UE LA FORME DES MANIFESTATIONS MORBIDES
Après avoir indiqué les traits qui caractérisent la constitution climatérique de l’Agro-Romano, et les conditions où elle exerce sa funeste influence, esquissons les formes des manifestations morbides qu’elle produit.
Les phénomènes thermo-électro-hygrométriques de l’atmosphere de Rome, font converger leurs effets vers une action fébrigène si puissante, que l’élément fébrile reste en permanence dominant dans sa pathologie, effaçant pour ainsi dire, dans la saison chaude surtout, toutes les autres affections. La dyssenterie même est rare, et l’on doit sans doute a cette particularité, de rencontrer, moins ici qu’en Algérie, un certain nombre de ces hépatites chroniques, plus souvent consécutives encore aux flux intestinaux qu’aux atteintes de fièvre.
Une autre affection qu’on ne peut pas considérer comme occupant une place notable dans la pathologie romaine, c’est la fièvre typhoïde ; ça ele par circonstance tout à fait exceptionnelle, qu’il nous a ele donne en septembre 1850, d’en voir quelques cas, dans le service de notre ami e Dr Lasserre à l’hôpital S1' Thérèse . Mais autant il serait impossible de méconnaître certains cas de dothiénenterie, autant l’erreur serait grande à vouloir les retrouver dans ces fièvres rémittentes gastriques, qu on pourrait appeler ataxe-adynamiques, vu l’intensité et la rapidité désordonnée des paroxysmes, ou mieux pétéchiales de l’éruption dont elles se com-
P' La fièvre pétéchiale, le plus souvent sporadique, a sévi épidemiqueinent à certaines époques (1817-18, 58-59 et 40). dans la campagne de Rome, plus particulièrement au printemps ou en été, plus rarement en automne. La fièvre débute presque toujours sous le type rémittent; a 1 inappétence et au dégoût qu’occassionne l’embarras gastrique, aux courbatures, aux pandiculations, se joignent bientôt, avec ou sans frissons préalables la céphalalgie, l'accélération du pouls, une vive clialeui* des vomissement, bilieux une grande agitation et des sueurs. Quelquefois au deuxieme ou au iroisième jour des accès, il survient ù la peau des petites tac es circulaires ou ovales, semblables à des piqûres de puce, tantôt a bords
nets ou frangés; le plus souvent rougeâtres violacées, noirâtres memes,
l’épiderme pouvant parfois se soulever en forme de petite phyclene ou Diistule. Le plus ordinairement cependant l’éruption ne survient que dan. '
CLIMAT UK HOMK.
le cours du premier septénaire, et Va disparaissant par rétrocession, rarement par desquamation, dans le cours du second, dans les cas bien rares où une issue funeste n’emporte pas le malade. Presque toujours, en effet, les paroxysmes se répétant, et augmentant d’intensité et de durée, tout l'organisme est en proie à une agitation nerveuse désordonnée, qui a fait désigner cette affection par certains auteurs sous le nom de lièvre nerveuse. Les lèvres sont noirâtres et fendillées, la langue saburrale sèche, il y a constipation ou diarhée bilieuse; les conjonctives s’injectent, il y a stupeur, rêvasseries, délire ou état soporeux, carphologie, pouls filiforme, puis s’éteignant tout à fait.
L’autopsie révèle le plus souvent des altérations complexes, ce sont des injections des méninges, des épanchements séreux dans les ventricules ou sous les enveloppes cérébro-spinales, des congestions du foie, des rougeurs intestinales plus ou moins étendues, des ramollissements variables de la muqueuse gastro-intestinale, quelquefois des plaques gangréneuses, toutes altérations où l’engorgement sanieux et le ramollissement révèlent la tendance générale, sous l’influence des désordres nerveux, à la décomposition des fluides et des tissus de l’économie.
Quant au traitement les médecins italiens admettent généralement que si le pouls est fort et plein au début, il faut ouvrir la veine, mais qu’on doit user de la saignée avec réserve, les accidents nerveux ne tardant pas de prendre le dessus. D’autre part, dit-on encore, s’il ne faut pas trop déprimer les forces, il ne faut pas non plus les surexciter. Ils en arrivent ainsi à la méthode expectante, et finissent par déclarer que quel que soit le traitement employé, la maladie est le plus ordinairement mortelle, aveu qui ne doit pas surprendre, quand on voit que le sulfate de quinine est omis de la thérapeutique d’une affection, qui intermittente ou rémittente au début, ne se caractérise presque toujours qu’avec la perniciosité. C’est en vain qu’on signala l’utilité du quinquina associé à l’opium et au camphre dans l’épidémie de fièvres pétéchiales de Breno, on n’a voulu voir lcà que des avantages thérapeutiques passagèrement obtenus, en vertu de l’influence de la constitution médicale du moment, et il semble qu’on n’ait su ni voulu tirer de ce fait l’induction qui en ressort si manifestement.
