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sipe, la chaleur revient graduellement, la circulation se rétablit, le pouls se relève, les vomissements et les déjections cessent, et cette réaction salutaire se continue par d abondantes sueurs. Le traitement quinique, continué deux ou trois jours, prévient de nouveaux accidents, et bientôt la convalescence s’établit.
Or, lorsqu’il advient, par des conditions spéciales de la constitution atmosphérique, que les influences fébrigènes des phénomènes thermohygrométriques, au lieu de produire des endémo-épidémies où prédominent les fièvres intermittentes et rémittentes, avec quelques cas de fièvres algides et cholériques, font de ces dernières le plus grand nombre, au point qu’il y ait alors épidémie de choléra, faut-il ne plus voir là qu’une maladie nouvelle et toute différente? Et alors que souvent, par de fortes chaleurs, des temps orageux, le refroidissement du corps en sueur, occasionné par toutes les circonstances qui peuvent le produire, devient la cause prédominante de la maladie ; alors que celte dernière s’annonce par des phénomènes identiques à ceux de la fièvre algide, en diffèrent peutêtre à peine par un peu plus d’intensité; alors que, comme dans la fièvre algide, la première période n’ayant pas été mortelle, le pouls se relève, la chaleur revient et il s’établit une vive réaction produisant quelquefois les congestions céphaliques les plus graves ; d’autres fois suivie d’abondantes sueurs, amenant une rémission de tous les symptômes et s’accompagnant souvent d’éruptions miliaires ou pétéchiales ; il en résulte ainsi de longs accès à longs stades, il est vrai, mais parfaitement caractérisés, ayant pu être observés deux ou trois fois chez le même malade. Faut-il alors ne plus adopter qu’une thérapeutique aux tâtonnements impuissants? Faut-il surtout, sous prétexte de débarrasser le sang d’un principe toxique qui l’infecterait, dit-on, recourir pendant la période de réaction à la saignée qui n’a de pire que la saignée dans la période algide ! Non assurément, le succès bien constaté du traitement excitant et quinique, dans le cas de fièvre algide cholérique sporadique, indique très significativement ce qu’il y a à faire, pour les fièvres algides cholériques épidémiques ; car nous sommes convaincu que si l’emploi du sulfate de quinine a eu déjà de bons effets, contre le choléra, entre les mains de plusieurs praticiens, ces effets eussent été infiniment plus nombreux si on l’eut administré et continué aux doses que réclament les accès pernicieux algides. Notons ici qu’en 18o0, à Sanl’rancisco, il a régné une épidémie de fièvres pernicieuses, compliquées d’accidents cholériformes, qui a diminué ses ravages du moment, disaiton, où des médecins français, ayant saisi le véritable caractère de la maladie, l’avaient traitée en conséquence, contrairement aux médecins américains, dont les revers étaient constants par le fait de leur parti pris, de ne reconnaître que des cas de choléra, faisant ainsi abstraction de l’élément fébrile au détriment de leurs clients.
Nous sommes heureux, pour notre part, d’avoir à soutenir cette thèse avec l’autorité de faits probants observés en Cochinchine. Du mois de février 1N0I au mois de février I8(>2, étant médecin-chef de l’hôpi lai militaire de
Saïgon, bien que Ja division des blessés fut notre principal service, nous nous réservâmes le traitement des cholériques dont nous finies une subdivision à part, bien convaincu que la responsabilité ne devait incomber qu’à nous, et que nul de nos collaborateurs n’était autant que nous convaincu aussi de la nécessité, de l’indispensabilité, de traiter le choléra comme nous traitions, en Afrique, les accès pernicieux algides cholériformes. Nos prévisions se réalisèrent au-delà de nos espérances. Tout cholérique apporté dans nos salles était couché, rechauffé et individuellement soigné par deux infirmiers. Dans la période algide et c’était toujours celle du début, nous prescrivions concurremment du tilleul chaud, une potion anti-spasmodique (éthérée, opiacée) et une potion avec deux grammes de sulfate de quinine. Si le malade rejetait le tout par des vomissements, on recommençait, en même temps qu’on lui donnait un lavement opiacé avec deux et trois grammes de sulfate de quinine en solution. Le deuxième jour, même traitement, la réaction commençait; au troisième, même traiter, la réaction modérée, la plus ordinaire s’établissait. L’usage du bouillon de viande et chaud, était la boisson offerte en permanence, en dehors du moment de l’administration des médicaments. — Mais reprenons de plus haut la question.
