‹ Traité de chirurgieChapitre 34 sur 199 · PLAIES I»AI{ INSTRUMENTS PIQUANTS · texte numérisé non relu

PLAIES I»AI{ INSTRUMENTS PIQUANTS

replacés avec succès; on no comi)lo plus les doigls conservés de la sorte cl nous avons réussi chez un homme de plus de soixante ans, dont la phalangette arrachée par la portière d'une voiture ne fut réappliquée qu'une demi-heure après l'accident. Avant de replanter l'organe on en fera la toilette; on enlèvera les caillots sanguins, les corps étrangers en le lavant dans des solutions boriquées lièdes; on régularisera, en les excisant, les parties déchiquetées. Puis les surfaces, bien aseptisées, seront juxtaposées avec soin, suturées, saupoudrées d'iodofornie, emmaillotées dans des bandes de tarlatane imbibées d'une pommade qui pour 40 grammes de vaseline contient 5 grammes d'acide borique, 5 grammes d'antipyrine, 2 grammes de salol et 1 gramme d'iodoforme. Un pansement ouaté compressif et immobilisateur, maintiendra la plaie au repos dans une atmosphère chaude et constante.

Si des douleurs vives, des battements dans la plaie ne font pas redouter une inflammation locale, ce pansement sera laissé en place huit ou dix jours, jusqu'à cicatrisation complète ; les pièces en seront délicatement enlevées, car s'il existait quelque retard dans la réunion, il ne faudrait pas rompre les adhérences par quelque mouvement intempestif. Au cours de la cicatrisation, on a observé parfois des troubles trophiques sur l'organe greffé, des bulles, des phlyctènes, une chute de l'épiderme qui d'ailleurs ne tarde pas à se reformer. On peut essayer la replantation, même dans les cas où les tissus sont meurtris, où la zone stupéfiée est considérable; les échecs seront fréquents, mais on ne court aucun risque et, sous le régime de l'asepsie, on réussit où l'excision était autrefois fatale. Il faut une attrition profonde pour que ne puisse se souder un bout de doigt, greffé après une séparation de quelques minutes.

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