Reconnaissons toutefois que, quelques légitimes espérances qu’on puisse fonder sur l’antipériodique, dans la fièvre pétéchiale, il ne saurait être considéré comme une arme infaillible, surtout si l'opportunité du moment tait défaut à son emploi.
Au nombre des épiphénomènes des fièvres, nous devons ajouter quelques épistaxis, des ictères et quelques cas de pemphygus. Quant à l’épistaxis apparaissant quelquefois au début des fièvres rémittentes, c’est plus souvent dans leur cours qu’elle survient, et plus particulièrement chez des individus déjà affaiblis par des récidives. Quand elle s’est produite chez des individus pléthoriques, elle n’a pas coïncidé avec la fréquence ni la plénitude du pouls, et n’a jamais été une indication de recourir à la saignée
ÉTUDES CLIMATÉRIQUES ET MÉDICALES
L’abondance de l’hémorrhagie nasale a été rarement considérable, ce n’a été le plus ordinairement qu’un épiphénomène bénin et favorable, marquant le passage à la convalescence.
Disons pour mémoire qu’il s’est manifesté passim, quelques cas isolés de méningite cérébro-spinale, ayant des analogies avec certaines fièvres délirantes ou comateuses.
En automne, les affections rhumatismales et catarrhales ont souvent compliqué l’intermittence. Enfin il y a eu des fièvres larvées : mentionnons une ophthalmie à paroxysmes quotidiens, qui n’a cédé avec le mouvement fébrile qu’à l’antipériodique. Une oplitbalgie intermittente quotidienne, paraissant à 6 heures du matin, précédée d’une légère diminution de calorification, et persistant avec vive douleur sus-orbitaire, élancements
et larmoiement de l’œil gauche, jusqu’après midi : à la suite, pesanteur de tête, lassitude et un peu de moiteur ; état comme normal le soir. Les accès déviés de leur périodicité et notablement amendés par le sulfate de quinine, achèvent de disparaître par l’usage des potions antispasmodiques et des frictions. d’extrait de belladone, à la région fronlo-temporale, — guérison confirmée.
Une hémicranie intermittente quotidienne que nous avons eu à traiter.
comme l’affection précédente, dans les salles militaires de l’hospice de
Viterbe, et qui a cédé à deux potions de sulfate de quinine à 1 gramme.
Toutes les affections que nous venons de mentionner, y compris même le le cas de syphilis (0, et toutes les maladies du ressort delà pathologie externe, forment un total bien peu élevé, à côté du chiffre des fièvres proprement dites qui se divisent, pendant les chaleurs, sous les deux grands chefs de fièvre intermittente et fièvre rémittente. Ici encore nous trouvons un argument, pour reconnaître les causes fébrigènes dans les influences thermo-éleclro-hygrométriques. La forme de la fièvre en effet, dérive du mode dont ces influences ont agi sur l’organisme. Si elles s’exercent avec prédominance de l’élément chaleur, c’est-à-dire si le malade a subi plus particulièrement de vives insolations, en juillet et en août surtout, presque toujours la fièvre prendra la forme rémittente avec peu de froid, quelquefois pas du tout, une céphalalgie constante et des paroxysmes a
(1) Le climat exerce une notable influence sur les affections syphilitiques qui en reçoivent une sur-activité, clans les évolutions de leurs diverses périodes. Le chancre hunlcrien apparaissant au gland, au prépuce, au dos dé la verge et même au pubis, est e symptôme le plus fréquent. Très souvent, il coïncide avec un ou plusieurs bubons qui n'est pas rare non plus do voir se développer d'emblée , cl qui sont d une interminable longueur à guérir, si on n’en obtient pas tout d'abord l'avortement ou la résolution. U remarquable de voir combien les accidents constitutionnels suivent de lires les accidents primitifs. lisse déclarent brusquement : ce sont des taches cuivrées a la face, des roséoles, des miliaires, des papules syphilitiques gagnant tout le corps; des pustules, surtout au cuir chevelu, plus tard des douleurs ostéocopcs, etc. Très souvent l’iritis accompagnt ccs accidents, particulièrement la miliaire syphilitique. — Ajoutons que par unscrupu» nuisible sous tous les rapports, les maisons publiques n'étant pas autorisées, la prostitution infiltre ses poisons sans contrôle.
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moments donnés ; au contraire, si l’organisme en sueur, est morbidement impressionné par un refroidissement plus ou moins subit, le stade de froid restera marqué dans les accès qui succéderont, et la fièvre sera le plus souvent franchement intermittente. De là la cause qui fait que les fièvres rémittentes sont si fréquentes dans la saison chaude, et les fièvres intermittentes si exclusivement dominantes, pourrait-on dire, dans les autres saisons.
