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MA LA DI R S C I, I M AT R R I (v) L'ES.
construites. Aussi arrive-t-il tous les ans, quand se font sentir les chaleurs du printemps, qu on voit régner, avec une fréquence et une gravité désespérantes, la gastro-céphalite, sur les militaires, la population civile restant généralement épargnée. Cette gastro-céphalite, pour laquelle nous ne saurions établir un diagnostic diflérenliel de la gastro-céphalite ou fièvre rémittente, dont on a raison en Afrique par le sulfate de quinine, nous en avons vu dans les hôpitaux de France, particulièrement à Lyon, des cas trop multipliés qui se terminaient par une issue funeste, avec une rapidité qui était, nous 1 affirmons, en raison directe de ce qu’on appelle Yénergie du traitement antiphlogistique employé sous toutes les formes. Or, nous le demandons, 1 expérience acquise en Algérie, ne désigne-t-elle pas ce qu’il y aurait à laire de ce côté? Nous le disons avec conviction, et ce n’est pas le moindre reproche que nous adressions à la doctrine de l’intoxica-
tion, avec sa prétendue nécessité d’empoisonnement miasmatique préalable, pour faire naître les fièvres, et avant tout la nécessité de marais pour donner lieu à cet empoisonnement, elle laisse dans une fausse et dangereuse sécurité, les praticiens des contrées qui ne sont pas marécageuses. On ne s’y méprend pas sur les accès franchement intermittents, qui sont d’eux-mêmes assez significatifs, mais on est moins en garde contre les formes rémittentes dont l’appareil symptomatique masque souvent le caractère, sous de trompeuses apparences. Par un accord général, tous les médecins des pays chauds, tendent à reconnaître que les limites du champ inflammatoire avaient été poussées trop loin ; nous ne vaudrions pas tomber dans l’excès contraire, et étendre trop loin aussi le domaine nosologique des pays chauds. Mais ce qu’il y a de certain, c’est que la France en particulier est un terrain mixte, quant aux influences climatériques, et une statistique bien faite prouverait assurément, que l’élément intermittent vrai ou masqué y est bien plus dominant qu’on le suppose.
Méningite. Pour faire suite a la même question, ou pour mieux dire par continuation de ses développements, nous devons parler ici de la méningite. Depuis que les médecins militaires ont bien acquis la conA'icti°n, que ce qu on appelle gastro-céphalite est une fièvre rémittente, pouvant revêtir la forme méningienne, la méningite, comme individualité nosologique, a disparu des rapports, des mémoires, des traités des maladies de 1 Algérie, si nous en exceptons quelques relations, notamment celle de M. Magail, sur la méningite cérébro-spinale, observée en 1845 à Douéra, petite ville de nouvelle création, sur un camp militaire, dans le Sahel d Alger, et où nous étions alors. Les premiers cas apparurent en février, sous 1 influence d une température froide et humide, et chez des hommes de 20 à 50 ans, d une constitution robuste, comptant tous une ou plusieurs années de service sous les drapeaux. Après une période prodromique, n’ayant pu être contrôlée, et constituée par un malaise général, d’autrefois par quelques accès intermittents , apparaissait plus ou moins brusquement un malaise général, accompagné d’un frisson très vif et de vomissements
bilieux; une céphalalgie occipito-frontale et douleur rachidienne; de la surexcitation, du délire, des cris plaintifs, la perte de connaissance, la tendance a sortir du lit, des convulsions; face rouge, yeux mobiles avec mouvements strabiques; pupille contractée, photophobie, respiration difficile; langue blanchâtre, sèche et froide, pouls petit, de HO à 114 pulsations; trismus. Tous ces symptômes s’accompagnaient toujours de vomissements bilieux; les urines évacuées étaient fétides, rougeâtres et sédimenteuses ; la peau était continuellement fraîche, et toute espèce de réaction difficile â obtenir. Après l’excitation suivait le collapsus, avec carphologie, soubresauts des tendons, raideur du cou, refroidissement général, et la mort après douze vingt-quatre ou quarante-huit heures.
