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PLAIES PAR ARRACHEMENT

On nomme ainsi les exérèses que produit une traction violente simple ou combinée avec la torsion. — La séparation des tissus n'est pas toujours complète, et le lambeau arraché reste attaché au moignon par un pédicule.

Historique. — Les plaies par arrachement sont surtout fréquentes depuis les progrès tle l'industrie moderne. Néanmoins, au siècle dernier, Morand lisait à l'Académie royale de chirurgie un mémoire remarquable appuyé sur 7 observations. Depuis, les recherches se sont multipliées et nous pouvons citer, parmi les travaux les plus importants :

Morand, Précis de plusieurs observations sur des membres arrachés, etc. In Mémoires de rAcad. roy. de cliir.. t. II, p. S.j, 1753. — Labuysse, Plaies par déchirure et par arrachement. Thèse de Paris, 18iô. — Legendre, Des plaies par arrachement. Thèse de Strasbourg, 185").

— Crâne, Étude sur les plaies des doigts par arrachement. Thèse de Paris, 1875. — Alphonse Glérin, Plaie par arrachement du pouce avec les tendons. In Bidl. de la Soc. de chir. de Ports, t. II, p. 107, 1878-1879. — Lallemand, Plaies par arrachement du pouce. Thèse de Paris, 1880. — RocHARD, art. Plaie. In Nouveau dict. de méd. cl de chir. prat.. t. XXVHI, p. 112, 1880.

— GcERMONPREz, Arrachement dans les établissements industriels. In Arch. gén. de méd., t. I, p. 645; t. II, p. 55, 1884, et Bull, de VAcad. de méd. belge, t. XVIII, 1884. — Chauvel, art. Plaie. In Dict. encycl. des se. méd.. 2' série, t. XXV, p. 015, 188G.

Étiologie. — On comprend la rareté des plaies par arrachement avant l'emploi de nos formidables machines industrielles, car la force déployée pour arracher un membre doit être considérable, et, au siècle dernier, 4 chevaux ne suffirent pas pour écarteler Damien. Ces traumatismes sont surtout produits par les courroies et les engrenages des machines à mouvement rapide, par les volants qui tournent à toute vapeur; Guermonprez cite deux cas où le bras fut ainsi déraciné. La roue d'une voiture, entre les rayons de laquelle s'engage la jambe, a pu aussi emporter un membre. Les puissants appareils pour la réduction d'une luxation ancienne ont quelquefois suffi à séparer le bras du tronc ; une corde enroulée peut entraîner et avulser le membre lorsque le corps est arrêté par un obstacle; tout le monde connaît la gravure où l'on voit le meunier de Samuel W'ood, assis près de son bras arraché par un nœud coulant. Lorsque le cheval fait un brusque écart, la bride enroulée autour des doigts ou du poignet du cavalier est une cause de plaie par arrachement.

Elles peuvent porter sur tous les organes : les doigts sont le plus souvent atteints, puis vient la main ; Rochard en a relevé 4 observations ; il cite 5 cas de séparation de l'épaule, et, depuis son article, on a publié de nouveaux faits; les orteils et les pieds ont aussi été arrachés et l'on cite partout le cas de Bénomont où l'avulsion porta sur la jambe. Le nez, les oreilles, l'utérus, la verge avec ou sans les testicules, ont été enlevés, le cuir chevelu, des lambeaux de peau, sans parler des ganglions infiltrés ou des tumeurs arrachées par la main de l'opérateur, car l'arrachement est une méthode d'exérèse chirurgicale.

[P. RECLVS-I

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