Presque toutes ces fièvres intermittentes ou rémittentes, dans l’agro- Romano, se compliquent de gastricité, le plus souvent avec prédominance bilieuse. 11 est rare en effet de rencontrer un cas de fièvre où l’embarras gastrique ne se montre à degré variable, se manifestant par l’amertume et l’état pâteux de la bouche, des nausées, des vomissements bilieux et souvent la ténite sub-ictérique du faciès. Eh bien! ici encore, on ne doit pas faire abus des vomitifs, on doit même être très circonspect à leur endroit (0, parce que surtout l’emploi des évacuants occasionnant, le plus souvent, un retard d’un jour dans l’administration de l’antipériodique, il peut se faire qu’il soit trop tard pour y recourir le lendemain.
Malheureusement, ces appréhensions ne sont pas purement hypothétiques, et nous devons, à de très honorables confrères, la communication de faits qui les confirment. Dans l’été de 1850, outre plusieurs cas d’accès algides à la suite de l’administration de potions émélisées, ils citèrent dans une conférence, deux malades qui n’avaient rien présenté d’alarmant à leur entrée à l’hôpital. On les fit vomir, mais peu après la perniciosité étant inopinément survenue, tous les soins dont ils furent l’objet ne purent conjurer une issue funeste. Est-ce à dire que si on leur eut administré le sulfate de quinine tout d’abord, les deux malades dont nous parlons n’auraient pas succombé? Nul ne saurait donner pareille affirmation, car ce médicament si héroïque qu’il soit, n’est cependant pas un remède infaillible, mais son emploi plus hâtif eut pu donner des chances de salut, si tant est qu’il eût pu y en avoir. Les cas de ce genre sont assez significatifs pour faire sentir combien, aux époques où les accès pernicieux sont à redouter, il y a péril en la demeure, sous quel prétexte que ce soit.
« La crainte des accidents à même porté M. Beylot (2), à ne pas user des évacuants dans tous les cas de fièvre rémittente bilieuse. >
Les symptômes bilieux et l’ictère qu’on observe, à degrés très-variables, •sc sont manifestés, le plus ordinairement, comme simples phénomènes d’hypersécrétion biliaire.
Et d’abord parmi les cas d’ictère, que nous avons rencontrés depuis notre venue en Italie, cinq seulement nous ont déterminé à envoyer à l’ambulance ou à l’hôpital, les malades qui les ont offerts.
il) Mobilier, lVr au 36e, fièvre rémi tien te avec état saburral 1res prononcé. L’administration d’un grain d’émétique provoque des vomissements opiniâtres très douloureux, suivis de syncopes et de convulsions. Potion éiliérée opiacée, sinapismes aux pieds, infusions de camomille. Le lendemain et jours suivants le sulfate de quinine put enfin conjurer les accidents qui nous avaient fait craindre pour la vie du maiade (1819) .
(2) V. Lettre XH de M . Jacquot. Gaz. méil u° 31, 1851 ,
ktudks (;uMATi::itigii;s kt miîüicalks.
Sous les murs de Home, .Besson, fusilier au 56'', se présenta à la visite du 28 niai 1840, avec un commencement d’ictère. Repos sous la tente, bouillon, limonade citrique. La coloration jaune des conjonctives et de la peau étant devenue très marquée le 29 et le 50, et le malade paraissant
s’alarmer de son état, qui n’offrait cependant que l’ictéritie générale, le dégoût d’aliments et un peu d’embarras gastrique, il entre à 1 ambulance de Santucci , d’où il sortit, revenu à son état normal, le 10 juin.
Bourrée, ayant présenté les mêmes symptômes que le malade précédent, entra le 15 juin à l’ambulance, où il resta quinze jours en traitement; il en
sortit guéri le 29.
Au printemps suivant, à Frascati, nous n’avons eu à traiter, a l’hôpital, qu’un cas d’ictère, offert par le caporal Dessieux. Pendant son séjour du 1er au 11 mai 1850, il a pris au début un purgatif au sulfate de soude, et a été tenu ensuite à la limonade citrique et au régime maigre.
Aucun de ces trois hommes n’a eu de réaction fébrile, aucun ne s’est plaint de douleurs dans l’hypochondre droit; le dernier accusait un peu de sensibilité à la pression, mais la palpation et la percussion ne nous ont pas permis de constater une augmentation de volume de foie, et de rattacher l’ictéritie à une hypérémie, encore moins à une inflammation aiguë du parenchyme de cet organe. A plus forte raison appliquerons-nous ces réflexions aux divers cas d’ictère qui se sont dissipés, après quelques jours
de repos sous la tente ou à la chambre.