Sur huit observations qui sont relatées, six ont eu une issue funeste, et cela malgré le traitement le plus énergique , dit M. Magail : « dans la période d’excitation une médication antiphlogistique révulsive et dérivative a été employée avec la plus grande vigueur , la première surtout. Ce n’est qu’après avoir obtenu par la veine 1000, 2000, 5000 grammes de sang, (la plume frémit dans la main en transcrivant de pareils chiffres donnés par M. Magail), 5000 grammes de sang toujours privé de couenne, et avec peu de sérum, que le malade commençait à pâlir, et que les symptômes d’exaltation devenaient un peu moins prononcés. »
En même temps que la veine était ouverte, des centaines (sic) de sangsues étaient appliquées sur les régions frontales, temporales, sur le trajet des jugulaires; de nombreuses ventouses scarifiées étaient posées audessous des clavicules, à la base de la poitrine ; toujours la réaction avait beaucoup de peine à s'établir. Lorsque malgré (!) l’emploi de tous ces moyens, une amélioration réelle ne survenait pas : vésicatoires et cautères transcurrents tout le long de la colonne vertébrale ; ce dernier moyen fut tout-à-fait abandonné plus tard, comme exerçant une action dangereuse sur la moelle, en hâtant la suppuration de ses enveloppes....
Plus on méditera tout ce qui a trait à la méningite, plus on trouvera difficile d’en établir le diagnostic différentiel avec la fièvre rémittente, pernicieuse et délirante, appelée gastro-céphalile. La méningite a parfois une période prodromique de plusieurs jours, caractérisée par une céphalalgie, qui ne fixe pas assez l’attention. La fièvre rémittente a la céphalalgie pour symptôme primordial et dominant. La méningite débute quelquefois soudainement; rien de plus soudain parfois aussi qu’un accès de fièvre délirante. Dans la méningite, il y a des vomissements bilieux, évacuation d’urines fétides, mêmes symptômes dans la fièvre rémittente à forme gastro-céphalique. Dans la méningite, après le délire, viennent le collapsus et le coma, les soubresauts; dans la gastro-céphalile, il en est identiquement de môme. Dans la méningite, il y a souvent raideur tétanique du cou ; cette raideur a valu â certaines fièvres la dénomination de pernicieuses tétaniques.
Dans la méningite, les antiphlogistiques poussés à l’excès ne peuvent conjurer une issue funeste; dans la gaslro-céphalite, on a dû y renoncer.
M VLADIKS Cl. IM VTI-RIQUES.
Dans la méningite, le sang tiré de la veine est dépourvu de couenne; la couenne fibrineuse manque pareillement dans la gastro-céphalite. Dans la méningite, toule espèce de réaction est difficile à obtenir, la peau reste fraîche ou froide; pareillement dans la fièvre rémittente, pernicieuse, gastro-céphalique; le défaut de réaction, marquée par la fraîcheur de la peau est, dans la période de collapsus ou comateuse, un signe d’issue prochainement funeste. Dans la méningite on trouve la congestion, la vascularisation des méninges, une sérosité purulente, lactescente à leur surface. Dans les fièvres rémittentes, pernicieuses, délirantes, terminées parla mort, on trouve des désordres semblables. Enfin, dans la méningite, comme dans certains accès pernicieux, la mort peut survenir sans traces de lésions anatomiques.
Mais, dira-t-on, s’il fallait considérer la méningite comme une fièvre rémittente pernicieuse, pourquoi le sulfate de quinine, qu’on a essayé, n’a-t-il pas toujours réussi? Parce que le sulfate de quinine n’est pas toujours une arme infaillible contre les fièvres graves, surtout quand on l’a administré à trop faible dose, souvent après des évacuations sanguines qui en empêchent l’effet, ou à la dernière période de la maladie, c’est-àdire alors que des localisations désorganisatrices se sont opérées.
On en a la preuve, notamment dans ces fièvres délirantes, contre lesquelles le sulfate de quinine, administré tardivement à la période comateuse, reste trop souvent inefficace.
