SYNCOPE TRAUMATIQUE. 15U
La (•liiihiiic avait oonslali' roxisloiicc de syncoi)os à la stiilo des Iraumalismes sur U' Nciilre, et Hoslang, dans sa llièsc de IS77, rappelle! les laits de Dupuytren. La eliiniii^ie abdominale inaugurée depuis l'aulisepsie, a nujulré rinflucncc de certaines oi)éralions sur les liouI)les earilia(|ues observés, dit Terrier, après i'hystérectoniie, « troubles particuliers et presque toujours mortels ». Mais, dans ces traumatismes opératoires, il faut tenir compte de l'anesthésie, (jui modifie Texcilalion. Le chloroforme, lors((ue l'anesthésie est incomplète, peut être l'ag-ent de la syncope par l'excitation qu'il provoque sur les voies respiratoires. Plus tard, lorsque l'anesthésie est complète, le chloroforme conjure la syncope par la paralysie temporaire dont il frappe le pneumogastrique.
Symptômes. — Les symptômes tiennent dans la définition même de la syncope : tout à coup le cœur s'arrête, le sang cesse d'être projeté vers la périphérie, aussi la face devient-elle pâle, d'un blanc de cire, parfois bleuâtre; les yeux sont caves, cernés de noir, ternes et fixes; la pupille est dilatée, les ailes du nez et les lèvres sont pincées, les tempes recouvertes d'une sueur froide, les extrémités sans chaleur. Le pouls n'est plus perceptible, et la palpation et l'auscultation démontrent que le cœur ne bat plus. Son arrêt est-il complet, môme dans les cas où la mort sera conjurée? Quelques auteurs prétendent qu'il existe quelques mouvements trop faibles pour être perçus.
Cet arrêt du cœur n'est pas toujours aussi brusque; il peut être précédé de vertiges, d'éblouissements, de tintement d'oreilles; un nuage passe devant les yeux, puis une douleur précordiale survient, parfois des nausées, et si le malade est debout, il chancelle, s'affaisse et tombe. Si quelque vaisseau est ouvert, l'hémorragie se tarit et cette hémostase conjure parfois la mort que rendait menaçante une abondante déperdition sanguine. — Les mouvements de la cage thoracique et du diaphragme sont supprimés et le malade perd connaissance. Cet état de mort apparente peut durer longtemps et n'être que le prélude de la mort réelle. Mais le plus souvent, les mouvements du cœur réapparaissent, d'abord timides et lents, puis ils se régularisent; les inspirations, rares et suspirieuses, reprennent leur rythme et la conscience revient. — Rien n'est plus difficile que de reconnaître la cause de la syncope. L'arrêt du cœur est-il dij à l'excès de l'hémorragie, à une excitation réflexe, à l'émotion, la terreur qu'inspire l'opération, la vue du sang? est-il survenu quelque lésion soudaine que révélera l'autopsie, une embolie, une hémorragie cérébrale? a-t-on affaire à une commotion? le chloroforme est-il seul coupable? Une analyse de tous les symptômes observés et de toutes les circonstances qui accompagnent l'accident est nécessaire, et, encore fort souvent, même après l'autopsie, ne sait-on dévoiler la cause de la mort.
Traitement. — Lorsqu'elle provient d'une hémorragie et de l'anémie cérébrale consécutive, la syncope doit être combattue par le rappel du sang vers l'extrémité céphalique. La tête est mise en position déclive, la face est fustigée avec des compresses d'eau froide, puis on pratique la respiration artificielle d'une façon prolongée et sans s'arrêter à son inulilité apparente, car on a vu des individus revenir à eux après une syncope de plus de deux heures. Les tractions rythmées de la langue selon la méthode de Laborde peuvent rendre des services. Les injections sous-cutanées d'éther, l'excitation électrique, peuvent rendre quelque service. Mais nous n'insisterons pas, car le traitement de la syncope traumatique n'est autre que celui de la syncope en général.
[P. RECLUSi
160 COMl'LICATIONS DES PLAIES.