Le choléra est de bien vieille origine. Libre à ceux qui, ne le connaissant pas, ont cru qu’il datait de l’époque où les journaux signalaient sa prétendue naissance sur le Gange, et son irruption de l’Asie sur l’Europe. Ce ne fut là qu’une recrudescence d’une maladie connue de tout temps, et dénommée par Hippocrate d’un des symptômes principaux, l’hypersécrétion bilieuse, Xolkpx.
A son tour, Galien disait : le choléra est une affection aiguë, avec vomissements bilieux fréquents, déjections alvines répétées, liquides et blanchâtres, des contractures des membres avec refroidissement des extrémités et lividité , petitesse de plus en plus faible du pouls.
Cette définition convient parfaitement aujourd’hui à la maladie que Sydenham appela morbus ou passio cholerica , la même qui fit jadis de si grhnds ravages en Europe sous le nom de peste noire.
Le choléra n’est donc pas né dans ces derniers temps sur le littoral de la mer des Indes, mais il est vrai de dire que les dernières épidémies de notre époque sont parties de ces lieux où cette maladie, parait-il, fut toujours endémique.
Après avoir été signalé en 1781 comme exerçant ses ravages sur la côte du Malabar, le choléra sévissait en 1817, sur la ville de Jessora, au Bengale; en 1820 il était aux bouches de l’Indus; en 1821 au golfe Persique; en 1 822 à la mer Noire ; eu 1 825 à Astracan .
Nouvelle recrudescence au Bengale et dans l’Inde en 1827 ; il atteint la mer Caspienne en 1829 ; à Astracan de nouveau en 1850, et s’irradie sur le Volga à Moscou et à Odessa.
En 1831 il était en Hongrie, à Vienne et de là en Angleterre; en 1852 a Londres, à Dublin, et en mars de la même année il éclatait en France, à
Calais et à Paris.
II apparaissait en même temps dans l’Amérique du Nord, au Mexique, l’isthme de Panama, etc., en 1833.
En 1835 il régnait concureinment en France et en Algérie.
L’Europe eut trêve enfiiï durant une période décennale de 1830 à 1846, mais il reparut en 1847, 1848, 1849, jusqu’en 1854.
En 1854 il sévissait en Orient, notamment à Varna et en Crimée
en"1855.
En 1859 il paralysait l’expédition du Maroc ; en 1861 nous le retrouvions dans les parages qu’il hante en permanence, avec des nuances d’intensité, selon les diverses saisons de l’année.
Lê cholçra a une préférence marquée pour les terrains meubles et d’alluvions, le Gange, l’Indus, 1 Euphrate, le Cambodge, la basse Cochinchine, la Hollande, la Belgique, le fleuve Saint-Laurent, en Amérique.
En outre, le choléra est plutôt des pays chauds que des pays tempérés et surtout de notre hémisphère.
Il ne s’est montré que très rarement dans l’hémisphère sud, et sa limite extrême a été Bourbon, par 21 degrés de latitude sud.
Il régna à Java et à Sumatra, comme un peu plus de ce côté de la ligne , aux Philippines.
Le cap de Bonne-Espérance et l’Australie ont jusqu’ici échappé à ses atteintes.
En Europe, Arehangel, par 64 degrés de latitude nord, a été la limite septentrionale du choléra. Pour l’Amérique du Nord, cette limite a été le Canada.
L’Islande, la Sibérie, le Groenland, n’ont point encore été envahis.
En somme, le choléra, du moins comme maladie permanente endémique, est une maladie des pays chauds, principalement des contrées tropicales de l’Asie, et plus particulièrement encore dans celles de ces contrées qui sont constituées par des deltas vaseux, aux embouchures des grands fleuves.
Une de ces localités types est constituée par le vaste delta de la base Cochinchine, sillonnée et inondée par le réseau intextricable des mille branches du Cambodge et de la rivière de Saigon.
Le choléra-morbus asiatique, endémique dans la basse Cochinchine, devient endémo-épidémique à la mousson du nord-est, la saison sèche et chaude de l’année, c’est-à-dire de novembre à mai, mais surtout pendant les mois de février, de mars et d’avril. Ce fait est notoire pour tous les médecins qui y ont séjourné, tant de la marine que de l’armée, lors des dernières expéditions.