Des ictères se sont manifestés aussi comme complication de fièvres inter-
mittentes, et particulièrement de fièvres récidivées. Ici il y avait à craindre
que le foie ne fut plus malade que dans le cas d’ictère simple, mais alors nos investigations ne justifiaient qu’incomplètement notre appréhension; encore la congestion de la glande biliaire se dissipait-elle aisément, sous l’influence du traitement de la fièvre.
Ictère et pemphygus avec (lèvre rècidivêe. — Nous avons eu a traiter, a l’hospice de Viterbe, le voltigeur Sarrémia qui, convalescent d’une deuxième récidive de fièvre intermittente tierce, fut pris le 19 mai (1854), d’une jaunisse très prononcée, avec un peu d’embarras gastrique et de diarrhée. Potion purgative à la rhubarbe. Un mouvement fébrile (frissons vagues suivis de chaleur), s’étant déclaré apparaissant le soir, avec accompagnement de démangeaisons à la peau, le malade prit deux jours de suite une potion à dix grains de sulfate de quinine. Les démangeaisons reparurent, et furent suivies le 24 et le 25 (sans réaction générale), d’une éruption persistante de grosses bulles de pemphygus irrégulières, de plusieurs centimètres de longueur, sur un ou deux de largeur, élevées d’autant, disséminées dans le sens transversal surtout au tronc, et contenant une sérosité transparente de couleur citrine. — Administration d’une potion avec ipécacuanha douze grains et calomelas vingt-quatre grains, suivie de vomissements colorés de bile et de plusieurs selles. Les jours suivants, régime maigre, limonadecitrique. Les bulles de pemphygus
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s’affaissèrent progressivement, en même temps que diminuait la coloration de la peau. Toutefois, les démangeaisons revenant chaque soir, nous dûmes combattre cette périodicité par les potions de quinquina alternées avec les purgatifs au calomel, du 29 mai au 4 juin.
Chez ce malade encore nos investigations répétées, du côté du foie, n’ont eu que des résultats négatifs ; guérison confirmée.
Accès fébrile et ictère. - Thillier du 56me, d’un tempérament lymphatique, et d'une faible constitution, ayant déjà séjourné trois semaines, en juin, à l’hospice de Viterbe, pour abcès axillaires et bronchite intercurrente, y rentra le 10 août pour accès fébriles irréguliers et des symptômes de gastro-duodénite. Légère épigastralgie, état saburral, constipation et teinte sub-ictérique. Potion avec huile de ricin. Infusion de camomille et bouillon maigre.
11 survint des frissons vagues, de la chaleur à la peau, un peu d’accélération du pouls, de la céphalalgie, de l’insomnie, des sueurs, l’urine étant rouge et chargée.
11 août. Cet accès de fièvre nous détermina à prescrire quinze grains de sulfate de quinine, dans une potion gommeuse éthérée. Infusion de camomille. Limonade citrique, pas d’accès.
12 août. Etat saburral et nauséeux. — 20 grains d’ipécacuanha. — Deux vomissements. — Sueurs la nuit.
15 août. Potion de quinquina, limonade citrique, panade et œuf; apvrexie, pouls lent et faible. — Rien d’appréciable du côté du foie, bien que l’ictère se prononce d’avantage. • — Etat nauséeux, constipation.
14 août. Potion avec huile de ricin. — Orge miellée. — Bouillon maigre. — Sommeil calme.
15 août. Quart et œuf, limonade citrique, diaphorèse la nuit.
IG août. Demie ; potion de quinquina.
L’usage de l’eau minérale ferrugineuse acidulé contribua à activer les
lenteurs de la convalescence, et Thillier sortit entièrement rétabli le
10 septembre.
En somme, chez les malades que nous avons rencontrés, atteints de jaunisse proprement dite, nous n’avons pas été autorisé à la rattacher à l’hépatite. Le plus souvent aussi les vomissements bilieux, dans les fièvres, se sont produits sans douleur, tension ou congestion appréciable du foie, semblant être le résultat d’une simple hypersécrétion sympathique de cet organe. Cela ne veut pas dire que le foie jouisse ici d’une immunité complète; l’hépatite peut se montrer dans le cours de la fièvre rémittente, mais particularité à noter, alors que les vomissements bilieux, de la douleur à l’hypochondre droit et à l’épaule correspondante, et l’augmentation de volume du foie, dénotent l’existence d’une congestion hépatique, il n’y
pas précisément cette ictéritie générale qui constitue la jaunisse, il ne se manifeste guère, chez les fébricitants, qu’un teinte sub-iclérique du •acies, quelquefois peu marquée. Ce cas s’est présenté chez un officier du 3G,m dont nous allons relater l’observation.
