‹ Traité de chirurgieChapitre 48 sur 199 · STUPEUR LOCALE · texte numérisé non relu

STUPEUR LOCALE

On nomme stupeur locale, élonnement local, choc local, commotion, asphyxie locales, un élal spécial caractérisé par Taneslliésic, l'absence criiémorragie, le rofroidissemcnt et qui atteint certaines plaies contuses et, en particulier, les plaies par armes à feu. — Telle est à peu près la définition de Santi(') dans l'article intéressant qu'il a publié sur ce sujet.

Le signe caractéristique de la stupeur locale est l'anesthésie: on peut manier la plaie, la régulariser avec les ciseaux sans réveiller la douleur; cette zone n'est pas très étendue d'ordinaire et la sensibilité se manifeste sur les téguments voisins à mesure qu'on s'éloigne du point traumatisé ; à son niveau les tissus sont llasques. exsangues, livides, froids, les muscles sous-jacents ne se contractent pas et le blessé, tout en accusant de l'engourdissement et des fourmillements dans le membre atteint, ne sent plus ce membre; il lui semble qu'il l'a perdu, un tremblement peut l'agiter qui gagne le corps entier; enfin des phénomènes généraux éclatent souvent qui rappellent ceux du choc traumatique. Mais ceci, dans les cas graves, dans ceux où les accidents, au lieu de se dissiper en quelques heures, s'accentuent et où la zone, stupéfiée, se sphacèle. Le tableau change et nous l'avons étudié à propos de la gangrène.

Comment une violente contusion, un écrasement, un tamponnement, un éclat d'obus, un volumineux projectile provoque-t-il cette stupeur locale? on ne le sait guère: tout au plus on peut dire qu'elle est favorisée par le froid et par une hémorragie abondante. Faut-il l'expliquer par des « vibrations » trop violentes qui annihilent au loin les fibres sensitives et motrices, ou faut-il admettre une contusion directe de filets nerveux, leur compression par des épanchements sanguins dans le névrilème? Y aurait-il, comme le suggère Verneuil, paralysie des tubes nerveux par la production rapide de substances toxiques dans le foyer traumatisé? Ces diverses hypothèses sont précaires. Toujours est-il que trop souvent cette stupeur locale présage la gangrène. On essaiera de la conjurer par des applications chaudes, l'enveloppement ouaté, et l'on surveillera, pour débrider les tissus, si des accumulations de liquides infectés se forment dans la profondeur.

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