Pour notre part, nous pouvons affirmer que nous avons trouvé identité complète entre la gastro-céphalite d’Afrique ou fièvre délirante, et la gastro-céphalite qui prit à Lyon, en 1840, au printemps, le caractère de méningite épidémique. Mêmes symptômes, même marche, mêmes altérations dans les cas funestes, et nous ne voyons pas pourquoi on ne les appellerait pas fièvres pernicieuses méningiennes, ou bien encore comme le proposait Boudin : fièvres cérébro-spinales. « En pathologie, disait le médecin en chef de l’hôpital du Roule, les noms ont une grande importance, et l’on verra dans le cours de cet article 0), à quelles étranges aberrations pratiques, à quels tristes résultats thérapeutiques a conduit pendant des années l’appellation méningite. Les raisons qui nous font repousser la dénomination de méningite, se résument ainsi : la maladie peut donner la mort sans laisser la moindre trace appréciable de lésion anatomique; rebelle aux déplétions sanguines, elle s’aggrave sous leur influence. L’opium à haute dose non précédé d’évacuation, a donné lieu à de nombreuses guérisons. »
Boudin ouvrait le traitement par 2 ou 5 décigrammes d’extrait gommeux d’opium, administrés dans 20 grammes de liquide et en une seule fois; l’opium est ensuite administré toutes les demi-heures, par prises de 5 centigrammes, jusqu’à production d’assoupissement léger, mais il y a
(1) Supplément au dictionnaire des dictionnaires, article : Méningite (fièvre cerebrospinnle, typhus, cérébral typhus).
nécessité de suspendre l’opium, dès qu’ii se manifeste du narcotisme; il faut alors employer de fortes doses de café. « L’opium doit être supprimé dès que les phénomènes encéphaliques cessent; il ne faut pas hésiter a y recourir pour peu que ces phénomènes, ce qui n’est pas rare, se reproduisent. »
Mais si l’opium seul peut donner de bons résultats, notre conviction est que la thérapeutique serait plus puissante encore, si dès le début de la lièvre pernicieuse méningienne, ou cérébro-spinale, on employait le môme traitement que pour la fièvre soporeuse algide, c’est-à-dire les boissons diaphoniques, les révulsifs aux extrémités et le fébrifuge à dose élevée, en y associant pareillement l’opium et concurremment aussi, croyons-nous à juste titre, le camphre, le musc, voire même Tassa fœtida !
Les auteurs du compendium ont exprimé un fait généralement reconnus en disant de la méningite : « les saignées les plus copieuses n’ont jamai, enrayé la maladie. »
Et cela est vrai, pour l’Afrique en particulier, où les évacuations sanguines poussées jusqu’à 5,000 grammes par la lancette, et autant par des centaines de sangsues, n’ont pu conjurer une issue funeste. Le sulfate de quinine a rendu, au contraire, de véritables services; voici, par exemple, le résumé de Tune des deux seules observations inéningiennes de M. Magail, qui aboutissent à la guérison : B., âgé de 25 ans, d’un tempérament sanguin, est pris tout à coup, le 9 février 1845, d’un violent accès de fièvre, caractérisé par un malaise général, avec frisson très vif, de la céphalalgie, des vomissements bilieux; une violente réaction suit de près. Le malade, d’une forte constitution, supporte les évacuations sanguines auxquelles on le soumet. Le jour suivant, rémission, pendant laquelle on administre notamment 20 décigrammes de sulfate de quinine. Le troisième jour, rémission, encore 20 décigrammes de sulfate de quinine. Le quatrième et le cinquième jour, apyrexie. Le sixième, le convalescent demande à manger, et va rapidement en voie de guérison.