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Fièvre rémittente avec congestion du foie. — M. G., lieutenant, 26 ans, tempérament bilieux, ayant eu dans sa jeunesse les fièvres de la Camargue, et consécutivement un engorgement de la rate, fut pris de fièvre rémittente vers le milieu de juillet 1850. Rétabli après dix jours de traitement à la chambre, mais encore pâle et affaibli, il s’exposa trop tôt aux fatigues du service, et le 12 août il eut une récidive. Il ressentit d’abord une grande lassitude accompagnée de céphalalgie, de chaleur, d’agitation et d’insomnie. Le 15, il y eut un peu plus de calme dans la matinée, mais les mêmes symptômes se développèrent encore dans l'après-midi. Dans la journée du 14, nous dit le malade, la céphalalgie qui était continue augmenta d’intensité, la peau devint brûlante, des vomissements bilieux survinrent, et une abondante diaphorèse s’établit ensuite. Il était resté à la diète et à la limonade, et nous fit appeler le 45 au matin. Faciès pâle et abattu, offrant une légère teinte sub-ictérique, pouls petit un peu vile, langue chargée, douleur au creux de l'épigastre et douleur très aiguë à l’épaule droite. L’abdomen’était souple, il n’existait pas de tuméfaction de la rate et la région du foie n'était ni douloureuse ni même sensible à la pression. Cette particularité détruisait presque à nos yeux la valeur pathognomonique de la douleur à l’épaule droite, qui dès-lors nous tenait en éveil sur ces complications rhumatismales qui surviennent fréquemment, dans les fièvres de Rome.
Ajoutons encore qu’en cas d’hépatite, le dembitus s’opère sur le côté droit, tandis que notre malade ne pouvait trouver de position tenable qu’en se mettant sur le côté gauche, le bras droit relevé sur la tète. — Prescription : diète, potion avec ipécacuanha un gramme, infusion de camomille.
Dans la journée, vomissements bilieux abondants, urines rouges sédimenteuses, diaphorèse abondante, à cinq heures du soir le malade accusait un soulagement complet de l’estomac et de la tète, peut-être parce que la douleur de l’épaule lui paraissait de plus en plus insupportable, en vérification de l’aphorisme : duobus doloribus....
Potion avec infusion de camomille, éther et sirop d’écorce d’orange; liniment camphré opiacé et ouate à l’épaule.
Potion avec sulfate de quinine : un gramme, à prendre le 16 au matin.
16 août. Le malade n’a pas dormi, les sueurs se sont modérées, le pouls n’offre rien d’anormal, la langue est plus nette; l’épigastre n’est pas douloureux ni l’hypochondre gauche ni l’hypochondre droit ; mais la douleur persiste à l’épaule, dont l’articulation n’offre cependant pas de gonflement. Ce fait et la ténite sub-ictérique, qui est un peu plus marquée, semblent dénoter que l’hypersécrétion bilieuse dépend d’une congestion active du foie.
Sur notre conseil, le 17 à midi, le malade entra à l’hôpital St. Dominique, où l’un des médecins militaires les plus familiarisés avec les maladies d’Afrique et d’Italie, M. Mayer, médecin en chef, diagnostique précisémenl une fièvre rémittente avec congestion du foie. — Diète, infusion de camomille, friction avec extrait de belladone; légère exacerbation le soir.
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Prescription du 17 : potion avec ipécacuanha et calomel deux grammes de chaque. Peu de vomissements, plusieurs selles, légère exacerbation le soir, suivie de sueurs abondantes. Teinte ictérique assez marquée. — Potion éthérée.
Le 18, de la douleur se manifeste à l’hypochondre droit qui est devenu sensible à la pression, en même temps que la palpation permet de constater une légère augmentation de volume du foie. Frictions avec extrait de belladone et onguent mercuriel en parties égales. Potion avec sulfate de quinine, un gramme.
Le 19, pas d’exacerbation le jour, sueurs pendant la nuit. Particularité à noter : le décubitus que le malade exécutait précédemment sur le côté gauche, est devenu presque insupportable de ce côté, tandis qu’il a pu dormir, le 18 et le 19, couché sur le côté droit.
Le 20, pouls souple et calme, langue plus nette, urines peu chargées, teinte ictérique complètement dissipée, état du faciès excellent, dispositions telles que le malade peut se livrer sans fatigue à la lecture.
Infusion de camomille, eau de Vichy, régime maigre. Du 21 au 24 il ne reste qu’un peu de moiteur et de douleur à l’épaule, qui persistant sourde et incommode, contribue à réduire le sommeil à quelques heures de la nuit. Pas de douleur à l’hypochondre droit qui est souple, indolent à la pression. La douleur épigastrique n’a plus reparu, rien du côté de la rate, le teint est naturel. Régime maigre. Infusion de camomille, pilules de savon et de calomel.
M. G. sort le 29 août, pour aller en congé de convalescence, d’où il est revenu entièrement rétabli.
Dans des cas plus rares et plus graves, les paroxysmes de la lièvre rémittente peuvent exagérer les phénomènes congestifs du foie, comme de tout autre organe, et produire des altérations de volume, de consistance et de couleur, des abcès même dans son parenchyme ou d’énormes distensions de la vésicule du fiel, en s’accompagnant d’une teinte ictérique générale.