Or, concurremment avec le choléra, les fièvres intermittentes et rémittentes et aussi la dysenterie sont pareillement endémo-épidémiques, dans la basse Cochinchine. Toutefois, il faut dire que, comme en Algérie, par exemple, et comme dans tous les pays chauds, la maladie prédominante c’est la fièvre dans ses divers types et diverses formes.
Ainsi, premier point : le choléra, à l’état natif, règne en permanence
MALADIES CLIMATÉMQUES.
dans des lieux, Gange ou Cambodge, qui sont aussi et avant tout des foyers endémiques de fièvres diverses. De telle sorte que des troupes, des équipages en station ou en expédition dans la basse Cochinchine, supportant 1 insolation tropicale dans une atmosphère chargée de vapeurs chaudes et débilitantes, puis des refroidissements nocturnes plus ou moins marqués; étant plus ou moins fatigués par les exigences du service et par toutes les misères qui sont inhérentes à de pareilles situations, ces hommes prennent : les uns la fièvre, c’est le plus grand nombre; ceux-là le choléra ; d’autres la dyssenterie ; tout cela dans des conditions identiques de climat, de régime, d’habitudes <l).
Du mode de développement du choléra et de sa proportion , par rapport aux autres affections , selon les mois de Vannée. — L’année de 1801 fut pour les Annamites du Delta, population étiolée par les endémies et ruinée par la guerre, une année désastreuse : les fièvres intermittentes, rémittentes, gastriques, bilieuses, céphaliques, la dyssenterie, la variole, et surtout le choléra, moissonnaient les indigènes dans des proportions que les missionnaires avaient rarement vu atteindre par les épidémies de la contrée, depuis vingt ans.
Ceci se passait surtout en janvier, février et mars, saison à éclatant soleil, chaude et sèche par rapport à la saison des pluies. A cette époque, l’état sanitaire des troupes françaises était bon en général; cependant l’insolation produisait des fièvres rémittentes céphalique, qui prédominaient en février, au moment des expéditions.
Bientôt le choléra commença à sévir sur les marins de débarquement, et aux premiers jours de mars, une vingtaine, parmi lesquels se "trouvait le maître charpentier, qui venait la veille d’achever une baraque pour ses compagnons d’infortune et pour lui, râlaient à l’ambulance de la marine de Cho-Koan (2), voisine de la nôtre.
Ainsi qu’il était facile de le prévoir, les troupes de terre ne tardèrent pas à subir les atteintes du choléra, et nous eûmes, tant pour les indigènes que pour les Européens, une endémo-épidémie cholérique durant la saison dite sèche. Plus tard, en effet, les cas devinrent moins nombreux, lorsque la saison des pluies fut pleinement établie, et le choléra passa à l’état ordinaire, c’est-à-dire endémique, fournissant passim quelques cas sporadiques isolés, du moins pour les Européens.
La proportion des cas de choléra, par rapport aux autres maladies i li-
ft; Le commandant Thomassin, en station dans les Philippines, oui le choléra à son bord : les ealicrs et autres hommes de l’équipage qui montaient sur le pont, couverts de sueur, pour se faire jeter des se iux d'eau sur le co"ps, furent les premiers et plus gravement atteints.
! 2) Service de M. Laure, médecin principal et en chef delà marine.
ternes des diverses sections ou divisions du service, qui élaiUlu ressort de notre contrôle, a été comme il suit pour la période annuelle (t) :
3 lois de février 1861.
Affections diverses b 5
Choléra 17
Mois de mars.
Affections diverses .... 22b
Affections cholériques . . . 4b
Mois d'avril, y compris les malades de l' expédition de My-tko. Affections diverses .... 235
Affections cholériques ... 8b Mois de ruai.
Affections diverses . . .
Choléra ......
Mois de juin.
Affections diverses. . . .
Choléra
Mois de juillet ,
Affections diverses . . .
Choléra
Mois d'aout.
Affections diverses . . .
Choléra
Mois de septembre.
Affections diverses . . .
Choléra
Mois d'octobre.
Affections diverses . . .
Choléra. •
Mois de novembre.
Affections diverses. . . .
Choléra
Mois de décembre.
Affections diverses . . .
Choléra
Mois de janvier.
Affections diverses . , •
Choléra
Il résulte de nos tableaux mensuels :
Que le choléra, qui a été dans la proportion de 15 pour 100 par rapport aux autres affections réunies, ne sévit, à proprement parler, que pendant la saison d’insolation, sur les troupes européennes, et particulièrement aussi quand elles sont en butte aux fatigues des expéditions.
[l] Moire effectif moyen élu' 'I de 2000 hommes de Iroupes de l-rre.