Les cas de ce genre seront plus nombreux et plus éclatants, lorsque les praticiens, moins préoccupés d’agir contre une prétendue localisation morbide, ordinairement inattaquable quand elle est formée, se préoccuperont davantage de l’état fébrile dont elle est le résultat. En voici une preuve bien authentique, qui nous a été communiquée par un des plus expérimentés des médecins militaires. A Paris, un élève qu’on crut atteint de méningite cérébro-spinale, avec céphalalgie violente et vomissements bilieux, fut tout d’abord traité, mais en vain, par les antiphlogistiques. L’affection gagnant d’intensité, il fut transporté à l’hôpital du Val de Grâce; le médecin du service de la division des officiers fiévreux, convoqua une consultation des sommités de l’endroit, parmi lesquelles le médecin en chef lui-même, justement renommé comme clinicien. Après un examen attentif du malade, dont chaque apophyse épineuse fut successivement palpée et pressée, on diagnostiqua formellement une méningite cérébro-spinale. « Permettez-moi de différer de votre opinion, ditl’ex-pra-
MALADIES CLIMATÉRIQUES
licien d’Afrique; je crois à l’existence d’une lièvre rémittente gastrique bilieuse, comme nous en avons tant à la saison chaude en Algérie ; je pense qu’un évacuant et le sulfate de quinine en auront raison. » Ce qui fut dit fut*fait, et le malade se rétablit promptement.
Nous avons démontré (pie la méningite cérébro-spinale observée à Douera, était bien une forme céphalique de fièvre rémittente. Or, la méningite cérébro-spinale qui a sévi à Versailles, en 1850, nous paraît n’avoir pas été autre chose non plus. L’épidémie de Versailles a duré par intervalles variables de février à juillet. La recrudescence de mai, notamment, a coïncidé avec l’élévation subite de la température. Parmi les symptômes principaux, on a trouvé constamment une céphalalgie intense, souvent du délire, quelquefois du coma. Après la céphalalgie, les vomissements bilieux ont été le symptôme le plus fréquent. Comme épiphénomène on a noté l’éruption des lèvres, qualifiée de pustuleuse, et qui n’a été évidemment que Vherpes labialis, caractéristique des fièvres d’accès. Dans quelques cas, il y a eu éruption miliaire, éruption varioliforme, taches pourprées, pétéchies ou signes de fièvres d’accès, plus ou moins graves; on ne peut pas trouver un cas plus évident de fièvre rémittente comateuse, avec ses rémissions et ses exacerbations, traitée et guérie par le sulfate de quinine, que la VHP observation de méningite cérébro-spinale de la dite épidémie de Versailles (•). L’observation IX de méningite cérébro-spinale a pareillement, sans équivoque, tous les caractères de la fièvre rémittente traitée et guérie comme telle.
Dans les cas où les évacuations sanguines ont prédominé, comme dans l’observation Xe, sur l’emploi du sulfate de quinine, la guérison a été plus difficile et plus lente à obtenir.
Cette observation est remarquable, dit M. Faure-Villar, par l’intermittence régulière qu’ont offerte les accès de céphalalgie. Dès le vingt-septième jour, cette périodicité est signalée par le malade lui-même, alors que ceux des vingt-troisième et vingt-sixième jours, n’avaient encore pu donner quelques soupçons. Les accès semblaient passer successivement du type quarte au tierce, puis ils reviennent pendant trois jours consécutifs, et représentent le type tierce au quarante-et-unième jour. L’accès du quarante-troisième jour a été accompagné de symptômes apoplectiques qui donnaient à la maladie de la ressemblance avec la fièvre pernicieuse. Le sulfate de quinine, associé à l’opium réussit à triompher d’une intermittence opiniâtre, et permet de rétablir les forces du malade par une alimentation prudemment ménagée.
A la suite de ce fait significatif sur l’allhérapeutique, qu’il fallait poursuivre hardiment, viennent les observations de C. et de P., fatalement voués à une issue funeste, par des évacuations sanguines répétées.
Les faits que nous venons de grouper indiquent ce qu’il y aurait à espérer dusulfale de quinine, employé assez tôt et à doses suffisantes, sans
,'l Voir : Mém. de mèd. milit., T. XLVIN, relation de M. Faure-Villar,
PATHOLOGIE ET THÉRAPEUTIQUE. 4ol
négliger les autres moyens de réaction, dans la fièvre pernicieuse, le plus souvent algide, qu’on appelle méningite cérébro-spinale.