Des cas de ce genre ont été observés, notamment en 1849. Nul doute assurément qu’il n’ait été question de cas semblables dans un mémoire (G, lu le 4 mars à l’académie sous le titre de : Parallèle entre la fièvre jaune sporadique et les ictères graves , observés parmi les soldats de l’armée d’Italie en 1849, pour démontrer la parfaite identité de ces maladies.
Il nous semble toutefois qu’il y a là abus de langage ; en effet, si par ictère on doit entendre la jaunisse proprement dite, non assurément l’ictère n’est pas grave en Italie, nous en avons donné la preuve. Si par ictère grave on prétend au contraire désigner, par un de ses symptômes accessoires, cette fièvre rémittente bilieuse, avec teinte sub-ictérique de la peau, avec congestion plus ou moins active du foie, offrant sous tous les rap-
(0 Par AI. Garnier, médecin adjoint.
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ports de si grandes analogies avec la fièvre jaune, qu’on peut conclure à l’identité de nature, sinon d’intensité, pourquoi donner pour la maladie un accident, un symptôme, pourquoi prendre la partie pour le tout, pour cette synecdoque nosologique pouvant prêter à la confusion, et faire perdre de vue l’élément principal, celui qu’il faut se hâter d’attaquer pour conjurer tous les autres : la fièvre. Qu’on la méconnaisse, et en dépit de tous les palliatifs locaux, les accidents généraux iront progressant; qu’on parvienne au contraire à enrayer la fièvre rémittente, dont la congestion hépatique n’est qu’un effet, qu’une complication consécutive, et tous les symptômes alarmants tomberont aussitôt, y compris ceux qui ont surgi du côté du foie. Aussi dirons-nous que si la souffrance sympathique du foie s’observe assez souvent à Rome, les affections idiopathiques de cet organe y sont excessivement rares.
Topographie médicale de Viterbe.
Le bassin de Viterbe formait la partie septentrionale des États romains du sud-ouest', enclavés entre la Toscane et le royaume de Naples, l’Apennin et la mer Méditerranée. Ce bassin s’étend de l’ouest à l’est, des plages de Corneto jusqu’au Tibre. Il est resserré, dans sa partie moyenne, par les deux pâtés volcaniques qui sont au nord : les contours du lac de Bolsena (Vulsiniensis lacus), et au sud le massif du Cimino, au centre duquel est le lac de Vico... et Cimini cum monte lacum... (Virg.).
Ces deux lacs se sont formés dans les vastes cratères de deux volcans éteints, portant de la manière la plus ostensible les traces de l’action du feu qu’ils vomissaient jadis. Le feu central en éraillant l’écorce terrestre en ces deux points, à une époque géologique antérieure aux temps historiques, a soulevé les couches, et en a produit le redressement vertical, du côté de l’intérieur des cratères, tandis qu’à l’extérieur les soulèvements, par adossements, forment des plans divergeants, d’une inclinaison et d’une étendue variables, accrus et modifiés en divers sens, par des coulées successives de laves, dont les fissures laissent jaillir un grand nombre de sources minérales thermales 0). C est sur un de ce;* plans inclinés, aux pentes inférieures du versant nord du Cimino, dont la chaine ferme la partie septentrionale de la campagne de Rome, que Viterbe est adossée. A la partie supérieure de la ville finissent les forêts de chênes et de châtaigniers, et naissent de riantes cultures, où la vigne, le mûrier, l’olivier, le laurier et toutes sortes d’arbres fruitiers s’étendenl
(I) La plupart de ces eaux, limpides, d’une température élevée (60° cent,), sont sulfureuses; il en est quelques unes qui sont ferrugineuses et chaudes aussi a -16": Enfin dans la Vallée de YAqua Itossa, jaillit, abondante et froide, une source d’eau ferrugineuse, presque aussi chargée d’acide carbonique que l’eau de Scllz (V. rapport au conseil de santé des armées sur le service médico-chirurgical de Viterbe, pendant la saison des
eaux de 1851 ).
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en un vaste tapis de verdure, qui contraste avec la nudité roussâtre de la plaine, vers laquelle il descend. Bien que la ville semble assise presque au pied des montagnes, le terrain depuis la mer se relève en plan incliné, de façon à donner à Yiterbe, une altitude qui n’est guère moindre de 400 mètres. Cette position fut occupée, dès les temps les plus reculés, et c’est sur ce même emplacement que, d’après les données historiques et archéologiques, aurait été la métropole de l’Etrurie, dans le temple célèbre de laquelle (Fanum Yolturna), se tenait l’assemblée des chefs des douze capitales étrusques.
