférieur et le tronc, rendront d'immenses services.

L'exérèse complète, la séparation nette d'un organe ou d'une portion d'organe, n'est pas toujours pour lui une cause de mort immédiate : une replantation rapide peut assurer la réunion primitive. Georges Martin a réuni, 27 cas de nez

[P RECLUS

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