MALADIES CLIiWATÉRIQUlîS.
En ollüt’. Pendant 1(iS mois ^insolation où se sont faites les opérations de guerre, il y a eu, de novembre à avril inclusivement, pour ce qui a été du ressort de notre contrôle, 167 cas d’affections cholériques et 21 cas seulement pendant les six autres mois, de mai à octobre inclusivement, qui constituent la saison pluvieuse ou l’hivernage.
Caractères symptnmutoloyiqucs et nécropsiques. — Pour ne pas répéter les details de la symptomatologie pour chacun des cas que nous aurons à examiner, dans le paragraphe suivant, nous allons donner la description d ensemble et caractéristique des symptômes principaux, qui n’ont jamais fait défaut chez les cholériques qui ont été soumis à notre examen et que nous avons eu à traiter.
Le plus souvent, les hommes atteints de choléra ont eu préalablement, et pendant quelques jours, la diarrhée appelée à bon droit prémonitoire.
Daulies fois, un certain nombre avaient eu concurremment de simples accès de fièvre intermittente; chez ceux-ci, un accès algide ouvrait la maiche ; un second était algide cholériforme et se transformait en choléra confirmé, quand il ne l’était pas tout d’un coup.
Les hommes qu’on nous apportait alors à l’hôpital militaire de Cho-Koan, quils eussent ou non des accès de fièvre antérieurement, plus fréquemment la diarrhée prémonitoire, ou qu’ils eussent été soudainement atteints sans troubles prodromiques observés et signalés, ces hommes nous arrivaient cyanosés, les yeux caves, le regard hébété, la voix rauque, éteinte, le faciès hippocratique, souvent avec le liséré bleu gingival caractéristique de l’anémie.
La peau était froide, le pouls petit, filiforme, quelquefois insensible; il y avait nausées, vomissements bilieux et crampes, surtout des extrémités inférieures; des douleurs d’entrailles, des selles diarrhéiques, bilieuses, puis séro-albumineuses blanchâtres, de consistance et d’aspect riziformes, en même temps que suppression complète des urines.
Lue soif inextinguible tourmentait les malades, en proie aussi à la dyspnée avec spasmes et défaillances, à des angoisses et à l’appréhension de la mort.
Si un premier accès n’était pas mortel dans la période algide, le plus souvent la réaction s’établissait au deuxième jour : le pouls se relevait, la chaleur à la peau revenait, bientôt suivie d’une sueur visqueuse et perlée; le faciès était violet, vullueux, arrivant rarement à la congestion encéphalique.
Quand 1 issue de la maladie a été funeste, cela a été, à une exception près, pendant la période algide, avant le retour d’aucune espèce de réaction.
L’aspect général du corps était fortement cyanosé ; on trouvait les vaisseaux exsangues, contenant quelques grumeaux groseillés comme les ventricules flétris du cœur; mais les poumous étaient congestionnés par suite de l’asphyxie.
Les intestins contenaient de la matière liquide, blanchâtre, séro-albumineuse, d’aspect riziforme.La muqueuse gastro-intestinale était épaissie, avec un pointillé blanc; les villosités boursouflées.
isoiis n avons rien noté de particulier du côté du foie et de la rate. La vessie était vide et contractée.
Ont été dans ce cas les hommes ci-après, apportés à l’agonie, mourants, et morts sans qu’ily ait eu possibilité d’entreprendre, à proprement parler! aucune espèce de traitement :
Belloc, apporté le 21 mars, mort le même jour dans la période algide, cyanosée et asphyxique ;
Abraham, apporté et mort le 4 avril ;
Ortel, apporté et mort dans la nuit du 19 avril;
Ragon, apporté le 25 avril, mort dans son brancard;
Messager, apporté et mort le 19 octobre;
Gerente, apporté le 14 janvier 1862, et mort deux heures après; Jaouen, apporté le 16 janvier, et mort une heure après.
Observations cliniques.— Traitement. — Nous allons actuellement donner les observations individuelles, des malades admis dans les salles de noire service spécial des cholériques, et que nous avons traité nous-même. C est sui ce groupe spécial d observations cliniques qu’on doit juger la valeur du traitement que nous préconisons contre le choléra, et qu’on doit établir rigoureusement le chiffre proportionnel des décès et des guérisons. On verra que les insuccès ont été peu nombreux.