Ajoutons encore sur ce point, que précisément, à la même époque où la
ment à Bordeaux à la fin du printemps, et pendant l’été de 1859. La maladie, traitée d’abord par les antiphlogistiques, donna des revers, lcsull'ate de quinine amena presque toujours la guérison (2 décès sur 1G2 cas de fièvre grave); laissons parler M. Gassaud, antérieurement familiarisé avec les fièvres de l’Algérie 0).
« D’après les observations qu’on vient de lire et dont je pourrais facilelement augmenter le nombre, on voit que j’ai eu à traiter des fièvres pernicieuses simulant la méningite ; j’ai heureusement bientôt reconnu la marche insidieuse de ces affections, et je me suis aperçu à temps du danger des déplétions sanguines abondantes. Aussi suis-je devenu très réservé sur l’emploi des applications de sangsues. J’ai administré dans tous les cas du sulfate de quinine par l’estomac, le rectum et la peau privée de son épiderme. Dans plusieurs cas, ce remède héroïque a été bien secondé par l’emploi des révulsifs et des dérivatifs de toute espèce. »
En résumé, que la méningite épidémique soit considérée comme une inflammation cérébro-spinale, idiopathique, qu’on l’appelle fièvre pernicieuse méningienne, ou fièvre cérébro-spinale, ou cérébral-typhus, ou typhus tout court, toutes dénominations ou appellations qui n’excluent pas assurément la parenté de cette maladie épidémique de nos contrées, avec les pyrexies malignes ou fièvres pernicieuses qu’on observe en Algérie, il est bien avéré aujourd’hui, que les déplétions sanguines sont radicalement impuissantes, sinon fatales ; au contraire, les inhalations éthérées produisent de bons effets (2) ; l’opium seul peut amener des guérisons plus nombreuses quand il est secondé par le camphre, le musc, le castoreum et l’assa-fœtida; le sulfate de quinine surtout en a donné de bien plus nombreuses encore; l’association de ces agents médicamenteux, variée selon les circonstances, mais toujours avec prédominance de l’antipériodique, hardiment employée dès le début, deviendra, tout porte à le croire, aussi efficace que la médication antiphlogistique a été désastreuse.
Fièvre miliaire ou suette. — Parmi les complications des fièvres intermittentes, en Afrique comme en Italie, on rencontre très fréquemment une éruption miliaire générale, parfois avec symptômes dyspnéiques; on se garde bien en pareil cas de ne voir là qu’une éruption dont il faudrait respecter les évolutions, on n’y voit qu’une simple complication, qu’un simple épiphénomène de l’affection principale ; on n’écrit pas même alors en observation fièvre miliaire, mais bien fièvre intermittente ou rémittente avec éruption miliaire, et ne faisant d’autre cas de cette dernière
(1) Mémoire île méd. milit ., t. XLVIJI.
(2) Service de M. Bcsseron, Mém. de méd. milit., t. IX. (“2e série.)
MALADIES CLIMATÉRIQUES
que d’un caractère particulier accidentel, formant une variété assez com-
mune.
On traite l’élément, principal en employant d’abord, l’anlipériodique précédé ou non d’un évacuant, selon l’indication, et les accès ou paroxysmes une fois enrayés, l’éruption miliaire disparait bientôt, et la convalescence s’établit. Eh bien encore, quand la suette miliaire se développe en France, chez des individus ayant déjà subi l’influence des perturbations atmosphériques, leur intensité et leur variabilité d’action, soit au printemps, par suite des intempéries et de la funeste coutume d’alléger trop tôt les vêtements, soit en automne où l’organisme plus impressionable et mal garanti encore, est surpris par les rigueurs de l’arrière-saison; quand les prodromes dénotent un état de gastricité et des perversions de calorification et de circulation, arrivant graduellement à la forme intermittente et à la forme rémittente, avec céphalalgie, vomissements bilieux, quelquefois herpès labicdis , et sudamina, (comme l’a observé M. Verneuil dans l’épidémie de l’Oise, 1849), avec urines claires dans l’apyrexie, puis d'un rouge brique et chargées; qu'on a employé avec avantages le vin de quinquina, les infusions de camomille, serait-ce donc forcer les analogies que d’agir en pareil cas comme nous agissons en Algérie et en Italie, c’est-à-dire en employant activement le traitement antipériodique, parfois précédé ou secondé par l’ipécacuanha ou les laxatifs? Mais ce ne sont plus des conjectures, ou des présomptions sur l’opportunité d’en agir ainsi ; les faits ont déjà parlé, et M. Paroi a signalé la fréquence de la forme intermittente et rémittente de la suette miliaire, dans la Dordogne, en même temps que le succès du sulfate de quinine. (Rapport de M. Guérin, 9 septembre 1851, Académie de médecine.)