Après la domination romaine, Viterbe supporta le flux et le reflux des barbares. Rebâtie par Didier, roi des Lombards, elle reçut des franchises de Charlemagne, et, après diverses occupations par les armées impériales allemandes, passa sous la domination des papes. En 1799, cette ville ferma ses portes aux Français, qui se présentèrent devant ses murs; depuis 1849 elle est au nombre des garnisons que nous avons occupées dans les États romains.
Coupée de l'est à l’ouest par un profond ravin, et du sud au nord par un autre, perpendiculaire au premier, elle forme ainsi quatre quartiers, dont ceux du sud-ouest offrent de vastes emplacements ruinés, la plupart convertis en jardins parcellaires, depuis les dernières luttes du moyen-àge, dont elle offre partout l’empreinte.
Météorologie. — Le climat de Viterbe, comme cela a lieu pour toutes les localités des pays chauds qui sont à une certaine altitude, et près des montagnes, offre cette particularité d'être variable, d’avoir une saison froide plus rigoureuse et plus longue, mais de trouver aussi, dans ces mêmes conditions, par rapport aux contrées qui se rapprochent davantage du niveau de la mer, un notable correctif aux chaleurs de l’été qui y est très court.
Voici le résumé de nos observations météorologiques du printemps à l’automne de 1854 .
En mai l’état du ciel a été :
Couvert et pluvieux. . . . 46 fois.
Nuageux 5 »
D’où il est résulté que la température s’est peu élevée durant le mois, et que l’humidité froide est restée très prononcée.
Observations thermométriques du mois.
Minimum 10 (th. R.)
Maximum 20
Moyenne 45
En juin :
Etat du ciel couvert .... 3 fois,
j » et pluvieux . 3 »
Aussi la température s’est rapidement élevée dès les premiers jours du mois, et s’étant maintenue dans une progression uniforme, elle a chassé cette humidité froide dont s’étaient imprégnées les rues et les habitations, pendant la saison pluvieuse. Nous notons cette particularité, comme rendue plus sensible à Viterbe, par l’état hygrométrique du grès volcanique, sorte de piperin qu’on emploie en dalles et en moellons, pour les pavés et les constructions.
Température :
Minimum 1 o°
Maximum 21°
Moyenne 19°
Le mois de juillet a été moins beau que le précédent, il a eu 12 jours nuageux et 4 pluvieux.
Température :
Minimum 20u
Maximum 23°
Moyenne 21°
En août, 5 jours couverts et 8 pluvieux.
Température :
Minimum 13°
Maximum 28°
Moyenne 23"
En septembre :
Les chaleurs de l’été ont brusquement fini à partir du 29 août, jour où les pluies froides ont commencé, pour se continuer en septembre. Au froid humide de la première dizaine a succédé le froid incisif de la Tramontane, qui a soufflé avec violence pendant quelques jours, pour le céder ensuite aux courants du sud-ouest et sud-est qui fréquemment amènent la pluie.
L’état du ciel a été 9 fois nuageux et 14 fois couvert et pluvieux.
Aussi la température du mois a-t-elle été :
Minimum 8°
Maximum 19°
Moyenne 14° 1|2
. En octobre nous avons eu 10 jours de pluie et la température a été :
Minimum . 7Ü
Maximum 15°
Moyenne 11°
Enfin en novembre, nous sommes entrés pleinement en hiver, de 14° le
lrr du mois, le thermomètre s’est abaissé à un degré sous zéro le 30, et nous avons eu 17 jours pluvieux, trois fois du grésil et deux fois de la neige.
CLIMAT DR HOME
Durant cette période de 7 mois les vents ont soufflé :
du nord.
. . . . 04 fois
du sud ....
de l’ouest . .
de l’est ....
du nord-ouest.
.... fi
du sud-ouest . .
du nord-est. .
.... ifi
du sud-est.
L’échelle des oscillations barométriques a été de 15 millimètres, et l’hygromètre a rarement été au-dessous de 50”.
Influences du climat. — En raison de son altitude, Viterbe offre un séjour qui l’emporte sur celui de Rome. Aussi bien que les fièvres, parfois avec caractère pernicieux, soient les maladies dominantes de la saison chaude, elles sévissent sur de moindres proportions qu^à Rome. Par suite des mêmes bénéfices du climat, plus qu’à Rome aussi, on trouve, à Viterbe, des cas plus nombreux de longévité, parmi la population (t), qui est généralement agricole et industrielle.
Parmi les industries principales nous citerons : l’industrie linière, la culture du lin et du chanvre surtout occupent un grand nombre d’ouvriers, soit aux champs et aux routoirs, soit en ville, tels que les peigneurs de chanvre, les cordiers, les tisserands, parmi lesquels les premiers sont les plus mal partagés, la consomption pulmonaire leur laissant beaucoup moins de chance de longévité.