Obs. I. — Cas de choléra foudroyant. — 1 0 jours de traitement. — Guérison. — Lemaire, cuisinier, à la suite de refroidissement par ingestion d’eau, le corps étant en sueur, est pris de frissons, de prostration générale, de syncopes avec crampes, vomissements et diarrhée.
Transporté à l’hôpital, le 27 févVier 1861, dans un état algide complet, avec cyanose, voix éteinte, yeux caves, pouls imperceptible, selles blanchâtres.
Prescription : Thé édulcoré alcoolisé; frictions; emmaillottement dans une couverture de laine ; potion avec sulfate de quinine, 15 décigrammes, éthérée et opiacée.
2e jour. — Forte réaction, face rouge cuivrée, sueur visqueuse, pouls relevé; pour prévenir un nouvel accès, on répète la prescription de la veille, en permettant du bouillon au malade. (Limonade tartrique par gorgées fréquemment répétées.)
5e jour. — Les accidents généraux se sont notablement calmés, toutefois il est survenu un hoquet opiniâtre qui n’a cédé qu’au troisième jour, aux potions antispasmodiques. (Éther pur sur du sucre; enfin potion avec quelques gouttes de chloroforme.)
4' jour. — Etat de calme satisfaisant pour ce qui est des accidents cholériformes. (Crème de riz; potion de quinquina éthérée et opiacée; infusion de tilleul et limonade tartrique.)
4(;2 MALADIES CLIMATÉRIQUES
50 jour. — Le hoquet se calme. (Demi-quart ou soupe de pain (ti; potage au riz et poisson; limonade tartrique; potion de quinquina éthérée et opiacée; vin sucré.)
(V’ jour. — Quart avec bouillon, œuf et poisson ; quart de vin; eau gommée vineuse; potion avec extrait de quinquina, 4 grammes.)
7e jour. — Demie; viande et légumes; café le matin; demie de vin; limonade gommée vineuse ; vin de quinquina.
8” jour. — Même prescription, avec trois quarts de pain.
Sorti guéri le 9 mars.
Obs. ii, — . Choléra ( moyenne intensité). — 7 jours de traitement. Guérison. — Baudin, atteint de diarrhée prodromique depuis trois jours, est pris des symptômes caractéristiques du choléra, le 48 lévrier; apporté à l’hôpital le môme jour. (Infusion de tilleul alcoolisée; potion a\ec sulfate de quinine, 4*2 décigrammes, éthérée et opiacée; limonade tartrique gommée et bouillon le soir.)
jour. — État satisfaisant, réaction modérée; la diarrhée riziforme persiste. (Potion de quinquina éthérée et opiacée.)
3e jour. Soupe, panade, œuf à la coque; thé édulcoré; potion de
quinquina éthérée et opiacée.
4e jour. — Quart, panade, œuf et poisson ; un quart de vin; thé édulcoré; vin de quinquina.
Yf jour. — Même prescription.
0e j0llr. — Demie, viande et poisson; demie de vin; tisane d’orge; vin de quinquina.
7e jour. — Trois quarts, viande et légumes ; demie devin ; tisane d’orge; vin de quinquina.
Obs. III — Gerdeau,rcholéra de moyenne intensité; G jours de traitement, comme dans le cas précédent. Guérison. — In accès fébrile inlei* current avait été coupé, le cinquième jour, par une nouvelle potion de sulfate de quinine à 4 gramme.
qbs. iv. — Choléra ( cas grave). — 44 jours de traitement. — Guérison.
Cazé, diarrhée et accès fébriles depuis quatre jours, choléra confirmé, le
9 mars, apporté dans la nuit. (Thé alcoolisé; emmaillottement; potion antispasmodique.)
Le matin du 40, les symptômes graves et caractéristiques du choléra se continuent. (Potion avec sulfate de quinine, 4 gramme, éthérée et opiacée; thé alcoolisé édulcoré ; bouillon.)
5e jour. — Amélioration générale, réaction modérée. (Nom elle potion avec sulfate de quinine, 4 gramme, éthérée et opiacée; tilleul édulcore;
panade.)
il) Les subdivisions de la portion de pain sont : les trois quarts, la demie, le quait. la soupe ou demi-quart, soit un huitième de portion.
41' jour. Le mieux se continue. (Potion de quinquina étliérée et opiacée; tilleul; panade et œuf.)
3e jour. — Même prescription. Huitième de portion de pain.
(>' et 7' jours. Quart, panade, œuf et poisson; limonade; potion de quinquina.