De son côté, M. Neucourt, à Melun, ayant pareillement reconnu à la suette miliaire les symptômes de la fièvre intermittente, administra le sulfate de quinine avec les plus heureux résultats, pendant que M. Foucart préconisait l’emploi de l’ipécacuanha au début.
Enfin, nous trouvons, dans la Revue thérapeutique du Midi , les détails ci-après sur l’épidémie de suette du département de l’Hérault : « le traitement qui a le mieux réussi, c’est l’administration du sulfate de quinine; lui seul a arrêté les exacerbations désastreuses qui congestionnaient en un clin-d’œil et souvent sans ressource, les grands centres organiques, notamment le cerveau. Mais pour en obtenir tous les bienfaits qu’il peut rendre, il a fallu absolument le faire prendre à très haute dose, 2, 5 et même 4 grammes, dans trois ou quatre heures seulement. »
« Au nombre des agents les plus nuisibles, quand on en fait la base de la thérapeutique, nous ne pouvons nous dispenser dès à présent, de signaler les saignées générales. Les malades peuvent périr sous la lancette, nous en avons vu beaucoup d’exemples, et des sujets qui avaient échappé à ce désastre, restaient languissants au milieu de symptômes inquiétants. » (Gazette médicale , 7 juin 1851.)
Continuons nos rapprochements thérapeutiques : les fièvres éruptives,
au début, simulent les fièvres d’accès à s’y méprendre. Rien d’ordinaire ne ressemble surtout à une fièvre rémittente comme l’invasion delà variole. La fiè\re prodromique est si intense, les symptômes cérébraux si graves qu’on peut croire à l’impérieuse obligation de les combattre par les évacuations sanguines, qui cependant ne les amendent en rien. Dès lors la grau té du la \aiiole confluente va croissant, le délire survient, et les malades succombent dans l’état comateux ou typhoïde.
Au contraire, dans des cas où, pour notre compte, nous avons procédé tout autrement, nous n'avons eu qu’à nous louer du résultat de notre pratique. Dans des fièvres, dont l’intermittence avait la diaphorèse pour symptôme prédominant, l’indication de l’antipériodique, nous ayant paru nettement motivée, son emploi a amendé l’état fébrile. Peu de jours après, il nous est arrivé de voir survenir des symptômes d’éruption variolique bénigne, qui suivait rapidement son cours vers la desquamation, en 10 ou 12 jours, et une convalescence franche s’établissait: ce résultat équivalait a une atténuation voisine de l’avortement de la variole.
Mais si par l’emploi opportun du sulfate de quinine, la fièvre qui, abandonnée à elle-même, aurait été suivie de suette grave, se réduit à une simple complication d’éruption miliaire bénigne, comme simple épiphénomène; s’il en est de même pour la fièvre prodromique de la variole, au point que 1 éruption, après l’emploi de l’antipériodique, n’est plus guère qu une simple vanoloïde, n’est-il pas logique de ne pas hésiter à donner préventivement le sulfate de quinine, dans l’imminence de toutes les lièvres éruptives?
Fièvre ictérique. — Un autre rapprochement doit trouver encore ici sa ,a P^ce. Nous avons vu avec quelle fréquence les symptômes bilieux >ignalaient le début ou le cours des fièvres, par hypersécrétion biliaire, symptomatiquement provoquée par les accès; combien le retentissement lu côté du foie pouvait devenir marqué, dans certaines fièvres rémittentes !t les symptômes bilieux être tels que d’un symptôme caractéristique, notamment de la coloration de la peau et des conjonctions, on ait tiré la lénomination générique de fièvre jaune, en prenant dans les pays chauds a généralité des manifestations morbides, qui constituent la fièvre rémilente bilieuse.