C’est ici le lieu de faire une réflexion importante, au point de vue de l’étiologie. D’après les hypothèses de la doctrine de l’intoxication, le rouissage du chanvre devrait être regardé comme une source active de dégagements miasmatiques, et Viterbe, en particulier, a été considérée comme possédant cette condition fébrigène, à un haut degré. En effet, toute la vallée de Faoull, qui s’étend à l’ouest de la ville, sillonée par la petite rivière du même nom, résultant du confluent des deux cours d’eau qui traversent la ville, est presque exclusivement réservée à la culture du chanvre. Lorsque les tiges de cannabis sativa ont été arrachées ou coupées (2), on les met macérer dans les routoirs^ creusés en très grand nombre dans la même vallée, et qui sont remplis d’eau du Rullicame.
Le Bullicame est la principale des sources minérales thermales sulfureuses, qui s’échappent à travers les couches de ces terrains Plutoniens. Elle jaillit bouillonnante comme d’un puits artésien, à deux kilomètres ouest de la ville, d’un mamelon, d’un aspect blanchâtre, incrusté, sinon entière-
(1) La population de Viterbe fjui était de 14, 000 âmes en 1817 était de 17,000 en 1852.
(2) Les tiges de chanvre, qui ont souvent plus de 12 pieds de hauteur, sont aussi très grosses, ce qui obligea les couper sur plante.
ÉTUDES CLIMATÉRIQUES ET MÉDICALES
ment formé de concrétions calcaires qu’elle laisse déposer rapidement. L’eau claire et limpide, chaude à n'y pas tremper la main (60° cent.), sort mélangée de grosses bulles d’hydrogène sulfuré et d’acide carbonique, en telle abondance qu’elle s’écoulerait à peine par une ouverture carrée de 50 centimètres de côté. C'est la source qui alimentait, jadis, les Thermes romains, connus sous le nom d ’aquœ Caiœ, et dont il reste les ruines de quelques réservoirs et de quelques piscines, pour tous vestiges le long de l’ancienne voie Cassia.
Aujourd’hui, ces eaux ne sont plus utilisées pour les bains, elles vont se distribuer, par petits canaux, rayonnant à la circonférence du bassin, dans une foule de fosses qui sont les routoirs dont nous venons de parler. Les dépôts calcaires, près de la source, sont si abondants que ces canaux vont rapidement s’exhaussant, comme de petites murailles creusées d’un chenal. Après deux ou trois ans, dès que leur niveau arrive à celui de la source, on est obligé de les démolir, ou d'en creuser d’autres à côté. Ces eaux, tant par leur propriétés chimiques, que parleur température, opèrent promptement le rouissage, puis quand on vide les routoirs, elles répandent dans la vallée leur puanteur caractéristique, et les intoxicationnistes de dire alors, que là est la cause des fièvres de Viterbe. Une objection à cette manière de voir, pouvant dispenser de toute autre, c’est que les rouissages des chanvres ne s’opèrent à Viterbe que lorsque l’endémo-épidémie de fièvres est à son déclin. Les fièvres, en effet, apparaissant déjà au printemps, ont leur apogée, quant à la fréquence et à la gravité en juillet et en août, et s’amendent déjà notablement à la fin de ce dernier mois. Or, ce n’est qu’à la fin d’août que commencent les rouissages, pour se continuer jusque vers la fin de septembre. De sorte que si les rouissages avaient l’influence qu’on leur attribue, c’est en septembre et en octobre que nous aurions dû avoir le plus de fièvres, et c’est le contraire qui a eu lieu, nous le verrons par les dates des observations qui suivent. Donc les rouissages ne provoquent pas l’endémo-épidémie de fièvres de Viterbe, mais bien plus, au moment où ils s’exécutent, leur influence, quelle qu’on la suppose, n’empêche pas l’endémo-épidémie de baisser, avec l’abaissement des chaleurs, comme nous l’avions vu en Afrique, comme nous l’avons vu à Rome.
Quelle part revient donc aux rouissages, sinon comme influence générale sur la contrée, du moins comme influence locale, pour ceux qui travaillent dans la vallée du Faoull? Justement l’influence que nous savons devoir être attribuée aux lieux, en raison des phénomènes Ihermo-électrohygrométriques qui s’y passent. Pour faire rouir le chanvre, des hommes se mettent dans l’eau de grand matin, travaillent jusqu’au soir dans l’eau, pour retirer le chanvre surtout, ils travaillent tout le jour, mouillés et par l’eau et par la sueur, et le chanvre macéré et imbibé est étalé, fournissant au soleil une abondante évaporation, à laquelle s’ajoute encore celle des voies d’écoulement des routoirs, formant des mares en certains points. Ce sont là autant de conditions fébrigènes pour les individus employés aux rouissages, et si nous avons été surpris