8% 9 et 10 jours. La convalescence se dessine, le régime étant: demie, viande et légumes; quart de vin; tisane d’orge; vin de quinquina.
1 1 jour. Le malade prend une potion de sulfate de quinine à 1 gramme pour couper un accès fébrile intercurrent.
12e jour. État satisfaisant. (Quart, vermicelle et œuf; tilleul et vin de quinquina.
13e jour. — Même prescription, avec quart de vin,
ir jour. — Demie, viande et légumes; demie de vin; café et vin de quinquina.
Sorti guéri le 23 mars.
Obs. V. — Dubois, choléra de moyenne intensité; 9 jours de traitement, comme dans les cas précédents. Guérison.
Obs. VI.— Montauriol, choléra, cas grave; 15 jours de traitement. Guérison.
Obs. \ II . — Troin, choléra, cas grave; 13 jours de traitement. Guérison.
Obs. \III. — Courbon, choléra de moyenne intensité; 9 jours de traitement. Guérison.
Obs. IX. — Avice, choléra, cas grave; 15 jours de traitement. Guérison.
Obs. X. — Choléra foudroyant. — Mort au cinquième jour dans la période de réaction. — Biaise, d’une forte constitution sanguine, étant de service de cuisine, fut pris d’un refroidissement, le corps étant en sueur, suivi de prostration, avec céphalalgie, nausées, crampes, selles fréquentes, cyanose, yeux caves, voix éteinte, pouls petit, imperceptible, algidité complète : tel est l’état dans lequel il fut apporté à l’hôpital, le 20 mars. (Frictions; emmaillottement; thé alcoolisé; potion antispasmodique; potion avec 12 décigrammes de sulfate de quinine.)
2" jour. — Peu de changement. (Même prescription.)
3° jour. — La réaction s’établit. (Potion antispasmodique; potion de quinquina; eau gommeuse et bouillon.
4" jour. — Forte réaction à la peau, qui est d’un rouge cuivré et couverte d’une sueur visqueuse; cependant le pouls est dépressible, et le malade est plongé dans une torpeur générale. (Diète; limonade tartrique; potion antispasmodique; oxycrat sur le front.)
Le coma se dessine davantage, avec symptômes asphyxiques. La mort survient le cinquième jour.
G’est le seul décès que nous ayons eu dans la période de réaction, qui d’ordinaire était favorable.
4(54 maladies climatériques.
q1)S> xi. — Siou, choléra de moyenne intensité, apporté le 20 mars. — An troisième jour du traitement quinique, amélioration, réaction modérée et franche. Marche progressive vers la convalescence. Guérison au dou-
zième jour.
Obs.XII. — Besset, choléra de moyenne intensité; 10 jours de traitement. Guérison.
O bs. Mil. — Bramblut, choléra de moyenne intensité. Guérison. Pris consécutivement (au onzième jour) d’accès fébriles et de diarrhée. Guérison définitive au vingt-quatrième jour de traitement.
Obs. XIV. — Christ, choléra de moyenne intensité; fièvre intermittente et diarrhée intercurrentes, pendant la période de la convalescence. En tout, 52 jours de traitement. Guérison confirmée.
Obs. XV. — Carreau, choléra de moyenne intensité; 7 jours de traite-
ment. Guérison.
Nous arrivons au mois d’avril 1861 , c’est notre mois le plus chargé, où les cas de choléra ont été les plus graves, où l’endémo-épidémie a été à sa principale période d’augment.
Obs. XVI. — Choléra ( cas grave). — 7 jour s de traitement. — Guérison .— Chotard, malade depuis deux jours ; prostration et diarrhée prémonitoire; choléra confirmé le 2 avril; apporté à l’hôpital ce jour-là, dans la période algide la plus complète. (Tilleul édulcoré alcoolisé; potion avec sulfate de quinine, 12 décigrammes, éthérée et opiacée; bouillon par cuillerées.)
2 jour. — Faible amélioration. (Tilleul; potion avec sulfate de quinine, 12 décigrammes, éthérée el opiacée; bouillon.)
5e jour.— La réaction s’établit. (Tilleuil; potion de quinquina éthérée et
opiacée; panade.) #
4c jour> — Amélioration générale. (Tilleul; potion de quinquina éthe-
rée et opiacée; huitième de pain, panade, vermicelle et poisson.)
5^ jour La convalescence se dessine. (Tilleul ; vin de quinquina; quart,
vermicelle et poisson.)
jour- „ Demie, viande et légumes; quart de vin ; tisane d’orge; vin de quinquina.