Dans tous ces cas de fièvre avec symptômes bilieux, du plus simple au •lus complexe, du plus bénin au plus grave, au vonrito, l’agent principal e médication, celui sans le secours duquel l’intervention de tous les utres, reste trop souvent impuissante, c’est le sulfate de quinine.
Dr, nous le demandons encore, lorsque l’ictère s’observe en France, soit poradiquement, soit épidémiquement à la suite de frissons, de mouvelents fébriles, avec cardialgie, gastralgie, vomissements bilieux, selles iari héiques ; que, malgré l’emploi de l’ipécacuanha ou autres agents de indication, le mal allant croissant, les symptômes précédents, donnant à affection une sorte de continuité paroxystique, il peut y avoir éruption
MALADIES CLIM ATÉUIQl ES.
Je roséole, de prurigo, de miliaire, de purpura; hémalémèse, crampes, convulsions, délire, hoquet, collapsus cl coma précédant la mort, survenue quatorze fois sur seize cas, dit M. Ozanam (*), (pie sur 10 cas le foie est trouvé normal sur 5 ; trois fois un peu noir et d’une teinte ictérique, une fois gorgé de bile, une fois légèrement congestionné, sans rien de notable dans les canaux biliaires, sans obstacle au cours de la bile; que 1 estomac n’offre d’autre particularité que de contenir tantôt de la bile pure, tantôt un liquide sanguinolent; que treize fois sur quatorze, on ne trouve ni inflammation, ni congestion, ni aucun obstacle dans le duodénum; qu il n’y a rien dans les intestins, pas de développement des glandes de Brunner ou de Peycr, etc., faut-il, quand les analogies sont si significatives, ne voir
là qu’une ictère grave essentiel ?
Telle ne serait pas, nous a-t-il paru, la pensée de l’auteur du judicieux compte-rendu de la dissertation où sont signalés les faits remarquables qui nous fournissent le sujet de ces réflexions. Ici encore ce qu’il y aurait à tenter, en cas d’ictère avec réaction fébrile, s’offre spontanément a l’esprit, il s’agissait bien évidemment de fièvres rémittentes bilieuses, qui abandonnées à elles-mêmes ont abouti à une issue funeste, et qui prises à temps auraient facilement été enrayées par l’emploi de sulfate de quinine, combiné aux autres moyens de médication appropriée. Les essais cliniques, tentés dans cette voie, montreront aux médecins qui sauront tenir compte de ces avertissements, combien leur pratique sera plus fructueuse, en suivant les indications thérapeutiques, qui découlent de nos études étiologiques sur les divers points que nous venons de signaler, et sur les suivants.
Accès cholériques. — • Choléra. Il arrive que chez certains fébricitants,
la période algide est si prononcée, que les accès menacent promptement la vie du malade. Ces accès pernicieux algides, où la peau est froide, es lèvres et la langue pâles et décolorées, le pouls d’un ralentissement et d’une petitesse extrêmes, s’accompagnent parfois de douleurs abdominales, de vomissements bilieux, de déjections de même nature ou aqueuses et séreuses, de crampes, de hoquets, en même temps, que la Aoixest rauque, affaiblie, cassée, les yeux caves, les paupières livides, et tout le corps d’un froid glacial; ces accès sont appelés à bon droit accès cho criques. Cette dénomination leur convient d’autant mieux qu’on ne saurait, souvent, les différencier du choléra sporadique le mieux caractérisé. Cette similitude devient plus grande encore, si l’accès, suivant toutes ses phases, le refroidissement de plus en plus excessif, et non perçu pai le nia a e „ui conserve ses facultés intellectuelles, il y a arrêt dans la circulation, cyanose et mort comme par asphyxie. Pris à temps, traités par les ie'“” sifs énergiques, à l’extérieur et à l’intérieur, par les stimulants diffusibles et surtout par le sulfate de quinine à haute dose, la période algide se is»
T De f ictère grave essentiel ; thèse de 1810. Ouz. vieil. , 1SJ0, p. t'3..
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