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DU MODE DE DÉVELOPPEMENT DES FIÈVRES

Les données qui précèdent sur la topographie et la météorologie de l’Algérie suffisent pour nous permettre de nous rendre compte de ce qui s’y passe; examinons successivement ce qu’on y observe déplus saillant.

Ln giand fait entre tous, le plus en relief, est celui-ci : En petit nombre à la saison froide , les fièvres vont croissant avec les chaleurs: et, endémiques dans les autres saisons, elles deviennent endèmo-èpidèmiques en été, sur de prodigieuses proportions.

C’est-à-dire que dans cette saison, qui comprend juillet, août, septembre et octobre, le chiffre des entrants dépasse les entrants des huit autres mois réunis.

A côté de ce premier fait s’en rencontre un second qui est encore d’une immense signification : A toutes les époques de l'année, mais surtout à la saison endèmo-èpidêmique , les fièvres régnent non-seulement duns la prétendue sphèi e d action des marais et dans les plaines, mais elles régnent aussi dans toutes les portions du territoire réputées les plus saines, même dans les massifs des zones montagneuses, d une moyenne de mille mètres au-dessus du niveau de la mer ; comme à Sétif, à Conslanline, à Médéah, à Milianah, à Tiaret, a Teniet-el-Had, partout enfin, a toutes les profondeurs comme à toutes les altitudes.

Ces deux faits sont si saillants, si généraux, qu’ils frappent de prime abord 1 observateur, sur tous les points de l’Algérie, et viennent profondément ébranler ses croyances, à l’endroit de l’intoxication miasmatique, quelque enracinées qu’elles puissent être.

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En effet, l'accroissement des fièvres avec les chaleurs, prouve déjà que tout ne saurait être dans l’action des miasmes que' la théorie fait surtout dégager en automne. La probabilité d’influences fébrigènes autres que l’intoxication miasmatique, révélée par ce premier fait est surtout corroborée par le second, savoir : que non-seulement l’endémo-épidémie des fièvres sévit en été, dans les lieux bas et humides, mais aussi, quoiqu’en moindre proportion, sur tous les points favorisés par leur altitude et entièrement dépourvus de marais.

Devant ce second fait, l’intoxication est tout à fait prise au dépourvu, et l’observation ne peut diriger alors ses investigations étiologiques, que du côté des influences météorologiques.

Puis on arrive à se demander pourquoi cette grandé source du plus grand nombre des affections qui nous atteignent, a été dédaignée quand il s’est agi des fièvres, pour s’attacher en vain à une cause surnaturelle prétendue spécifique, qui, ne se révélant ni par elle-même, ni par la constance de ses effets, hypothétiquement admise alors que les sciences physiques étaient encore à naître, n’a pas même en sa faveur de pouvoir être invoquée en tout temps et en tous lieux où s’observent des fièvres*, recevant ainsi le plus éclatant des démentis, celui des faits. Nous en étions là de notre scepticisme, quand une circonstance fortuite vint nous pousser à grands pas dans une voie de nouvelles recherches.

Fait expérimental, influences d’une température élevée et du refroidissement par immersion. — Au printemps de 4846, nous nous trouvions, avec un bataillon du 56e de ligne, au camp de l’Oued-Ruina, entre les tribus des Attaf et des Beni-Boudouan, au milieu d’une de ces plaines, de ces renflements qui constituent la longue vallée du Chélif. Pendant notre séjour d’avril à juin, nous eûmes un certain nombre de fièvres, dont quelques-unes à caractère pernicieux, et cependant, nous n’avions pas de marais dans le voisinage. En questionnant nos malades, nous fumes frappé de cette particularité, que tous s’étaient mouillés les jours précédents; les uns étaient allés à la pêche dans le Chélif, les autres, par des chaleurs considérables que nous avions déjà à supporter en mai, s’étaient baignés de préférence dans l’Oued, petite rivière qui coule au pied de la berge sur laquelle s’élève la redoute. Ce fait singulier nous embarrassait mrt, en raisonnant dans l’hypothèse de l’intoxication miasmatique ; car, même en ne voyant la qu une cause occasionnelle, eût-il fallu du moins que les lieux pussent justifier la supposition d’un empoisonnement préalable, et nous l’avons dit, nous ne nous trouvions pas dans le sphère d action de marais. Eût-il fallu, la doctrine de l’intoxication invoquant aussi la viciation des eaux, s’arrêter à l’idée que les -eaux du Chélif et de lOued-Ruina surtout, dont la tribu des Attaf, campée au-dessus, et ses nombreux troupeaux altéraient souvent la pureté, auraient tenu des miasmes en suspension, lesquels auraient été absorbés par les baigneurs. Mais comment croire à la présence et à l’action de miasmes en solution dans I eau, qui auraient respecté tous les autres hommes s’en servant pour

ÉTUDES CLIMATÉRIQUES ET

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