7ejour. — Trois quarts, viande et légumes; demie de vin; tisane d’orge; vin de quinquina.
Sorti guéri le 9.
Obs. XVII. — Citron, après trois jours de diarrhée prémonitoire, pn> de choiera, et apporté à l’hôpital le 5 avril ; 9 jours de traitement analogue
au cas précédent. Guérison.
Obs. XVIII. — Magnan, après deux jours de diarrhée, est pris d accès pernicieux algide cholériforme le 7 avril, et apporté a l’hôpital. Traitement ut supra. Guérison au septième jour.
Obs. XIX. — Choléra (cas grave). — 9 jours Terasse, pris de choléra foudroyant le 1 1
de traitement. — Guérison.
avril, est apporté incon-
tinent à l’hôpilal. (Thé alcoolisé; potion antispasmodique; frictions et et einmaillo terne nt d'usage; potion avec sulfate de quinine, 12 décigrammes.)
2e jour. — Faible amélioration. (Même prescription et bouillon.)
5° jour. — La réaction commence à s’établir. (Tilleul ; potion sulfate de de quinine à 1 gramme élliérée et opiacée; bouillon.)
4e jour. — Forte réaction. (Limonade tartrique, 4°; potion de sulfate de quinine à 1 gramme; bouillon.)
5e jour. — Amélioration générale. (Limonade tartrique; potion de quinquina; panade et poisson.)
6e jour. — État général très satisfaisant. (Potion de quinquina ; limonade; quart, panade et poisson.)
7e et 8e jours. — Demie, viande et légumes; quart de vin; eau gommée vineuse.
9’ jour. — Trois quarts, légumes ; trois quarts de vin ; café.
Sorti guéri le 19.
Ce cas est un de ceux où nous ayons été obligé d’insister davantage sur l’administration du sulfate de quinine, Le plus ordinairement nous ne l’avons pas donné plus de deux jours de suite, pour passer au quinquina. Le moment de cette transition, c’est lorsqu’on a obtenu une réaction franche et modérée.
Obs. XX. — Cruchard était atteint de diarrhée depuis quinze jours, quand il fut apporté à l’hôpital, avec des symptômes cholériformes caractérisés, le 14 avril au soir. Traitement ordinaire. Guérison au neuvième jour.
Obs. XXI. — Choléra ( cas grave). — 9 jours de traitement. — Guérison. — Mathieu, pris de choléra foudroyant le 16 avril, apporté à l’hôpital le même jour. (Thé alcoolisé; frictions et emmaillottement en couverture; potion avec sulfate de quinine, 12 décigrammes, élliérée et opiacée; quart de lavement avec 2 grammes de sulfate de quinine et 40 gouttes de laudanum.)
2e jour. — Légère amélioration. (Bouillon ; thé ; potion de sulfate de quinine à 1 gramme; potion antispasmodique.)
5*’ jour. — Amélioration générale. (Soupe, panade et œuf; quart de vin; tilleul; potion de quinquina éthérée et opiacée , vin de quinquina.)
4" jour. — Quart, panade, œuf et poisson; quart de vin; potion et vin de quinquina.
jour. — Idem; Uniment camphré et opiacé pour frictionner les jambes restées roides.
6e et 7° jours. — Idem.
8 jour. — Demie, viande et légumes; demie devin; vin de quinquina.
9° jour. — Trois quarts, viande et légumes; trois quarts devin; café le matin.
Sorti guéri.
MALADIES CLIMATÉRIQUES
Obs. XXII. — Choléra foudroyant. — Mort le sixième jour dans le ci, ma.
Labbé, saisi brusquement d’une violente atteinte de choléra le 12 avril,
est apporté le jour même dans un état d’algidité et de cyanose extrêmes, avec vomissements, crampes, selles fréquentes de matières riziformes, en un mot de tous les symptômes caractéristique du choléra-morbus asiatique grave. (Frictions; emmaillottement ; tilleul dulcoré alcoolisé; potion avec sulfate de quinine à 12 décigrammes ; potion antispasmodique.)
2“ jour. — Très-faible réaction. (Tilleul ; potion de quinquina; potion . opiacée.)
5- jour> État calme, mais prostration générale; adynamie. (Bouillon ; tilleul ; potion de quinquina; potion antispasmodique.)
40 jour. Les forces se relèvent un peu, la réaction est assez marquée ; ia voix est moins faible, le malade manifeste un peu d’appétence, et nous prescrivons : Soupe, panade, œuf et poisson ; eau gommée vineuse; potion
de quinquina éthérée et opiacée.
Le malade nous paraissait arrivé à la période du passage à la convalescence quand, à notre grande surprise, il tombe le 4 G au matin dans un état comateux. A peine si l’on peut lui faire prendre quelques cuillerées de tilleul. Nous prescrivîmes un lavement avec 45 décigrammes de sulfate de
quinine ; sinapismes aux jambes.
La mort survint le 47 au matin.
Nous avons eu lieu, dans ce cas encore, de regretter de n’avoir pas insisté davantage, au début, sur l’emploi du sulfate de quinine. Le calme avec un peu d’hebetude du lo au 14 était un calme trompeui, et précurseur d’un accès pernicieux comateux, se préparant insidieusement.
Obs. XXIII. — Dintrand, diarrhée et accès fébriles depuis trois jours;
accidents cholériformes et transport à l’hôpital le 47 avril. Traitement
habituel. Guérison au septième jour.
Obs. XXIV. — Cadoret, pris de diarrhée la veille, et apporté le 49 avril
atteint de choléra, 5 jours de traitement habituel. Guérison.
Obs. XXV. Fièvre intermittente et diarrhée. — Accès pernicieux cholé-
riforme intermittent. — Mort. — Euriot, atteint de fièvre intermittente et de diarrhée depuis trois jours, entre à l’hôpital le 49 avril. La fièvre fut coupée, mais la diarrhée persista. Au 4- mai, la prescription était : Panade; riz gommé édulcoré; potion opiacée bis; potion avec extrait de ratanhia, 4 grammes.
Le 2 : Soupe, panade et œuf; riz gommé ; potion avec extrait de quinquina, 4 grammes; potion opiacée.
Le 5 : Idem.
Le 4 : Soupe, potage au riz, poisson; eau albumineuse; eau gommée, potion opiacée.
Le 5 : Idem pour le matin, car le soir, vers quatre heures, le malade tut pris inopinément d’un accès pernicieux algide cholériforme, avec crampes,
cyanose, voix éteinte, etc. (Tilleul; potion avec sulfate de quinine, 16 décigrammes, éthérée et opiacée, qui fut vomie.)
Le 6, pas de réaction ; vomissements et selles. (Riz gommé; potion avec extrait de quinquina, 2 grammes; potion opiacée; un quart de lavement avec sulfate de quinine, 16 décigrammes.)
La mort survient à dix heures du soir.
Obs. XXVI. — Isard, accès cholériforme le 21 avril. Apporté à l’hôpital le mèrnp jour. Traitement ordinaire. Le malade étant en bonne voie, il survient au huitième jour un accès de fièvre intermittente simple enrayé par un nouvel emploi du sulfate de quinine. Guérison au treizième jour.
Obs. XXVII. — Glou, malade de la veille, pris de choléra, apporté à rtiôpitalle 22 avril. 10 jours de traitement. Guérison.
Obs. XXVIII. — Choléra grave. — 18 jours de traitement . — Guérison. — Favart, ayant la diarrhée depuis trois jours, est pris d’une violente atteinte de choléra, et apporté à l’hôpital le 12 avril. (Tilleul ; potion avec sulfate de quinine, 12 décigrammes, éthérée et opiacée; bouillon.)
2e jour. — Réaction modérée. (Bouillon; tilleul; potion de quinquina éthérée et opiacée; vin de quinquina.)
5e jour. — Idem.
4° jour. — Amélioration générale. (Tilleul; potion et vin de quinquina ; soupe, vermicelle et œuf.)
6e jour. — Un peu de diarrhée. (Panade; riz gommé; potion et vin de quinquina.)
6e jour. — Soupe, panade et œuf; eau gommée vineuse; vin de quinquina.)
7e et 8e jours. — Soupe, panade, œuf et poisson ; eau gommée; vin de quinquina.
9e jour. — Un peu d’entéralgie et de dysurie. (Eau gommée; potion antispasmodique; Uniment opiacé ; cataplasme laudanisé; soupe, panade, œuf et poisson.)
10P jour, 1er mai. — Quart, panade, œuf et poisson ; limonade gommée; liniment opiacé.
11e jour. — Idem.
Dul2,: au 16e jour. — Demie, viande et légumes; thé; vin de quinquina.
10e jour. — Trois quarts, viande et légumes; trois quarts de vin; vin de quinquina.
17e jour. — Idem.